Fournier (Joseph) FOURNIER – 1917-1999

Les Essarts, 7 septembre 1936.
« Le désir d’être prêtre et religieux que Dieu a mis dans mon cœur s’est
toujours fortifié. C’est tout à fait providentiellement que j’ai été
conduit vers l’Assomption. j’ai proposé, Dieu a disposé. C’est avec joie
que l’an dernier je rentrais au noviciat pour expérimenter la vie que Dieu
semblait me montrer. Après cette courte année d’épreuve durant laquelle
j’ai eu tout le loisir d’étudier la belle famille de l’Assomption, je suis
plus convaincu que jamais que
Dieu me veut assomptionniste. Aussi aujourd’hui moi, Joseph Fournier, en
religion Frère Fournier Fournier, je viens vous demander très humblement,
mon Père, la faveur d’être admis à la première profession, bien assuré avec
la grâce de Dieu et la toute puissance de la Sainte Vierge d’observer tout
ce que demandent la Règle et les Constitutions.

Veuillez agréer les meilleures marques de respect de celui qui sollicite la
faveur d’être votre fils ».

F. Fournier Fournier.

Fournier (Joseph) FOURNIER

1917-1999

Religieux de la Province de France.

Un temps de formation haché par la guerre.

Joseph-Antoine-Célestin Fournier est né le 27 mars 1917 à l’hôpital de Mende (Lozère), ancienne capitale du Gévaudan. Paysanne, la famille habite Brénoux et compte sept enfants. Agé de neuf ans, Joseph entre à l’Ecole franco-canadienne de Sainte- Foy-lès-Lyon (Rhône). En 1932, les frasques du sauvageon lassent les Oblats de Marie-immaculée. Il promet de S’amender et est admis en 1932 à l’alumnat de Poussan (Hérault) qui émigre à Vérargues l’année suivante et où il est scolarisé de 1933 à 1935 Joseph entre au noviciat de la Province de Paris, aux Essarts (Seine-Maritime) en 1935. Il y prend l’habit le 2 octobre, sous le nom de Frère Fournier. « Le Frère Fournier est d’une intelligence suffisante mais trop peu utilisée. Nous apprécions son aptitude au dévouement dans les choses matérielles. A signaler aussi ses difficultés de caractère et un certain manque d’éducation antérieure ». Il y fait profession le 4 octobre 1936 et complète ensuite ses études secondaires à Layrac (Lot-et-Garonne). Il doit souscrire à ses obligations militaires en 1937. Il revient à Layrac après la débâcle de mai-juin 1940, pour deux années de philosophie et une première année de théologie. C’est à Layrac qu’il prononce ses vœux perpétuels le 1er novembre 1942. Le P. Picot, son supérieur, note à son sujet: « Ce religieux se reconnaît un caractère violent, porté facilement à se cabrer. Il fait certainement des efforts pour se dominer. On lui trouve aussi quelques excentricités et un certain laisser-Mer dans sa tenue, mais son dévouement dans les travaux manuels est tout à fait admirable ». En 1943, le Frère Fournier rejoint la maison d’études Saint-Augustin de Lormoy (Essonne) afin de poursuivre les études de théologie qui sont encore interrompues par huit mois de caserne en 1945.

Mgr Pie Neveu l’ordonne prêtre le 9 juin 1946.

Une longue carrière d’enseignant.

A l’automne, souffrant de la gorge, ne pouvant plus parler, le P. Fournier va passer deux mois sans emploi à l’alumnat de Davézieux (Ardèche). De là il gagne Chanac (Lozère) où il s’emploie à la dépense et au jardin. En 1947, sa voix retrouvée, il débute dans l’enseignement où il va passer une quarantaine d’années, dont 23 dans les alumnats. Il est un professeur titulaire apprécié à Chanac (1947-1951), à Vérargues (1951-1953), à Davézieux (1953-1965) où il est supérieur de la communauté pendant neuf ans, à Soisy-sur-Seine dans l’Essonne (1965-1967). Il revient à Davézieux pour diriger, pendant trois ans, le foyer des alumnistes qui suivent alors les cours au collège du Sacré-Cœur à Annonay où lui-même enseigne. Le P. Fournier a repris son prénom de baptême et se fait dorénavant appeler le P. Joseph. Après 1970, il reste à Davézieux, continue à enseigner à Annonay, s’adonne aussi au ministère paroissial. Lorsque l’Assomption quitte définitivement Davézieux en 1992, il y a vécu trente-huit ans. Il souffre des séquelles d’une hémorragie cérébrale qui le plongent dans la dépression. Les médecins recommandent qu’il se repose dans sa famille. Avec l’accord de ses supérieurs, il se retire chez un neveu à Anglards de Salers dans le Cantal. Il s’y ennuie beaucoup, regrettant la vie communautaire, lisant La Croix et l’Evangile en grec, écrivant de nombreuses lettres. Après quatorze mois de vie érémitique, il rejoint la maison de Lorgues en juin 1993. C’est là qu’il passe ses dernières années à lire et à relire la Bible. Il s’intéresse aussi aux livres d’histoire et, parfois, aux romans policiers. Des accrocs de santé affaiblissent son cœur jusqu’à la nuit du 22 au 23 septembre 1999. Il a dû quitter Lorgues le dimanche 19 septembre pour des examens de routine à l’hôpital de Draguignan. Le lendemain soir, une alerte cardiaque le mène aux soins intensifs. Après un mardi calme et détendu, il décède d’une fibrillation peu avant trois heures du matin. Ses obsèques sont présidées le vendredi 24 septembre 1999 par le P. Michel Zabé. Elles sont suivies de l’inhumation dans le caveau de l’Assomption au cimetière communal de Lorgues.

Bibliographies

Bibliographie et documentation Documents Assomption, Nécrologe (VIII) 1998-1999, p. 135-136. Assomption-France, Nécrologe année 1999, p. 15. Notices Biographiques