Francesco CARABELLESE – 1927-1996

Ordination romaine.
« Le 11 février 1952, le Collège international de Rome fête son benjamin
dans le sacerdoce, le P. Francesco, ordonné prêtre la veille par Mgr
Traglia, vice-gérant de Rome, dans l’église de Sant- Andrea della Valle. De
Florence viennent les PP. Quirino Ferrarese et Domenico Restante. Pendant
la messe, le grêle harmonium répand des flots d’harmonie dignes d’une
cathédrale, Dans une langue qui pourrait être celle des dieux, le P.
Domenico retrace les étapes de la vocation du P. Francesco: c’est à une
tante, religieuse du Sacré-Cœur, qu’enfant, Francesco doit son orientation
vers l’Assomption: elle le confie au P. Romuald son directeur spirituel. Le
P. Romual le dirige sur Florence; en 1939, à cause de la guerre, le P.
Corpacci rapatrie 11 alumnistes sur Rome au collège international vide de
ses habitants. On y redoute les tracasseries policières, les bombardements
alliés, la pénurie alimentaire. Seul persévérant de la petite équipe des
onze, le P. Francesco est en 1952 le symbole et la promesse d’une jeunesse
assomptionniste avec la fondation de Cannero… ». Lettre à la Famille
1952, n°
132, p. 30-32.

Religieux italien de la Province de France.

Un italien du Sud.

Francesco Carabellese est né à Molfetta, un port de l’Adriatique voisin de Bari, dans les Pouilles, le 15 mars 1927. Il fait une partie de ses études secondaires à l’alumnat de Florence en Toscane (1938-1939) puis à Rome (1939-1943), mais doit rentrer en famille, impatient, après les événements militaires de l’été 1943: le Grand Conseil fasciste ayant exigé la fin du pouvoir personnel de Mussolini, le maréchal Badoglio prend le pouvoir et traite avec les Alliés tandis qu’un commando S.S. délivre Mussolini de sa prison à l’hôtel des Abruzzes. Ce dernier en profite pour reconstituer son pouvoir à Salo. En 1944, les Alliés libérant progressivement la botte italienne des troupes d’occupation allemande, le jeune Francesco peut gagner Rome à bord d’un camion américain et venir terminer ses études au petit séminaire du Vatican. Francesco prend l’habit assomptionniste à Florence le 5 janvier 1946, fait son noviciat sous l’égide du P. Ferréol et prononce ses premiers vœux le 6 janvier 1947. Il retourne alors à Rome pour suivre les cours de philosophie et de théologie à l’Angelicum. Il est ordonné prêtre le 10 février 1952. Une lettre d’obédience du Provincial de Lyon, le P. Marie- Germain Filliol, l’envoie sur les bords occidentaux du Lac Majeur où s’est ouverte l’année précédente l’alumnat Santa Maria Assunta à Cannero.

Le cœur et l’âme de Cannero pendant 44 ans.

Le P. Francesco commence par enseigner les mathématiques. Nommé économe de la maison en 1955, il le reste plus ou moins toute sa vie, liant son destin à cette belle résidence, à flanc de colline, peu à peu transformée et embellie comme un balcon au-dessus du lac. En 1965, il devient préfet spirituel,

gagnant la confiance des jeunes qui habitent la maison. De 1967 à 1982, il est tour à tour supérieur et économe, alternant ces charges pour le bien de la petite communauté locale. De 1970 à 1982, il est nommé également premier assistant régional, le bras droit de son ami le P. Gioacchino. Lorsqu’il meurt en décembre 1996, il est encore supérieur et conseiller régional d’Italie: homme actif, toujours souriant, bâtisseur, curé d’Oggiogno, organisateur de l’accueil sur place, aussi bien cuisinier, expéditeur de conteneurs à la mission du Zaïre en collaboration avec l’Association des amis du P. Giuliano (Riccadonnal), bénévole pour tous les services qui lui sont demandés, le P. Francesco n’a que des amis, ayant fait un bien immense sur place et ayant aidé beaucoup de personnes à en faire au loin. Souffrant d’une leucémie, il lutte avec courage contre une maladie implacable, soumis à de continuelles transfusions, hospitalisé à Pavie et Pallanza-Verbania. Il a la joie en octobre 1996 de participer à l’ordination d’un de ses anciens élèves, le P. Celeste Pianezze à Florence. Son état se complique d’une phlébite et d’un blocage rénal. Il est autorisé à fêter Noël à Cannero à la condition de rentrer le surlendemain à Pallanza. Quatre jours plus tard, le 31 décembre, il meurt à cet hôpital. Les obsèques sont célébrées sur place, présidées par l’évêque de Novare, entouré de nombreux curés de la région et des religieux assomptionnistes qui ont pu faire le déplacement à cette période. Le P. Patrick Zago se fait l’écho des sentiments de tout en rappelant: « Le P. Francesco est aimé de tous ceux qu’il a rencontrés un jour. Beaucoup parmi nous dans la Province de France sont venus à Cannero et ont été séduits par son accueil, sa disponibilité, son amitié. Depuis qu’il était malade, il a dû réduire ses activités qu’il aime beaucoup. Et dans la discrétion et la simplicité, il vit à sa manière la Passion du Christ. Une telle affection fraternelle fait que non seulement on apprécie le paysage mais que l’on se sent bien à Cannero. Merci, P. Francesco ». Des traits caractéristiques de la personnalité humaine et religieuse du P. Francesco, on souligne son sens de l’Église locale, sa profonde gratitude envers les bienfaiteurs qui ont contribué à édifier l’alumnat de Cannero, son accueil fraternel toujours soutenu et son engagement à soutenir la mission du Zaïre.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Assomption France, Nécrologie 1996, p. 382-384. Documents Assomption, Nécrologe (VII) 1996-1997, p. 56-58. Les ARC gardent six lettres du P. Francesco, écrites de 1944 à 1960. Lettre à la Famille 1952, n° 132, p. 30-32.