Félix (Félix-Thomas-Norbert MICHEL – 1905-1972

Changement.

« Depuis deux ans, je ne cesse de dire qu’il faut cette année
un supérieur italien à Borgo Pinti (Florence). Ma position délicate
d’étranger ne peut absolument pas se prolonger. J’ai tenu jusqu’ici tant
bien que mal, plutôt mal que bien, comme vous le savez. Mais je me trouve
extrêmement fatigué, me laissant peut-être
accaparer par les difficultés. Je suis incapable de faire le moindre sermon
et de tenir le moindre chapitre des coulpes. Le dernier échec de Ravenne
n’est pas fait pour me redonner vigueur et courage.

Je vous supplie de donner effet à ma démission du 8 juin dernier. Trois
mois de présence continue à Florence en cet été infernal sont peut- être
pour quelque chose dans ma fatigue mentale actuelle. Aussi je viens
solliciter la permission de me rendre dans ma famille, chez ma sœur,
pour un bon mois de repos, ce qui facilitera en même temps les changements
nécessaires à Borgo Pinto ».

P. Félix Michel, Florence, le
19 septembre 1950, au P. Gervais Quenard.

Religieux de la Province de Lyon.

Natif de Provence.

Félix-Thomas-Norbert Michel est né le 11 juillet 1905 à La Roque-sur-Pernes (Vaucluse). Il étudie au petit séminaire diocésain Saint-Michel d’Avignon (1919-1923). Il étudie la philosophie et la théologie, cette dernière pendant deux ans, au grand séminaire d’Avignon (1924-1928). Il se présente au noviciat de Scy-Chazelles (Moselle) en 1928 et il prend l’habit, le 15 juin, sous le nom de Frère Félix. Il y est admis à la première profession le 16 juin 1929, puis il est envoyé comme professeur à la maison de vocations tardives à Saint-Denis, près de Paris (1929) avant de rejoindre Louvain pour y terminer ses études de théologie (1930-1932). Profès perpétuel le 16 juin 1932, il est ordonné prêtre le 31 juillet de cette même année 1932.

Services et ministères.

Son premier ministère se déroule à Marseille (Bouches-du-Rhône), au Foyer du Marin (1932- 1935). Ce foyer a été ouvert en 1930, avec les encouragements de Mgr Dubourg, afin de remédier à l’abandon et à l’isolement des marins du commerce faisant escale à Marseille. Le foyer leur offre un abri et un accueil familial. Pendant le séjour du P. Félix, ce foyer est agrandi et s’installe au n° 25 de la rue du Forbin, près du port. Une trentaine de chambres et un dortoir permettent d’augmenter le nombre des pensionnaires. Le P. Félix sait réchauffer de son sourire et de ses prévenances ce milieu un peu dur de personnes isolées. Sachant l’italien, le P. Félix est désigné en 1935 pour Florence. Il y arrive le 25 septembre pour prendre la place du P. Jean-Bernard Arnold que la fièvre de Malte a obligé à un temps de repos. Il est chargé de nombreux cours pour le petit alumnat de Florence et assure également l’aumônerie des Filles de la Charité.

Après la déclaration de guerre en 1939, il doit rentrer en France où il est mobilisé dans un service administratif de l’armée, à cause de sa mauvaise vue. De 1941 à 1945, il est professeur à Miribel-les-Echelles (Isère). Il revient à Florence en 1946 et il est nommé supérieur de la communauté. Il donne des cours au petit séminaire de la ville, tout en assurant une aumônerie auprès des scouts dont l’association a un siège rue Borgo Pinti. Il entreprend aussi des recherches aux archives de Florence pour écrire un livre sur une filiale de La Trappe, Buonsollazzo. En 1950 la présence tumultueuse du P. Agostino Visetti lui fait préférer les lions d’Afrique de Bône au contact militaire de ce religieux décoré, mais à Bône il est la malheureuse victime d’un moustique qui le renvoie en France pour cause de paludisme (1954). Invité à se rendre à Cannero où un petit alumnat a été fondé en 1950, le P. Félix retrouve avec bonheur le ciel italien: il est professeur à Cannero de 1954 à 1958 et assure un travail d’aumônier dans une clinique de Locarno Suisse . Mais au paludisme jamais guéri s’ajoute le diabète. En 1958, le P. Félix gagne Marseille où il assure une aumônerie dans la Marine nationale, à défaut de pouvoir desservir deux petites paroisses de Provence selon son désir (1958-1962). Par la suite on lui connaît encore deux autres postes où il vit plus ou moins en isolé: l’aumônerie de Saumane en 1970 (Vaucluse) et celle de Locarno qu’il quitte en 1972. Il gagne Lorgues (Var). Il est hospitalisé à Marseille pour des complications cardiaques. Il meurt d’une crise d’urémie le 27 mars 1972, après avoir sombré dans le coma. Les obsèques sont célébrées à Marseille dans l’église de La Capelette, présidées par le P. Joseph Gelondo qui rappelle les grands traits de la personnalité du défunt, sa bonté, son sourire, son dévouement. Avec le P. Ferréol Poux-Berthe, le P. Félix est l’un des religieux français qui ont donné à l’Assomption en Italie le meilleur de leurs forces. Il aime ce pays qu’il a découvert à travers Pétrarque. Ses lectures préférées pour l’enseignement sont les Promessi Sposi de Manzoni et Pinocchio de Collodi. Le P. Félix est inhumé dans le caveau de l’Assomption au cimetière principal de Marseille.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O..A. mars 1974, p. 228-229. Lyon-Assomption, n° spécial 1972 (notices biographiques), p. 4-6. Du P. Félix Michel, dans les ACR, correspondances (1946-1957). Le P. Félix Michel a écrit un ouvrage de 151 pages sur l’abbaye de Buonsollazzo, fille aînée de La Trappe (1704-1723), paru en 1960 à Marseille, édit. Presse catholique. [Sur l’implantation de la communauté assomptionniste à Florence dans une partie de l’ancien coudent de sainte M.-Madeleine Pazzi, cf le livret du P. Archange Emereau (1936), a-.ijourd’hui renouvelé par des plaquettes illustrées suite aux travaux de restauration des lieux après les inondations catastrophiques de la ville par l’Arno les 4/5 novembre 1966].