Florian (Antoine) GRIESEMER – 1891-1964

Pour de nouveaux moyens au service de l’apostolat.
«Je suis à Lugoj, ville de
27.000 habitants dont 10.000
Allemands, 7.000 Hongrois,
4.000 Juifs, 5000 Roumains orthodoxes et 1500 Roumains unis. Nous avons un
internat de 49 garçons, le P. Léandre Gayraud supérieur et votre serviteur
comme second, Ce
matin, dimanche de la Passion, j’ai fait le grand pas: je suis passé au
rite gréco-roumain. Cela m’a coûté beaucoup, mais ce 25 mars, j’ai présidé
la messe chantée, mes
inquiétudes se sont dissipées… Me voici arrivé à ma requête. Lugoj, notre
dernière
fondation roumaine n’a rien comme bibliothèque, pas même les étagères! Pas
un livre, pas une brochure, pas un article, rien, trois fois rien! Comment
faire les
conférences que l’on me demande’? Si on pouvait faire des projections!
Combien j’envie les curés de France, pouvoir me procurer un appareil de
projection! Combien un appareil semblable nous aiderait, nous faciliterait
l’accès auprès de nos Roumains! Vous qui fréquentez pas mal d’âmes
généreuses, n’en trouveriez- vous pas quelques unes s’intéressant à
l’apostolat et au succès de deux pauvres missionnaires du rite gréco-
roumain? ».

Florian (Antoine) GRIESEMER

1891-1964

Religieux de la Province de Lyon.

Une recrue du P. Césaire Kayser.

Antoine Griesemer est né à Haguenau (Bas-Rhin), le 12 juin 1891, dans une famille de onze enfants. Quatre de ses soeurs entreront au couvent, deux chez les Sœurs de Niederbronn et deux chez les Oblates de l’Assomption. En 1905, le P. Césaire Kayser, dans une de ses tournées à travers l’Alsace, fait la connaissance de la famille Griesemer, et le jeune Antoine exprime son désir de se consacrer à Dieu. Le P. Césaire dirige Antoine sur Sart-les-Moines, maison de vocations tardives en Belgique: Antoine y fait ses études de grammaire et d’humanités jusqu’en 1911. Il entre alors au noviciat de Gempe, non loin de Louvain, et prend l’habit le 14 août 1911, sous le nom de Frère Florian. En 1912, le noviciat se transporte au Luxembourg. C’est là que le Frère Florian prononce ses premiers vœux, le 15 août 1912. Après ses vœux, il est envoyé en Orient, et jusqu’au déclenchement de la guerre de 1914, il est professeur à Karagatch où il prononce ses vœux perpétuels, le 11 septembre 1913. De 1914 à 1918, il est mobilisé dans l’armée allemande. La guerre finie, il rejoint l’Orient, Kadi-Keuï, où il enseigne l’allemand et reconstitue les propriétés de l’Assomption que, durant le conflit, les Turcs ont plus ou moins occupées. En 1919, il vient à Taintegnies pour ses études de philosophie et, en 1921, à Louvain pour celles de théologie. Il y est ordonné prêtre le 26 juillet 1925.

Un religieux actif, au sens pratique.

Le P. Florian, ayant un grand amour de la mission d’Orient, est envoyé aussitôt à Varna (Bulgarie), de 1925 à 1927 où il enseigne l’allemand et la musique instrumentale (flûte et baryton). De là il passe en Roumanie, à Blaj et Lugoj de 1927 à 1928 où il adopte le rite gréco-slave.

A la fin de 1933, il doit revenir en Occident pour prendre un peu de repos. Il est alors attaché à la maison de Scheidegg en Bavière. Là il remplit la fonction de l’économat et dirige la revue en langue allemande Die Missionen. Mais l’arrivée au pouvoir du national-socialisme hitlérien rend la situation de la maison de plus en plus critique. En 1935, le P. Libermann Weisshaar, supérieur, fiché comme déserteur de l’armée allemande, doit quitter Scheidegg: le P. Florian le remplace comme supérieur et est chargé de la liquidation des biens en 1938. Il rejoint alors Scherwiller (Bas-Rhin). En 1939, éclate la seconde guerre mondiale. L’alumnat est réquisitionné. Le P. Nicolas Rauscher se réfugie avec les alumnistes à Saint-Albin de Vaulserre, près de Miribel (Isère). Le P. Florian reste seul comme gardien à Scherwiller. Il fait fonction de vicaire à la paroisse du village de 1940 à 1943, puis fonction de curé de 1943 à 1945 et de directeur de l’asile des vieillards de la commune. Après les hostilités, l’évêché de Strasbourg nomme un nouveau curé à la paroisse et le P. Florian reste comme vicaire et directeur de l’asile. L’alumnat rouvre ses portes, le P. Florian y est économe, professeur de dessin et de chant. Ses forces déclinant, on lui adjoint le P. Marie-Grégoire Brun pour le remplacer progressivement comme économe et, en 1961, le P. Victor Stemmelin devient vicaire de la paroisse à sa place. Désormais le P. Florian se contente de la correspondance avec les bienfaiteurs-donateurs de l’alumnat et de l’asile. Il rédige le bulletin Vers l’autel. A la fin de l’année 1962, l’état de santé du P. Florian se dégrade. Une intervention énergique du docteur traitant lui accorde quelque répit. Mais le 15 mars 1964, il doit être hospitalisé à la clinique de Colmar (Haut-Rhin). Son état critique est jugé désespéré par le corps médical. Il meurt le mardi 24 mars 1964. Son corps est déposé dans la chapelle de l’alumnat de Scherwiller le jeudi 26 mars. Son cercueil est emporté à Haguenau, selon la demande exprimée par une sœur du P. Florian. C’est là qu’ont lieu le service funèbre et l’inhumation, ce jeudi étant celui de la Semaine sainte. Une messe est chantée à l’église paroissiale de Scherwiller le lundi de Pâques suivant, 30 mars. De caractère aimable et enjoué, ce religieux au sens pratique développé ne laisse que des regrets.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. juin 1965, p. 77. Lettre à la Famille, 1964, n° 374, p. 583-584. Rhin-Guinée, avril 1964, n° 52, p. 5-6. Du P. Florian Griesemer, dans les ACR, corrresponclances (1919-1938), rapport sur Scheidegg (1947). On trouve des articles du P. Florian Griesemer dans les deux collections des revues citées: Vers l’autel (Scherwiller) et Die Missionen (Scheidegg). Lettre du P. Florian Griesemer au P. Eustache Pruvost, Lugaj, avril 1928. Notices Biographiques