Ferréol (Georges) POUX-BERTHE – 1874-1959

San Remo, 1908.
« Je me hâte de venir vous parler d’une guérison obtenue par l’intercession
du P. d’Alzon. Il s’agit d’une jeune fille de 23 ans, Angelita Gazzola,
professeur d’italien dans le pensionnat des Dames de Nancy à San Remo, qui
hésitait beaucoup à répondre à l’appel de la vie religieuse, obligée de
s’aliter en avril dernier à cause d’une coxalgie très sérieuse, examinée
par le chirurgien G.B. Roggeri. L’évêque m’autorisa à célébrer une messe
dans la chambre de la malade et je joignais de
mon côté une neuvaine au P. d’Alzon et à Gabriel dell’Addolorata. Je
laissai à la malade l’ornement blanc qui a appartenu au P. d’Alzon et lui
dit de le mettre sur sa jambe malade en invoquant le P. d’Alzon. Le docteur
arrivait peu après et, habitué à lui entendre dire la même chose, lui
conseilla de rester immobile au lit. Mais elle se dit guérie, se leva,
s’habilla, descendit l’escalier. L’os de la hanche qui sortait est rentré à
sa place ordinaire. La Supérieure m’a fait appeler pour constater le fait.
Le docteur ne sait que dire et ne s’explique pas comment cela
peut se faire. Je suis allé à pied célébrer une messe d’action de grâces au
sanctuaire de Notre- Dame de la Costa, dédiée à l’Assomption ».

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de Paris. Le ministère de la compassion fraternelle. Georges Poux-Berthe est né le 7 octobre 1874 à Chapelle-au-Bois (Doubs), dans une famille nombreuse. Enfant de chœur dès son jeune âge, il est placé comme berger dans une famille qui compte parmi ses membres un prêtre des Missions étrangères. Ce dernier, devant les dispositions de Georges, l’encourage à entrer au petit séminaire, mais la famille, trop pauvre, ne peut assumer les frais de pension. Sur ces entrefaites, le curé de la paroisse reçoit une circulaire sur les alumnats de l’Assomption, avec l’adresse de Roussas (Drôme). La demande d’admission est acceptée par le P. Pierre Descamps. Georges devient alumniste à Roussas, puis à Brian (18861889), enfin à Nîmes (Gard), de 1889 à 1890. Il commence son temps de noviciat à Livry (Seine-Saint-Denis), le 14 août 1891. Il prend le nom de Frère Ferréol et prononce ses premiers vœux, le 14 août 1892. Pour bénéficier de l’exemption militaire, il termine son noviciat à Phanaraki (Turquie) et prononce ses vœux perpétuels, le 15 août 1893. D’abord professeur à Koum-Kapou pendant trois ans (1893-1896), il se rend à Kadi-Keuï pour ses études de philosophie et de théologie (1896-1899). Il est ordonné prêtre à Constantinople, le 3 septembre 1899, dans l’église Santo Stefano des Capucins. Pendant près de quatre ans, le P. Ferréol est condamné à un demi-repos à Menton (Alpes-maritimes), Rome et Livry. En 1903, il est nommé supérieur de la maison des malades à San Remo. Il demeure à son poste pendant 20 ans, jusqu’à la fermeture de la maison en 1923 et le départ des malades pour Locarno (Suisse), Menton et Lorgues (Var). Le P. Ferréol y est d’un dévouement quasi maternel pour les religieux qui viennent chercher la santé sur la riviera ou s’y préparer à la mort. Après quatre ans de ministère à Marseille (Bouches-du-Rhône), A.A de 1923 à 1927, le P. Ferréol est envoyé à Florence (Italie) en 1927, où l’on vient de confier à l’Assomption la belle église de Sainte-Marie-Madeleine-de-Pazzi, fréquentée par les fidèles du quartier et par ceux de la colonie française dont elle est l’église nationale. En 1933, il relaie par le P. Archange Emereau comme supérieur de la communauté. Il s’occupe avec dévouement de l’église dont il est le recteur, ainsi que de l’alumnat qui vient d’être transféré de Castelgandolfo à Florence. Grande est sa joie de voir arriver au sacerdoce les premiers fruits de l’alumnat italien: les PP. Domenico Restante, Quirino Ferrarese, Gloacchino Romano qui lui gardent une profonde reconnaissance. Très aimé des fidèles du quartier, le P. Ferréol est le confesseur de nombreuses communautés religieuses et donne volontiers, ici ou là, des leçons de religion et de musique. Les dernières années, il s’occupe surtout des Oblates établies dans la même rue, Borgo Pinti, à qui il rend de multiples services. En maison de repos, à Lorgues. Le ler octobre 1957, le P. Ferréol, accablé par l’âge, est conduit à Lorgues (Var) par le P. Domenico Restante, supérieur de Florence. Certes il conserve toujours la nostalgie de la ville de Florence, mais il se montre le plus silencieux et le plus régulier des religieux de la maison. Il parle peu, à voix basse, se couche très tôt sans prendre le dîner. Le 14 septembre 1959, on célèbre très simplement ses noces de diamant de sacerdoce. Déjà très affaibli, il semble plus écouter qu’entendre. Le lendemain, il ne peut célébrer et le médecin contacté suppose que le Père Ferréol est atteint d’un cancer. Il meurt le 20 septembre 1959, ayant presque achevé sa 85ème année. Le P. Tite Giraudo, supérieur de Florence, vient présider la cérémonie des obsèques, le 22 septembre. Le P. Ferréol est inhumé dans le caveau de la propriété, dans la chapelle de la Dormition.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. juin 1960, p. 98. Lettre à la Famille, 1959, no 280, p. 291-292. Rhin-Guinée, Avent 1959, no 17, p. 5-6. Lettre du P. Ferréol Poux-Berthe au P. Emmanuel Bailly, San Remo, octobre 1908. Du P. Ferréol Poux-Berthe, dans les ACR, correspondances (1902-1955), notes sur San Remo, rapports sur San Remo (1906-1921), sur Florence(1933-1946), Ephémérides sur la communauté de Florence (1936-1950). Au temps de son supériorat à San Remo, le P. Ferréol Boux-Berthe a écrit de nombreuses circulaires et faire-part l’occasion du décès des religieux. Notices Biographiques