Florentin (Louis) BOURDY – 1871-1949

Les vœux de la St François.
« Je m’empresse de me joindre à tous pour vous adresser mes vœux et mes
prières pour la St François d’Assise. Que Dieu vous conserve longtemps à
l’affection de tous. Je n’étais pas sûr de me trouver en famille à ce
moment: l’année dernière j’étais à Paris quand vous étiez à Louvain et les
années précédentes à Livry quand vous étiez à Paris. J’avais bien peur de
manquer encore aux réjouissances de ce jour. La traversée qui n’a pas été
mauvaise, pour nos cinquante malades surtout, pouvait très bien se
prolonger sous la violence des vents. Heureusement que les
courants à la fin nous emportent avec une rapidité extraordinaire, de 14
miles à l’heure. Nous avons pu arriver le 3 à Paris. Le bon Père René
[Paris] vous dira tout ce que nous avons fait pour arriver le
4 en pleine famille à Louvain. P. René va retourner au Havre faire
l’inventaire de la petite chapelle, il vous dira les progrès de l’œuvre et
tout ce qu’il faut supporter de contrariétés et d’ennuis de toutes sortes
pour arriver à faire du bien. L’abbé d’Auvigny est resté avec le P. Eugène,
il avait l’intention d’aller voir quelques amis au Canada».
F. Florentin, 5.10.1902.

Religieux français de la Province de Paris, affilié à la Province d’Angleterre en 1946.

Un français londonien.

Né le 12 février 1871 à Couriay (Deux-Sèvres) Louis est entré à l’Assomption à 27 ans au noviciat de Livry le 8 mars 1898, après avoir tenté un essai de vie au petit séminaire de Poitiers. Pour raisons de santé et par manque de moyens intellectuels, il doit renoncer à la perspective du sacerdoce. Il fait un temps de postulat prolongé, y prend l’habit sous le nom de Fr. Florentin. Le 4 septembre 1901, le P. Vincent de Paul Bailly reçoit ses premiers vœux à Livry. Le temps du noviciat s’est partagé entre Louvain et Londres, sous la direction du P. Gélase Uginet, Il prononce ses vœux perpétuels à Londres le 8 septembre 1904. C’est à Londres d’ailleurs qu’à partir de 1904 le Fr. Florentin va vivre pendant un demi-siècle. Il connaît d’abord la maison de Globe Read, puis celle de Cambridge, puis Charlton (1908-1911) avant d’être fixé à la communauté de Victoria Park, square Bethnal Green avec le P. François Mathis.

Un fervent de la ‘petite Thérèse’.

Son emploi principal est la porterie, fonction fort importante en ville à cause du passage incessant. Sa loge se transforme très vite en un véritable magasin de dépôt: objets de piété et objets d’art religieux qu’il distribue à une clientèle fort assidue. Fervent de Thérèse de Lisieux, il a tôt fait de lui dédier son magasin: Repository of the little flower. On peut dire qu’il compte parmi ceux qui ont développé le culte de la ‘petite Thérèse’ en Angleterre, avant l’heure de la béatification de la petite carmélite. Il diffuse le livre de spiritualité qui a fait connaître Thérèse au monde entier, L’Histoire d’une âme. Habile dans les affaires – n’est-on pas au pays du pragmatisme? -, il se lance dans la fabrication

Les vœux de la St François. « Je m’empresse de me joindre à tous pour vous adresser mes vœux et mes prières pour la St François d’Assise. Que Dieu vous conserve longtemps à l’affection de tous. Je n’étais pas sûr de me trouver en famille à ce moment: l’année dernière j’étais à Paris quand vous étiez à Louvain et les années précédentes à Livry quand vous étiez à Paris. J’avais bien peur de manquer encore aux réjouissances de ce jour. La traversée qui n’a pas été mauvaise, pour nos cinquante malades surtout, pouvait très bien se prolonger sous la violence des vents. Heureusement que les courants à la fin nous emportent avec une rapidité extraordinaire, de 14 miles à l’heure. Nous avons pu arriver le 3 à Paris. Le bon Père René [Paris] vous dira tout ce que nous avons fait pour arriver le 4 en pleine famille à Louvain. P. René va retourner au Havre faire l’inventaire de la petite chapelle, il vous dira les progrès de l’œuvre et tout ce qu’il faut supporter de contrariétés et d’ennuis de toutes sortes pour arriver à faire du bien. L’abbé d’Auvigny est resté avec le P. Eugène, il avait l’intention d’aller voir quelques amis au Canada». F. Florentin, 5.10.1902.

Notices Biographiques A.A et la réparation des chapelets qu’il distribue généreusement aux indigents, aux nouveaux convertis et aux malades de l’hôpital voisin. Même la guerre ne l’arrête pas dans son activité alors que tant de ‘rivaux’ ont dû fermer boutique! Une autre de ses activités favorites de sacristain, c’est l’apostolat des .chandelles votives’. Il entretient avec grand soin les cinq grands candélabres à bougies, à tel point qu’on le plaisante facilement sur les variations de cette manifestation de ‘foi ardente’. Homme facile d’accès et bien connu dans son milieu, il fraie avec tous et notamment avec des protestants du quartier qui sont ravis de la simple liberté avec laquelle le Frère les conjure de rallier l’église catholique. Il n’est d’ailleurs pas ignorant des divisions entre les chrétiens, étant originaire d’une région comptant depuis longtemps des ‘vieux Catholiques’. Bien qu’ayant été affecté avant sa venue à Londres à l’apostolat des Oeuvres de Mer, il n’en fait jamais référence. D’un physique plutôt chétif, souffrant d’une hernie qu’il n’a jamais bien soignée, il se montre à partir de 1947 moins résistant. C’est ainsi qu’il demande à être dispensé cette année de participer à la messe de minuit, à Noël. En 1948, il est victime d’une légère attaque qui l’oblige à garder la chambre quelque temps. Le 4 février 1949, il se retire chez lui fatigué, vers les 17 heures. Quatre heures plus tard, il est terrassé par une crise cardiaque aiguë. Une Petite-Soeur de l’Assomption de Stamfort Hill vient le veiller la nuit. Il meurt paisiblement au petit matin du dimanche 6 février, vers les 2 heures, à 78 ans.

Les obsèques sont célébrées le jeudi 10 février avec un grand concours de paroissiens pour lesquels le Fr. Florentin est une figure vivante de l’Assomption à Bethnal Green. Le Frère Florentin est inhumé dans le cimetière de Saint-Patrick de Leytonstone.

Bibliographies

Bibliographie: Lettre à la Famille 1949, n° 69, p. 23-24. Lettre du 5 octobre 1902 au P. Picard, de Louvain.