Eugenio ZANCHI – 1910-1978

Témoignages.
« En 1963, il sembla bon aux supérieurs de rapatrier le Frère Eugenio. Il
fut affecté à la maison de Cannero où il se mit au service de la communauté
pour les menus travaux de cuisine ainsi que le lavage et le repassage du
linge, travaux humbles mais tellement utiles!
Le Frère s’y adonna avec amour et avec cette précision qui lui était
naturelle. Il était content de travailler pour les jeunes alumnistes
italiens, encore que son infirmité croissante lui
rendit pénibles la station debout et la marche. A le voir avancer avec
grande difficulté, s’appuyant presque exclusivement sur un seul pied, il
faisait peine à voir! Pourtant à chaque service qu’on lui demandait,
simplement il répondait: « Oui Père!’ et jusqu’au bout il se sacrifia.
P. G. R. « Le Frère Eugenio connut l’ancien et le nouveau Valpré. Dans
l’ancien, son royaume était la lingerie. Ne pouvant travailler au jardin en
raison de son handicap physique, le Frère s’occupait à plein temps de
lessive, de repassage, de raccommodage, faisant de son mieux avec le
courage et la force qui l’animaient. La tâche ne lui paraissait pas
toujours facile. Dans le nouveau Valpré, il s’occupa de l’entretien du parc
» P. J.M.

Religieux italien, de la Province de France (ex- Province de Lyon). L’humilité et le service des petits. Né à Milan le 16 décembre 1910, Eugenio Zanchi fait ses études de grammaire dans un collège de Pères jésuites. Il ne les poursuit pas, probablement en raison de son caractère qui n’a rien d’agressif mais du complexe d’infériorité que lui cause une grave infirmité au pied droit. Nous ne savons rien de plus sur son adolescence, sa jeunesse ou l’éveil de sa vocation. Les Petites Sœurs de l’Assomption de Milan lui font connaître l’Assomption. Eugenio sollicite son admission au noviciat à 28 ans, comme religieux coadjuteur. Ne pouvant joindre d’emblée le noviciat en France, Eugenio commence son postulat dans la maison de Florence qui comporte alors une école apostolique. Il y donne aux petits quelques leçons et accomplit des heures de surveillance, de septembre 1938 à mai 1939. Lorsque enfin il peut obtenir son passeport, chose difficile en ce temps de tension internationale, il se rend au noviciat de Nozeroy (Jura) où il reçoit l’habit le ler octobre 1939 et prononce ses premiers vœux le 2 octobre 1940. Le 22 mars 1941, en pleine guerre, le Frère Eugenio revient à Florence et y trouve une petite communauté internationale, composée des PP. Ferréol Poux-Berthe, Toussaint Chazalon et du Frère Gabriel Guisl. Ce dernier est bientôt mobilisé dans l’armée allemande, le Frère Eugenio le remplace à la cuisine. Avec un retard de deux mois, dû aux difficultés d’acheminement du courrier, il peut prononcer ses vœux perpétuels en la fête de l’Immaculée Conception, le 8 décembre 1943. En 1945, il faut remplacer le vieux sacristain de l’église que desservent les Assomptionnistes. Ce serviteur de la maison se retire après une quarantaine d’années de dévouement. On fait appel au Frère Eugenio qui remplit cette charge avec cœur et ponctualité. Page :405/405 Outre l’entretien d’un grand espace, s’impose la surveillance des troncs guettés par les voleurs, des ex-votos et même des ampoules électriques, très convoitées en ces temps de pénurie! Le Frère souffre toujours de son pied bot, ce qui lui rend la tâche particulièrement pénible. Il est nécessaire de lui trouver un emploi sédentaire. C’est donc à Valpré, aux portes de Lyon (Rhône), qu’il est affecté en octobre 1947. Il lui en coûte de quitter une nouvelle fois l’Italie, mais le Frère accepte la décision dans un esprit d’obéissance. Il va demeurer 16 ans dans sa nouvelle résidence, passant dans les années soixante de l’ancien Valpré-château qui n’en avait que l’apparence au bâtiment flambant neuf dont la première pierre est datée de 1959. Lessive, repassage, raccommodage sont alors acquittés par lui. Il nettoie dorénavant les allées du parc, donnant aussi un coup de main par-ci par-là au ménage et au soin de la cuisine. De grande taille, un peu timide, peu communicatif, lent, mais foncièrement bon, le Frère Eugenio laisse le souvenir d’un religieux modeste, doux, effacé, ayant bon caractère, dévoué à la mesure de ses forces qui sont limitées. En 1963, il passe au service de la maison de Cannero, sur les bords du lac Majeur. En juillet 1974, il doit être transporté dans la maison de repos de Lorgues (Var). Il s’intègre rapidement à la vie de la communauté qui l’accueille fraternellement. A part quelques périodes courtes où il doit garder la chambre, il circule à travers la vaste maison, rarement au dehors. Equipé de deux cannes, l’une simple et l’autre tripode, lentement, prudemment, il se rend de sa chambre à la chapelle, à la salle à manger et aussi à la salle de télévision dont il suit avec intérêt les émissions, les premières années du moins. Entre temps, il se plonge dans la lecture de revues italiennes et françaises. A plusieurs reprises, il reçoit des visites de la part de sa famille, dont une sœur religieuse au Kenya. Leur affection à son égard est grande, elle se double de reconnaissance vis-à-vis de la Congrégation qui l’a accueilli avec le handicap qui l’affecte. Le 3 février 1978, le Frère Eugenio subit une crise cardiaque qui nécessite son hospitalisation cinq semaines durant dans une clinique de Draguignan. Il en revient atteint d’une hémiplégie, ne pouvant plus que passer du lit au fauteuil et réciproquement. Il meurt le 28 octobre 1978. Les obsèques sont célébrées le lundi 30. Le P. Albert Heckel qui préside la cérémonie, retrace le curriculum du Frère Eugenio. Page :406/406

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (I) 1975-1980, P. 70. Lyon-Assomption, février 1979, p. 21-22 (témoignages du P. Gioacchino Romano et du P. Justin Munsch).