Francis (Charles) LAPERRIERE – 1893-1948

Maranville, 1939.
« Le P. Francis est plus spécialement chargé du sanctuaire de Saint-Joseph
ainsi que d’une Archiconfrérie qui a son siège à Maranville. Pour assurer
le rayonnement du sanctuaire, le P. Francis rédige une aimable revue, La
Gerbe de Saint-Joseph, qui recrute ses lecteurs aux quatre coins de la
France. Si Maranville est une solitude propice à la retraite saint Bernard
qui affectionnait 1es belles régions solitaires, fonda Clairvaux à six km
de 1à cependant cette retraite s’anime à certains grands jours de
pèlerinage, tant et si bien que, ces jours-là, le sanctuaire du P. Francis
devient trop étroit pour contenir les foules accourues en pèlerinage à
Saint-Joseph de Maranville. Alors, des processions se déroulent à travers
le parc somptueux; et, tandis que les routiers de Chaumont assurent l’ordre
et réglementent la circulation, les pèlerins dociles et recueillis chantent
des cantiques à la louange de saint Joseph. Puis, sous le dôme verdoyant
d’un rond point, on organise le chant des Vêpres qui sont suivis d’un Salut
en plein air. Le P. Francis qui a gardé sa voix harmonieuse, dirige 1es
chants de sa chorale
».
Le Petit Alumniste, 1939, n°
602, p. 7-8.

Religieux de la Province de Lyon.

Curriculum vitae.

Charles-Francis-Auguste Laperrière naît le 21 novembre 1893 à Bellecombe dans le massif des Bauges (Savoie). Après ses classes primaires à l’école du village (1899-1905), il connaît la vie de l’alumnat à Miribel-les-Echelles (Isère), de 1905 à 1912. Le 6 octobre 1912, il prend l’habit au noviciat de Limpertsberg au Luxembourg, sous le nom de Frère Francis, son deuxième prénom de baptême. Bloqué derrière les lignes allemandes, le noviciat de Limpertsberg transforme les novices en ouvriers de ferme pour assurer leur survie. Le Frère Francis, profès le 7 octobre 1913, prononce ses v?ux perpétuels le 11 avril 1915. Il conduit de front ses études de philosophie sur place tant bien que mal (1915-1917) avant de pouvoir les compléter à Louvain en Belgique (1917-1918). Après six mois de vie à la caserne (Chambéry) en 1919, le Frère Francis peut entreprendre alors ses études de théologie (1919-1923) au terme desquelles il est ordonné prêtre à Louvain, le 5 août 1923. Sa première obédience lui assigne le collège Saint- Augustin de Philippopoli-Plovdiv en Bulgarie (1923-1931) où il enseigne notamment le dessin. De Plovdiv, il passe ensuite à Koum-Kapou à Istanbul (1931-1932), puis à Yamboli (1932-1937). En 1937, il revient en France pour assurer le service du sanctuaire de Maranville (Haute-Marne). Il y écrit le 13 juillet 1938: « Les Pères se portent bien (1) malgré l’abondance des occupations et des soucis. Le P. Claudien [Brunel] a dû vous parler de nous et vous décrire un peu Maranville. Les prêtres commencent à affluer, retraités et villégiaturants. Les séminaristes, à la fin du mois, vont nous occuper tout un bâtiment. De demain, 14, jusqu’au 17, retraite jociste. Nous attendons le P. Martin Jugie annoncé ».

Des années difficiles.

Ces belles années sont de peu de durée. En 1940, à la pleine force de l’ âge, le P. Francis est frappé de paralysie. Il n’a que 47 ans et, depuis lors, il vit à Lorgues (Var), perdant au fil des années ce qui lui reste de facultés. Incapable de se déplacer lui-même, même avec sa petite voiture de malade, il perd aussi l’usage des mains et s’exprime de plus en plus difficilement. Depuis 1946, il doit vivre constamment alité et être soigné comme un enfant. Il se rend compte de son état et en souffre cruellement dans cette situation de dépendance totale, surtout lorsqu’il ne peut se faire comprendre des visiteurs de passage. Chaque jour ses confrères lui portent la communion. Il peut même, grâce au dévouement de son infirmier, le P. Christo Duelibi, célébrer une fois par semaine l’Eucharistie, assis sur fauteuil pivotant, à l’autel de la tribune. En juillet 1948, son état de santé s’aggrave. Il tombe le plus souvent dans un demi-coma. Administré le 8 juin sans qu’il puisse manifester s’il comprend ce qui se passe, il meurt en dormant, apparemment sans souffrances, le 10 juin 1948, à peine âgé de 55 ans. Il est inhumé au cimetière de la ville de Lorgues. La chapelle-caveau qui est en construction dans la propriété de la communauté, n’est pas encore, à cette date, terminée. Elle comprend 72 loculi, chiffre impressionnant qui, cependant, sera assez vite atteint du fait de l’affluence à Lorgues des malades des différentes provinces de la Congrégation. Chanac (Lozère), Layrac (Lot-et- Garonne) et Saint-Sigismond (Savoie) ne prennent en relais la maison de Lorgues, pour le soin des religieux âgés ou malades, qu’après la fermeture des alumnats et maisons d’études, vers les années 1970.

(1) En 1938, la communauté de Maranville compte quatre religieux: les PP. Hildebert Bois, Désiré Chauvet, Thierry Morelle et Francis Laperrière.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Famille, 1948, n° 54, p. 64. Dans les ACR, du P. Francis Laperrière, correspondances (1928-1939).