Firmin (Joseph-Firmin) MERMOUD – 1882-1920

Faire-part. « Vous avez reçu mon câblogramme de Valparaiso vous annonçant
la mort subite du P. Firmin. Le mercredi 18, il alla à Vina-del- Mar
acheter des médailles pour ses socios de la Esperanza. Il redescendit à la
gare de Portales et monta à pied tout le cerro de Placeres. A son arrivée,
il goûta de bon appétit, puis alla dans sa chambre. Il devait être 18
heures. A 19h. 30, il ne descendit pas pour le souper. Le Frère Antonio
[Esgueva] monta pour l’appeler. La porte était fermée au loquet, il y
avait de la lumière. Le P. Firmin ne répondait pas. Le P. Victor [Duquesne]
monta à son tour, poussa un peu
fortement la porte qui céda. Le P. Firmin était sur son lit, il avait dû
s’y asseoir, car il avait arrangé son oreiller en forme de dossier, il
avait laissé
tomber le journal qu’il lisait, sa tête avait chaviré, une jambe pendait
hors du lit, le visage était froid, mais les
mains étaient encore chaudes. Le docteur qui vint peu après
20 heures ne put que constater le décès qu’il attribua à une angine de
poitrine. Il est probable que la mort fut instantanée. Le Frère Antonio qui
était dans la chambre voisine n’entendit rien et les cloisons sont légères.
La perte est grande. Le P. Firmin était un modeste ».

Religieux français, en mission au Chili.

Parcours de formation. En Orient.

Joseph Firmin Mermoud voit le jour le 12 décembre 1882 au village des Contamines, près de Saint- Gervais (Haute-Savoie). Il est alumniste de grammaire à Notre-Dame des Châteaux (Savoie), de 1894 à 1897, et fait ses humanités à l’alumnat Saint- Joseph de Brian (Drôme), de 1897 à 1899. Le P. Vincent de Paul Bailly lui donne l’habit au noviciat de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), le 8 septembre 1899. Joseph Firmin inverse ses prénoms: il devient le Frère Firmin. Il prononce ses premiers vœux le 8 septembre 1900 à Gemert, en Hollande où le noviciat de Livry s’est transporté en avril, à cause du mouvement d’expulsion en France qui suit la dissolution de la Congrégation, prononcée par la Cour de la Seine. Les pérégrinations ne sont pas terminées: le Frère Firmin achève sa deuxième année de noviciat à Notre-Dame de France à Jérusalem où il prononce ses vœux perpétuels le 29 septembre 1901, entre les mains du P. Ernest Baudouy. Après deux années de philosophie à Notre-Dame de France, le Frère Firmin est envoyé dans les oeuvres d’enseignement de la mission d’Orient. D’abord professeur à Brousse (Turquie), de 1903 à 1906, il devient surveillant au collège de Philippopoli (Bulgarie) durant une année (1906-1907). Il revient à Notre-Dame de France à Jérusalem pour suivre les cours de théologie (1907- 1910). Il est ordonné prêtre à Jérusalem, le 10 juillet 1910 et dès le mois d’octobre suivant, il est envoyé à la mission du Chili.

Bref ministère au Chili.

Pendant dix ans (1910-1920), le P. Firmin s’emploie avec zèle aux oeuvres missionnaires implantées par l’Assomption au Chili. Il demeure tout d’abord quatre ans à Rengo (en deux fois, entre 1911 et 1915),

puis passe à la paroisse de Talcahuano où sa présence n’excède pas trois ans et demi (1915- 1917). Cette paroisse, confiée à l’Assomption en 1912 par Mgr lzquierdo, se révèle très difficile: tout est à faire dans tous les domaines. Les conditions topographiques et hygiéniques de la cité ne rebutent pas le P. Firmin qui , par monts et par vaux, de jour comme de nuit, s’adonne au ministère pastoral avec beaucoup de courage et de désintéressement. Il entre dans les bouges où règnent la malpropreté et les misères des logements surpeuplés, il secourt les malades entassés à l’Hôtel-Dieu. Dans l’enseignement du catéchisme, il se montre inventif, doué d’un esprit pratique en utilisant images et projections qui passionnent plus la jeunesse que les exposés de doctrine. Très intelligent, d’une grande prudence, délicat, humble et patient, le Père Firmin a un véritable tempérament d’artiste. Il travaille de ses mains à l’ornementation des églises et des résidences où il est affecté. À Talcahuano, il remplace les vieux bancs qui enlaidissent les nefs par de beaux sièges élégants, dessinés de sa main. Il édifie une grotte à Notre-Dame de Lourdes et un calvaire qui font l’admiration des paroisses environnantes. Il passe encore trois ans au poste de Valparaiso (1917-1920), où il donne de grandes espérances pour le développement de la paroisse. Mais une crise d’angine de poitrine l’enlève brusquement et jeune, à 38 ans. Il meurt à Valparaiso, à la résidence de Los Placeres, le 18 août 1920. Il est inhumé au cimetière de Valparaiso. On a dit du caractère de ce religieux qu’en lui s’harmonisaient tous les traits de son pays natal, aussi bien les rocs escarpés que les eaux limpides des lacs des montagnes de Savoie. Homme de jugement solide et bien trempé, toujours de bon conseil, il a cette forme d’esprit judicieux et tranquille qui donne joie de vivre à son entourage, ces élans de courage dans les difficultés pour les dépasser et cet oubli de soi suffisamment assuré pour trouver dans le service des autres l’exutoire joyeux aux misères de l’existence.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: L’Assomption, 1921, no 239, p. 88-89. Nouvelles de la Famille 1920, no 376, p. 321; no 380, p. 355; no 386, p. 403 (faire-part par le P. Félicien Vandenkornhuyse, Santiago, 23 août 1920). Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Escuela apostolica, Mendoza, 1920.