Félix (Maurice-Félix) LEMOINE – 1885-1973

Lormoy, 1954.
« L’événement caractéristique de la rentrée 1954 a été le renforcement des
effectifs: 80 étudiants peuplent complètement la maison, avec les 6 Pères
de la maison d’études et le P. Siméon Vailhé que les infirmités obligent à
un repos bien gagné, 4 Pères des études augustiniennes, 3 Frères convers et
le Frère Brivel et
désormais à la retraite. Aux 14 théologiens et aux 9 philosophes de la
Province de Paris, se sont joints 11 théologiens de l’Amérique du Nord, 6
de Belgique et autant d’Angleterre, 17 théologiens et
10 philosophes de Lyon, 7 philosophes de Bordeaux, avec leur professeur le
P.
Damien Pérennec, succédant à point nommé au P. Alype Noirot, devenu économe
en remplacement du P.Jean- Gabriel Chatelin, espoir de la mission malgache.
La fusion s’est parfaitement réalisée après un temps d’accoutumance, plus
favorisée que gênée par la diversité. Et le mouvement d’ensemble a gagné à
maints égards, qu’on pourrait célébrer avec un lyrisme peu séant à une
chronique, à quoi
d’ailleurs chacun suppléera aisément. Professions et ordinations se sont
proportionnellement étoffées. Le P. Herbland Bisson a prêché la retraite…
». Chronique de Lormoy.

Religieux de la Province de Paris.

Au soir d’une vie.

Nous ne disposons pour le frère Félix Lemoine que de très peu de renseignements. Nous lisons en effet dans le Bulletin Officiel de l’Assomption de 1975 la note suivante: « A l’âge de la retraite, après une vie de travail, M. Maurice Lemoine demande à entrer au noviciat des Essarts [Seine-Maritime] en septembre 1950. Il y prononce ses v?ux le 16 mars 1952 et est affecté à la maison de Lormoy [Essonne] en septembre. C’est là qu ïl fait sa profession perpétuelle le 16 mars 1955 et quïl vivra jusqu’en 1971, chargé des relations avec les bienfaiteurs. Après un passage à la maison de retraite de l’abbaye de Limon [Ferté-sous-Jarre, dans la Seine-et- Marne], il est envoyé à celle d’Epinay-sur-Seine [Seine-Saint-Denis] en mars 1972. Il meurt le 19 novembre 1973. Après ses obsèques à la basilique de Longpont [Essonne], il repose au cimetière de Champs-sur-Marne [Seine-et-Marne] ». Nous pouvons compléter ces quelques informations biographiques par la fiche de renseignements, écrite de la main même du Frère Félix Lemoine: il est né le 20 septembre 1885 à Reims (Marne), de Alfred- Hippolyte Lemoine et de Marie née Charlier, son épouse. Il y est dit seulement qu’il fit de solides études primaires et qu’il devint un homme de bureau accompli. Nous en déduisons que Maurice-Félix eut une longue vie professionnelle et familiale, qu’il prit femme et eut un fils, André résidant à Paris. Après son veuvage, étant déchargé de toute obligation familiale, il choisit au soir de sa vie d’entrer dans la vie religieuse. Après un temps de probation, il reçoit l’habit assomptionniste des mains du P. Edmond Barthez, le 11 mars 1951, au noviciat des Essarts, sous le nom de Frère Félix. Il est alors âgé de 66 ans. Son maître des novices, le P. Edmond Barthez,

note laconiquement pour le dossier d’admission à la première profession: « Malgré son âge, le Frère Félix est d’une grande soumission et d’une régularité exemplaire, assumant pleinement les assujettissements multiples de la vie au noviciat. Il est d’une excellente santé, d’un esprit surnaturel très attaché à sa vie religieuse, de dispositions très pieuses, d’un caractère sociable, pondéré et édifiant. Il remet régulièrement sa pension à l’économe ». D’après ce document, la première profession du Frère Félix a lieu le 12 mars 1951, soit très exactement un an et un jour après la prise d’habit. Le P. Jérôme Beckaert, son supérieur à Lormoy, reçoit les v?ux perpétuels du Frère Félix, le 16 mars 1955. En 1971, la résidence de Lormoy est vendue. Le Frère Félix, âgé alors de 86 ans, trouve refuge dans diverses maisons de retraite, dépendant de communautés religieuses où l’on peut prendre soin de lui. Il meurt à l’aube de sa 89ème année. La cérémonie de ses obsèques a lieu en la basilique de Longpont, alors desservie par les Assomptionnistes, dont le P. André Hooghe, supérieur et curé. Le corps du Frère Félix est inhumé dans le caveau familial à Champs-sur-Marne.

Note sur la basilique de Notre-Dame de Longpont.

La vie religieuse du Frère Félix Lemoine s’est déroulée à l’ombre de cet important sanctuaire de Longpont, près de Paris, dans un environnement verdoyant. Lormoy relève de la paroisse de la basilique et la propriété borde le sanctuaire. L’origine de ce lieu de culte marial est très ancien, attesté sous différents vocables: Notre-Dame de Bonne-Garde, Notre-Dame de Bénédiction. Il fut visité au cours du temps par des gens illustres. Robert le pieux le fit construire, saint Bernard de Clairvaux y prêcha, sainte Jeanne de Valois y fit retraite, le pape Pie IX fit couronner la statue de la Vierge, Pie X érigea le sanctuaire en basilique et Pie XII accorda la fête du pèlerinage fixée au 2 juin. De nombreuses reliques y sont conservées. Le sanctuaire passa entre de nombreuses mains et communautés monastiques. Les Assomptionnistes y prirent la relève des Prémontrés en 1951.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. mars 1975, p. 265. Paris-Assomption, supplément, s. d. (avril 1974). Dossier personnel du Frère Félix Lemaine (ACR). Chronique de Lormoy d’après La Lettre à la Famille, 1954, n° 167, p. 37. Note sur la basilique de Longpont dans Jeunes Missionnaires (revue de Lormoy) , 1952, n° 40, p. 9-10.