Fernand CASTEL – 1877-1952

Un prédicateur fécond.

« Je vous écris de la capitale de l’Uruguay, Montevideo où je suis depuis
vendredi dernier en train de prêcher une retraite de 8 jours aux
Dominicaines d’Albi qui ont ici un grand collège et noviciat. Les Pères de
Laval le (Buenos Aires) ont bien voulu me transmettre une copie du câble
qu’ils ont reçus de Rome, donnant la 1iste des membres de la nouvel le
Curie
(1929). Je m’empresse de vous féliciter. Ici je prêche en espagnol à ces 70
sœurs. La supérieure m’a dit sa satisfaction de la retraite en
me remettant comme honoraires 100 $ uruguayens, ce qui fait 250 $argentins
ou
2500frs. Elles me demandent de leur Laisser la copie de mes instructions,
26 d’une 1/2
heure chacune, presque un volume. Pourvu que les sœurs ne les divulguent
pas, elles me couperaient l’herbe sous les pieds, car je compte encore m’en
servir. Je ne riais pas en lui passant la liasse de mes manuscrits. La
chaleur de l’été ici est torride, je ne puis dormir à cause des trams et
des autos qui passent dans cette grande rue de Montevideo. Enfin c’est
fini,
le bien réalisé reste et aussi l’argent pour la caisse de Laval le ».

Au P. Gervais Quenard, 3
février 1929. Montevideo.

Religieux de la Province de Bordeaux, en mission en Amérique du Sud.

Sous le champ des étoiles.

Fernand Castel est originaire de Carcassonne (Aude) où il naît le 19 septembre 1877. Bien qu’il ait toujours souffert d’une grave affection aux yeux qui l’a gêné toute sa vie, il aime regarder le champ des étoiles qu’il trouve lumineux et varié aussi bien dans son Sud-Ouest natal qu’à Jérusalem ou qu’au Nouveau Monde, son champ d’apostolat. Il peut comme l’Eternel appeler chaque étoile et chaque planète du firmament par son nom! En bas âge, Fernand suit les cours de l’école des F.E.C. à Lunel (Hérault), puis à 13 ans, entre à l’alumnat de Brian (Drôme) de 1890 à 1891, passe à Villecomtesse (Yonne) de 1891 à 1893 et revient à Brian, devenu alumnat d’humanités, de 1893 à 1895. Ayant choisi sa voie à l’Assomption, il se rend au noviciat de Livry où il accomplit une année de noviciat (1895-1896) avec le P. Ernest Baudouy, au terme de laquelle il prononce ses premiers vœux (10 août 1896). L’année suivante, il se retrouve à Notre-Dame de France à Jérusalem où le P. Athanase Vanhove reçoit sa profession perpétuelle le 15 août 1897; sans désemparer il y fait ses études de philosophie et de théologie (1896-1902). Le 21 décembre 1901, Mgr Piavi, patriarche latin de Jérusalem, lui confère la prêtrise. Nouveau prêtre, le P. Fernand est tout de suite orienté vers l’Amérique du Sud et le 21 octobre 1902, il débarque à Coronel, sur le Pacifique, en compagnie des PP. Pierre Célestin et Gonzalve.

Cinquante ans dans l’hémisphère sud.

Toute sa vie, le P. Fernand va rester fidèle à cette terre d’élection, sans jamais s’accorder d’autres vacances que celles de l’année 1924 où il revoit le pays natal pour la dernière fois.

Un prédicateur fécond.

« Je vous écris de la capitale de l’Uruguay, Montevideo où je suis depuis vendredi dernier en train de prêcher une retraite de 8 jours aux Dominicaines d’Albi qui ont ici un grand collège et noviciat. Les Pères de Laval le (Buenos Aires) ont bien voulu me transmettre une copie du câble qu’ils ont reçus de Rome, donnant la 1iste des membres de la nouvel le Curie (1929). Je m’empresse de vous féliciter. Ici je prêche en espagnol à ces 70 sœurs. La supérieure m’a dit sa satisfaction de la retraite en me remettant comme honoraires 100 $ uruguayens, ce qui fait 250 $argentins ou 2500frs. Elles me demandent de leur Laisser la copie de mes instructions, 26 d’une 1/2 heure chacune, presque un volume. Pourvu que les sœurs ne les divulguent pas, elles me couperaient l’herbe sous les pieds, car je compte encore m’en servir. Je ne riais pas en lui passant la liasse de mes manuscrits. La chaleur de l’été ici est torride, je ne puis dormir à cause des trams et des autos qui passent dans cette grande rue de Montevideo. Enfin c’est fini, le bien réalisé reste et aussi l’argent pour la caisse de Laval le ».

Au P. Gervais Quenard, 3 février 1929. Montevideo.

Notices Biographiques A.A Page : 539/539 En dehors d’une très courte période de supériorat à Santos-Lugares en Argentine (1933-1936), ne lui sont confiées que des occupations assez effacées. Tout d’abord affecté à Los Andes (Chili) de 1902 à 1903, il est aumônier d’un petit orphelinat et d’une communauté de Sœurs de Cluny. A Rengo (Chili) où il demeure de 1905 à 1910, il se consacre à l’enseignement du catéchisme au lycée de la ville et assure en même temps l’aumônerie de l’hôpital. On le voit aussi chaque dimanche rejoindre à cheval les chapelles les plus éloignées de Chiancaoué et de Popeta. Rendu inapte à tout travail important en raison d’une maladie aux yeux très douloureuse, le P. Fernand revient à Los Andes de longues années (1910-1926), ce qui le condamne à de pénibles insomnies. Une légère amélioration lui permet de rejoindre Rengo et de reprendre une vie plus active, comme vicaire de 1926 à 1928. C’est alors qu’il va passer la Cordillière des Andes (1928) pour se consacrer au ministère en Argentine: San Martin, Santos Lugares le comptent comme membre de leur communauté de 1928 à 1938. A cette dernière date, il revient au Chili et s’installe à Los Andes pour dix ans (1938-1948), se dévouant surtout auprès de communautés religieuses féminines: Carmélites, religieuses Salésiennes et ministère des confessions à la paroisse assomptionniste. Sa maladie des yeux le reprend et il essaye toutes les recettes possibles pour se procurer un peu de sommeil. C’est en 1949 que, venu à Valparaiso pour y passer l’été, il demande à y rester provisoirement: ce provisoire dure jusqu’à sa mort le 31 janvier 1952. Il est inhumé à Santiago où il s’était rendu pour une banale opération de prostate.

Personnalité humaine et spirituelle.

Le P. Fernand, au dire de ses confrères, est resté un homme simple, spontané et parfois même candide comme un enfant malgré les années. De naturel rieur et en joué, il aime raconter de bonnes histoires. Recherché comme confesseur et directeur spirituel, il aime instruire son auditoire de platicas et d’instructions substantielles. Au Carmel de Los Andes, il apprend à connaître une religieuse émule de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus dont il rappelle le souvenir. Confrère délicat, il sait se montrer plein d’attention pour les autres. D’une aide efficace et silencieuse, il est un modèle d’union pour la vie commune.

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Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. avril 1953, p. 33. Lettre à la Famille 1952, n° 133, p. 33-34. Le P. Pernand Castel a laissé dans les ACR quelques correspondances et nouvelles (1901- 1935) ainsi que des rapports sur la mission de Santos Lugares (1934-1936).