Faustin (André) GERBET – 1888-1946

Layrac, 1946.
« Accroché depuis vendredi matin par un syndrome entéro- rénal, ce n’est
que ce matin
que j’ai vu cesser mes souffrances de jour et de nuit. Je me suis aperçu
que c’était la fête de Saint Jude: souhaitons que les nouvelles équipes à
Rome et dans les Provinces fassent de l’excellent travail.
Le P. Régis [Escoubas] est venu nous rendre visite du samedi au jeudi
matin. Il a entendu les uns et les autres. Le mercredi soir, il nous a
convoqués tous en chapitre. Il nous a donné une leçon magistrale sur les
obligations de notre vie religieuse, avec
référence aux divers points des Constitutions, du Coutumier, du Directoire.
A 3 ou 4 reprises, après ce rappel très net de la Règle, il n’a pas
craint d’ajouter: ceux qui ne voudraient pas observer cet article sont
libres de se retirer. Mais cela été dit sur le ton d’une sérénité parfaite,
d’une douceur inaltérable, qui donnait plus de force aux
idées exprimées sans pour cela blesser les âmes. Il parait que depuis cette
visite certains
sont bien ‘refroidis’. Il y aura peut-être un ou deux départs. Vous ne les
regretterez certainement pas … ».
P. Faustin G. au P. Jude
Verstaen, Layrac, 28 octobre
1946.

Faustin (André) GERBET

1888-1946

Religieux de la Province de Bordeaux.

Les étapes de sa vie.

Né à Beaucens (Hautes-Pyrénées), le 18 août 1888, aîné de 7 enfants, André Gerbet fait ses études secondaires, pour le premier cycle, à l’alumnat de Sainghin, puis à celui de Courtrai (1900-1904). Le second cycle se déroule à Calahorra en Espagne (1904-1906). Ayant opté pour la vie à l’Assomption, il reçoit l’habit religieux à Louvain, le 23 octobre 1906, sous le nom de Frère Faustin. Deux ans après, le 23 octobre 1908> il prononce ses vœux perpétuels, changeant simplement de quartier dans le grand couvent. C’est dans la même maison qu’il fait sa philosophie, de 1908 à 1911. À peine a-t-il terminé l’étude de cette disciple qu’on lui en confie l’enseignement. Le Frère Faustin en effet se fait remarquer comme étudiant par cette réflexion profonde en quête d’idées claires et justes, par un jugement prudent et un bel équilibre des facultés de vie qui construisent une personnalité apte aux bons conseils. En 1913, le Frère Faustin part pour Jérusalem et y commence sa théologie, mais le 2 août 1914, c’est la déclaration de la guerre. Réformé une seconde fois à Jérusalem pour tuberculose pulmonaire, il a le privilège d’être amené par les Turcs dans un camp de concentration, près de Damas. Libéré le 25 décembre 1914, il a la faveur de pouvoir rejoindre Rome pour y achever ses études. Le 14 mai 1916, il est ordonné prêtre. En août 1916 s’ouvre à Notre-Dame de Lumières (Vaucluse) le noviciat provisoirement installé jusque-là à Vinovo (Italie). Le P. Faustin reçoit sa lettre d’obédience pour cette fondation et y exerce les fonctions de sous-maître des novices jusqu’au transfert du noviciat à Saint-Gérard en 1919. Les novices de cette époque se rappellent surtout cette discrétion toute de délicatesse que le Père apporte en toute chose, notamment dans la direction des âmes.

Jamais il ne se permet un geste ou une parole qui puisse trahir une préoccupation personnelle. De santé plutôt délicate, le P. Faustin est envoyé à Lyon comme aumônier des Religieuses de l’Assomption. Le climat ne lui étant pas favorable, en 1921, il descend à Montpellier (Hérault), puis à Marseille et, en 1923, il se rend à Miribel-les-Echelles (Isère), où tout en donnant quelques cours il s’occupe de la rédaction du bulletin Le Petit Alumniste. Le climat de la montagne aide à son rétablissement physique de sorte qu’en 1925 on peut lui confier la direction de l’œuvre de Notre-Dame de Salut à Marseille (1925-1931) et du bureau de presse catholique. Il fonde l’œuvre du Foyer du Marin, avec les encouragements du Mgr Dubourg. Fatigué, il doit rejoindre Lorgues (Var) pour se refaire une santé. Il y est nommé supérieur. En 1937, le P. Faustin passe à la Province de Bordeaux: on lui confie la direction de l’école Sainte- Barbe à Toulouse qui doit s’organiser dans de nouveaux locaux. Il sait faire face aux difficultés financières et aux incertitudes du lendemain. Avec autorité et prudence, il préside à la transformation de l’école en collège (1937-1946). On retrouve à Layrac (Lot-et-Garonne) un supérieur pour le scolasticat. L’âge, la culture l’expérience, l’esprit religieux, tout prédispose au choix du P. Faustin qui fait taire ses appréhensions ou ses préférences. Après un séjour aux Eaux-Bonnes le Père Faustin arrive à Layrac, le 20 septembre 1946. Mais, subitement, après l’ablation d’un rein, le Père Faustin meurt le 28 décembre 1946 au matin, sans que rien ne laisse prévoir une telle issue. Il avait pris quelques jours de convalescence à Cahuzac (Gers) et semblait en bonne voie. Esprit religieux profond, très docile entre les mains de ses supérieurs, très disponible aussi pour les différentes obédiences reçues, il laisse le souvenir d’un confrère discret et prudent. C’est en vain que dans ses affaires personnelles, à sa mort, on cherche quelques fantaisies innocentes. Ses carnets de notes intimes, soigneusement remplis depuis les années de noviciat, disent mieux que tout son parcours intérieur. Il s’est distingué de façon continue par une grande bonté, une bienveillance rayonnante et un enthousiasme parfois candide, mais oublieux de lui-même.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Famille, 1947, n° 26, p. 124. Voulez-vous (bulletin de Layrac), 1947, mars-avril, p. 2-3. Du P. Faustin Gerbet, dans les ACR, correspondance (1907-1936), rapports sur Largues (1934-1946), sur Toulouse (1947). Notices Biographiques