Fabien (Pierre-Antoine) PETIT – 1883-1954

Paris, 1943.
« Il y a de diocèses qui n’envoient plus rien sinon contre remboursement,
plus de service gratuit dans ces temps de misère et de restriction! Je
crois qu’une collection complète de Prêtre et Apôtre serait très utile, si
vous pouviez en céder une. Pastor avait bien commencé, mais il est arrêté.
Je suis en train de m’occuper du ‘Lourdes portugais’ pour essayer d’en
faire quelque chose. il me manque le travail du chanoine Barthas, de La
Croix du Midi, publié sous le titre ‘Il était trois enfants’. Si vous me
trouviez par vos relations ce livre, je vous bénirais encore plus. Je
rêverais aussi de la préparation d’un volume qui grouperait les discours
pontificaux de ces trois dernières années, sur la famille, le mariage. Mais
comment avoir le texte italien de ces discours qui ont paru dans des
collections publiées à Rome et à Modène? Comment trouver un intermédiaire?
Dans les parages, nos collègues prêchent en donnant telle ou telle station
de Carême ou des sermons de mission à droite ou à gauche. Cayré est
toujours infatigable et il est encore allé donner une conférence sur saint
Augustin
au Saulchoir. C’est un événement que le Docteur d’Hippone ait été admis
dans le temple du Docteur Angélique ».

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de Lyon. De Savoie en Orient. Pierre-Antoine Petit est né à le 16 août 1883, à. La Compôte en Savoie, dans une famille de trois garçons dont l’un est tué à la guerre de 1914-1918. Il entre à l’alumnat des Châteaux (Savoie) en 1896 et passe à celui de Brian dans la Drôme (1898-1900). Le 18 septembre 1900, il prend l’habit sous le nom de Frère Fabien à Gemert aux Pays-Bas et vient à Louvain (Belgique) continuer son temps de noviciat pour l’achever à Phanaraki (Turquie). Profès annuel le 18 septembre 1901, il prononce ses vœux perpétuels le 19 octobre 1902. Ses études de philosophie se déroulent à Phanaraki (1902-1904). On l’envoie comme professeur à Koum-Kapou (1904-1906), puis à Konia (1906-1907), enfin à Philippopoli en Bulgarie (1907-1908). Il suit les cours de théologie à l’Angélique et à la Grégorienne, couronnées par la licence en théologie (1908-1912). Il est ordonné prêtre à Rome le 10 juin 1911. Professeur à Louvain. Le P. Fabien est envoyé comme professeur de droit canonique et de théologie morale à. la maison d’études de Louvain pendant 16 ans (1913-1929). Travailleur, il reprend et réécrit chaque année tous ses cours. Il est le bibliothécaire jaloux des livres soigneusement répertoriés et loge tout en haut de l’entrée de la maison, ce qui le fait surnommer nycticorax in domicilié ou passer sois in tecto, allusion à ce goût prononcé pour une vie solitaire. En 1929, il est nommé à l’alumnat de Miribel-les- Echelles (Isère) où il ne reste qu’un an, sans pouvoir s’habituer aux lieux. Il passe quelque temps à Chaville (Hauts-de-Seine), à la résidence d’été de la Curie généralice. De 1930 à 1935, il est aumônier chez les Oblates à Froyennes (Belgique). A.A Bibliothécaire à la Bonne Presse. En septembre 1935, le P. Fabien est nommé à Paris pour le service de la bibliothèque à la Bonne Presse où il accomplit la dernière longue étape de sa vie (1935-1954). Un moment rédacteur en chef de la Documentation catholique (1939-1946), il travaille dans les dures conditions imposées par la guerre. Il publie les Actes des papes Pie XI et Pie XII, de petits ouvrages sur Notre-Dame de Fatima, sur les Instituts séculiers. Il a collaboré déjà avant la guerre de 1914-1918 aux revues: Vies des Saints, Jérusalem, Les Croisés du Purgatoire. Frileux, toujours emmitouflé, le crâne dégarni, les yeux baissés mais voyant tout, il porte de petites lunettes rondes de monture métallique. Maladif, timide, ennemi des courants d’air, il rougit facilement quand il doit prendre la parole. Prudent, il garde sans cesse une serviette éponge sous ses vêtements. Sévère comme professeur, mais aussi dans la discussion sur les cas de conscience, il s’entoure volontiers de mystère, tient sous clefs ses livres les plus précieux, les prête avec parcimonie et comme à regret. Pendant l’occupation allemande, il est le gardien des lieux et se désole de voir les policiers embarquer des caisses de livres. Avec une jumelle, de l’autre côté de la maison, il surveille l’opération, essayant de connaître la liste entière des titres disparus. Exact, minutieux, il tient impeccablement les archives de la maison, notant tout, jour après jour sur son carnet et recopiant au propre sur le registre. Plutôt silencieux en groupe, il s’anime en tête à tête et ne manque pas d’humour, de cet humour fin et presque imperceptible qu’un mot ou un geste dénote sans éclat. Il meurt le mardi 28 septembre 1954, à la clinique de la rue Bizet à Paris où il a sombré dans le coma depuis une semaine. Les obsèques sont célébrées dans la crypte de l’église Saint-Pierre de Chaillot, le ler octobre. Il est inhumé au cimetière Montparnasse, dans le caveau de l’Assomption, où dorment déjà du sommeil de l’éternité plus de trente religieux. On trouve quelques notes de sa main dans un carnet.« N’être pas maussade, ni morose, ni soupçonneux, ne pas mépriser le présent, ses manières de son genre d’esprit, ses hommes; ne pas rabâcher sans cesse les mêmes histoires aux mêmes gens, ne pas négliger la propreté de peur d’être rebutant, ne pas être cupide, ne pas être prodigue d’avis et n’en donner qu’à ceux qui en demandent, ne pas parler de moi, surtout du passé ou de mes exploits… ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. juin 1955, p. 108. Lettre à la Famille, 1954, n° 174, p. 92-94. Lettre du P. Fabien Petit au P. Louis Le Bartz, Paris, 20 mars 1943. Du P. Fabien Petit, dans les ACR, correspondances (1911-1943) . Le P. Fabien a publié les Actes des papes Pie XI et Pie XI, des opuscules sur Notre-Dame de Fatima. La Documentation catholique, 1954, col. 1335; 1990, n° 2000, p. 195. Notices Biographiques