Ewald (Henk) BERG – 1906-1999

Jalès, 1959.

« J’apprends aujourd’hui que vous fêterez vos 25 ans de sacerdoce d’ici
quelques jours. Je m’empresse de vous envoyer les souhaits de la communauté
de Jalès. Je profite de cet envoi pour vous donner quelques nouvelles. Dom
Lafaiette est venu régler la question du patrimoine du futur diocèse de
Jalès. Il est certain maintenant que le siège de l’évêché sera à Jalès.
Fernandopolis a fait son possible pour avoir ce privilège. Une députation
de
25 personnes était allée à Rio de Janeiro pour convaincre le Nonce que le
meilleur centre et tous les avantages se trouvaient à Fernandopolis. Ils
n’ont rien pu faire contre l’opinion de Dom Lafaiette et le sort s’est
décidé en faveur
de Jalès. Le Nonce avait exigé
2 millions de cruzeiros comme patrimoine en argent ou en biens mobiles.
Beaucoup de gens ont promis et les promesses se sont élevées à 2 millions
800.000, mais personne n’a rien versé avant qu’il y ait certitude. Une fois
la décision prise, le Nonce a autorisé l’évêque de Rio Preto à recevoir le
patrimoine. Pour ma part, j’ai été nommé procureur. Le diocèse sera confié
à une Congrégation religieuse, mais sans spécifier laquelle. La patronne de
la cathédrale est N.D. de l’Assomption ».

Religieux de la Province des Pays-Bas.

Jeunesse à l’Assomption.

Henk Berg naît à Rotterdam (Pays-Bas), le 9 décembre 1906. Il est le neuvième de 10 enfants. L’éducation d’une famille nombreuse fait problème à l’époque de la première guerre mondiale. Tous les enfants de la famille Berg sont orientés vers la vie religieuse! Trois après la naissance de Henk, meurt la maman; trois garçons vont mourir jeunes. Henk a treize ans lorsqu’il se rend à Tilbourg au séminaire de la société de Mill-Hill. On lui conseille une forme de vie religieuse plus contemplative. Par l’intermédiaire de son curé, Henk ouvre la porte de l’Assomption à Stapelen (Boxtel). Il entre au noviciat sous le nom de Frère Ewald, fait ses premiers vœux le 6 novembre 1927. Puis il accomplit son parcours d’études ecclésiastiques, la philosophie à Saint-Gérard en belgique. En 1929, il devient professeur à Boxrel pour une année scolaire. Il poursuit la théologie à Leuven où il est ordonné prêtre le 16 avril 1934. Il est aussitôt nommé professeur à Kapelle-op- denBos. Le 25 novembre 1939, son désir d’être missionnaire est exaucé et il peut partir avec le bateau Copa Cabana pour le Brésil.

Au Brésil.

Le P. Ewald arrive à Rio de Janeiro le 17 décembre 1939 et le 6 janvier 1940, il devient directeur d’un collège de 200 garçons, internes et externes. Il parle avec peine le portugais, mais il se met hardiment à l’étude de la langue. Il possède des capacités linguistiques et aime les études. Un an et denù plus tard, il publie des articles en portugais. C’est un bon professeur mais qui doute de ses capacités de leadership. Il devient néanmoins le directeur du collège, exigeant le maximum de ses élèves en mettant en œuvre le principe.- ‘Tu est capable de plus ‘.

Notices Biographiques A.A Page : 239/239 Une autre de ses convictions ou de ses aphorismes porte la même ardeur. ‘ C’est le professeur qui rend ses élèves zélés ou paresseux’. Le P. Ewald aime les études, enseigne la poésie, la rhétorique et la mythologie. La guerre en Europe ne lui rend pas la tâche aisée, car il doit prendre toutes les décisions seul, ne pouvant entrer en contact avec son Provincial. Le P. Ewald a exercé des fonctions de direction presque toute sa vie. il est recteur du grand séminaire de Rio Preto, Suliérieur Régional de la Région du brésil confiée à la Province de Hollande, vicaire général apprécié au diocèse de Jalès, chanoine d’honneur du diocèse. Il écrit aussi l’histoire des débuts de l’Assomption néerlandaise au Brésil. Comme chroniqueur du journal local, il publie une série d’articles appréciés, nommés ‘Rêveries à propos de l’Evangile’.

Personnalité du P. Ewald.

Le P. Ewald est un homme délicat, taciturne et parcimonieux en paroles. Il a le sens de la responsabilité et témoigne de son sacerdoce dans ses cours bibliques, par des articles et des conférences. Il travaille dur, toujours en secret et sans se faire remarquer. Il se montre avare de son temps et il est toujours très occupé. Il lit et voyage beaucoup. On peut se fier à lui. Grâce à ses connaissances pratiques, il réalise beaucoup de choses. Il sait maîtriser ses émotions, même durant les dernières années de sa vie, alors qu’il est pratiquement condamné à ne rien faire. Sa mémoire fait défaut, il perd l’usage de la lecture, de l’écriture et de la marche, mais il ne perd pas sa patience, bien que, d’après ses propres dires, cet affaiblissement lui ait beaucoup coûté. Bien que souffrant, il continue d’être un confrère aimable, affable, reconnaissant et garde un grand intérêt pour la Congrégation et ses œuvres. Le religieux devenu âgé se confie en silence à Dieu. Après 40 ans de vie active au brésil, le P. Ewald revient aux Pays-Bas, à l’âge de 79 ans. Pendant 5 ans, il réside dans la communauté de ‘Parkweg’ à Boxtel. En mars 1990, le P. Ewald doit gagner la maison de repos de Molenweide où il va passer des moments très difficiles, se rendant compte de sa démence sénile. Je vis, mais je n’ai plus conscience de vivre , reconnaît-il lui-même. Il ne se souvient de rien et ne peut plus prévoir quoi que ce soit. Il ne cesse de répéter. C’est dur de vieillir. Qu’est-ce qui m’attend encore? Quel sera mon avenir?, Je n’arrive plus à me rappeler, tout me surprend. Les journées sont longues. Je n’ai plus d’objectif. Ma vie n’a plus de sens. Mes yeux ne fonctionnent plus et tout devient trouble. J’essaie de penser mais tout s’embrouille. C’est ainsi qu’il finit sa longue vie, à 92 ans, au terme d’une existence à la fois active et passive. Soigné avec beaucoup de cœur par le personnel de la maison de repos, le P. Ewald s’éteint tranquillement, le 23 septembre 1999. Ses funérailles ont lieu dans la chapelle de Molenweide le 28 et il est enterré auprès de ses confrères au cimetière religieux du château de Stapelen (Boxtel). Qu’il y repose en paix !.

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Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (VIII) 1998-1999. De Schakel (à paraître en un fascicule de natices biographiques à part). Lettre du P. Ewald Berg au P. Wilfrid Dufault, Jalès, 20 février 1959. Du P. Ewald Berg, dans les ACR, rapport sur le brésil (1958), sur Rio Preto (1950-1953), sur Jalès (1958-1961), notes sur la révision des Constitutions (1960-1961), Histoire des débuts de l’Assomption néerlandaise au Brésil: 1935- 1965 (dans De Schakel), correspondances (1940-1959).