Eusèbe (Ernest-Léon) LAVIGNE – 1881-1949

Fondation à Tunis, 1934.

« Le P. Eusèbe Lavigne et le P. Tite Giraudo sont partis, samedi dernier, à
10h. du matin sur le Duc d’Aumale de la Transatlantique. Ils étaient le
lendemain, dimanche, à Bizerte, à 1h. de l’après-midi.
Ils ont gagné Tunis en autocar, soit une heure. Par un télégramme reçu à
l’instant, je sais que les deux Pères ont eu une entrevue très cordiale
avec l’archevêque [Mgr Alexis Lemaître]. Encore quelques visites et ils
vont se mettre au travail. Le travail ne 1eur manquera pas, car la paroisse
qu’ils vont administrer [Tunis- BellevueDubosville] est populeuse et fort
étendue. Le P. Tite a emporté sa motocyclette. Quand on le pourra, à la
paroisse on ajoutera d’autres oeuvres. J’ai bon espoir que saint Augustin
nous protégera et nous aidera
à nous développer. Je pense souvent au P. Ambroise
[Jacquot] et je m’attriste à la pensée qu’à mon prochain voyage à Paris je
ne le verrai plus ».

P. Zéphyrin Sollier Lettre à la
Dispersion, 1934, n° 554, P.
386-387, d’après lettre du 26
novembre 1934.

Religieux de la Province de Lyon.

Parcours sur trois continents.

Léon-Ernest Lavigne est né le 22 octobre 1881 à Villers-le-Sec, localité de la Marne, dans le canton de Heilz-le-Maurupt. Après l’école communale au village, il entre comme alumniste à Villecomtesse (Yonne), de 1893 à 1894. Il accomplit ses humanités à Miribel-les-Echelles (Isère), de 1894 à 1896 et les termine à Brian (Drôme), de 1896 à 1898. Sous le nom de Frère Eusèbe, il prend l’habit au noviciat de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), le 8 septembre 1898 et y prononce ses premiers v?ux le 8 septembre 1899. Sa deuxième année de noviciat se déroule au Breuil (Deux-Sèvres). Selon la coutume, il est envoyé dans une maison d’?uvres, au collège Saint-Augustin à Philippopoli (Bulgarie), de 1900 à 1903. Il y prononce ses v?ux perpétuels, le 6 janvier 1901: « Le Frère Eusèbe a un bon fond qui est gâché par quelques défauts extérieurs. Il est très maladroit, manque de savoir-faire, ce qui lui attire souvent des humiliations auxquelles il n’est pas insensible. Il a un défaut de prononciation, ce qui entraîne quelques plaisanteries de la part de ses confrères. Souvent entêté, il n’est pas assez pliable. Il se montre très attaché à sa famille religieuse ». C’est à Phanaraki (Turquie) que le Frère Eusèbe étudie la philosophie (1903-1905) et à Notre-Dame de France à Jérusalem la théologie (1903-1906). Ordonné prêtre à Jérusalem le 28 mai 1908, il est affecté sur place à l’enseignement, comme professeur d’histoire et de patrologie (1908-1914). La mobilisation le ramène en France, à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), de 1914 à 1917. Libéré de ses obligations, il est envoyé à l’institution Saint- Thomas à Bourville (Seine-Maritime), de 1917 à 1919) comme supérieur et professeur d’écriture sainte pour les jeunes religieux que les conditions empêchent d’aller étudier à Louvain.

Le rétablissement de la paix permet le regroupement des jeunes assomptionnistes en Belgique, entre les maisons de Saint-Gérard, Louvain et Taintegnies, avant le découpage de la Congrégation en provinces (1923). En 1919, le P. Eusèbe est envoyé aux oeuvres de la presse, à Paris, jusqu’en 1931 où nous le retrouvons, dans les parages de l’alumnat de Scy-Chazelles (Moselle), curé du petit village de Rozérieulles où sont célébrées ses noces d’argent sacerdotales, le 28 mai 1933.

En Tunisie.

En novembre 1934, il est désigné avec le P. Tite Giraudo auquel est joint peu après le P. Colomban Viala, pour la fondation de l’Assomption en Tunisie. Cette implantation missionnaire, désirée par l’archevêque de Carthage, Mgr Lemaître (1), répond aussi au souhait de la Congrégation de redéployer en Afrique du Nord une présence rendue difficile en Turquie, après les effets destructeurs de la première guerre mondiale et de l’exode massif des populations chrétiennes d’Asie Mineure. il s’agit au départ de fournir des agents pastoraux aux communautés chrétiennes dispersées et bariolées, d’origine européenne: Djebel Djelloud, Siti Fatallaz, Birkasa, La Cagna… Les débuts sont difficiles: les lieux de culte manquent, les distances trop étendues et la collaboration réelle des autorités religieuses en dessous des promesses. Avec les années, le nombre des missionnaires s’étoffe, celui des dessertes aussi: Ben-Arous, Focheville, La Batie, Mégrine-Coteau, Mégrine-Lescure. Les religieux se font constructeurs d’églises, d’?uvres scolaires, de patronages. En 1946, pour raison de santé, le P. Eusèbe quitte la Tunisie et rejoint la maison de Lorgues (Var) où il meurt le 12 mars 1949, à 68 ans. Il est inhumé, le 3ème, dans le caveau de la propriété, après le Frère Eugène Berge et le P. Raoul Vasserot. (1) Les intentions de départ proposaient en Tunisie la fondation d’une Croix du dimanche, la direction des oeuvres et l’administration de paroisses, autour de Notre-Dame de Bellevue à Tunis. Leur est également confiée la construction d’une paroisse à Sainte-Bernadette.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Famille, 1949, n° 71, p. 30-31. L’étendard de Ste-Jeanne-d’Arc, 1933, n° 59, p. 168-171. Dans les ACR, du P. Eusèbe Lavigne, correspondances (1908-1940), rapports sur Tunis- Bellevue (1935-1944).