Francis (Georges) LAFONTAINE – 1924-1969

La mort d’un adolescent ,
1966.

« Pourquoi le Seigneur l’a-t-il repris au seuil de la vie? Pourquoi a-t-il
permis sa souffrance et la nôtre? La réponse à ces questions, je l’ai
trouvée chez Christian
[Rosenwick] lui même, lui qui a été fortifié par le sacrement de
Confirmation et le sacrement des malades pour affronter l’épreuve du
Calvaire. Oui! Christian a
fermé les yeux, mais c’est pour les rouvrir aussitôt sur un
autre monde plus beau et plus stable…

Car, je n’en doute pas, Christian est au ciel. Ce n’est plus nous, ses
parents, ses éducateurs, qui le guiderons, c’est lui qui nous conduira, qui
nous apprendra à distinguer l’absolu du relatif, l’essentiel
de l’accessoire, le nécessaire du futile et à trouver l’unique nécessaire,
le Christ…

Nous redisons avec saint Augustin:’Comment croire morts ceux qui sont
toujours vivants dans nos coeurs!’ ».

P. Francis, homélie prononcée lors des funérailles de Christian Rosenwick,
décédé en 1966 à l’âge de 13 ans.

Religieux de la Province de Belgique-Sud.

Membre créateur du collège Saint-Michel.

Né à Vance en Belgique (Province du Luxembourg), le 9 février 1924, Georges Lafontaine fait ses études secondaire à l’alumnat de Bure (1938-1942), puis à Sart-les-Moines (1942-1944). Il entre dans la famille de l’Assomption au noviciat de Taintegnies, le 24 septembre 1944. Il reçoit le nom de Frère Francis et prononce ses premiers v?ux, le 25 septembre 1945. Il étudie la philosophie au scolasticat de Saint-Gérard (1945-1948) et la théologie à Halle. Profès perpétuel le 25 septembre 1948, il est ordonné prêtre le 27 avril 1952 à Halle. Ses supérieurs l’envoient à la faculté de théologie de Louvain, mais les séquelles d’un accident de la route le forcent à suspendre momentanément ses études universitaires. Ce concours de circonstances le fait entrer dans des perspectives inconnues de lui et bien mystérieuses. En effet, venu au Chapois, à Gosselies, pour un séjour provisoire, il va confondre le reste de ses jours avec la fondation du collège Saint-Michel. De 1953 à 1955, de concert avec la famille du baron Michel Drion du Chapois, avec l’abbé Gilles, de l’abbé Romedenne, doyen de Gosselies et de Jumet, avec l’appui bienveillant de diverses personnalités de la région, il prépare le lancement de ce collège. Nommé supérieur de la communauté et préfet des études à partir de 1953, le P. Francis est conduit à ne plus assumer qu’une seule charge, mais dévorante, celle de la direction de ce collège en pleine extension. De 1961 à 1967, on peut dire que le P. Francis s’identifie totalement à la vie du collège.

Stoppé par la maladie.

Au mois de juillet 1967, alors que le P. Francis séjourne dans sa famille, sa mère, Mme Lucie née Jacques, éprouve une inquiétude toute maternelle au sujet de la santé de son fils.

Un changement s’opère en lui qu’elle n’arrive pas à définir mais qui alerte sa sollicitude et son c?ur. Au fil des semaines, son souci augmente et le 8 décembre, elle décide de commencer une neuvaine à l’intention de son fils. Le P. Francis éprouve en effet de graves troubles de la vue qui le gênent beaucoup. Une consultation chez un oculiste conduit à une phase d’observation à la clinique Saint-Raphaël de Louvain. Une intervention chirurgicale est tentée le 23 décembre. Le verdict est sombre: la maladie dont souffre le P. Francis est irréversible, c’est un cancer exigeant un traitement par rayons. Le P. Francis est relayé au collège Saint-Michel par un directeur-adjoint. Le 4 avril 1968, il doit s’éloigner de ce qui a été le centre de sa vie et de son action. Il se repose sur les bords du lac Majeur à Cannero. A la rentrée scolaire en septembre 1968, un petit espoir subsiste. Le 30 décembre 1968, nouvelle alerte: une forte poussée artérielle et une hémorragie conduisent de nouveau le P. Francis en clinique, à Gosselies. D’autres symptômes se font jour. L’appétit diminue, la lucidité du patient connaît des éclipses, signe d’une atteinte cérébrale progressive. Aux vacances de Pâques 1969, le P. Garbar conduit le P. Francis en famille, à Vance, selon son désir. En mai il est hospitalisé à la clinique Notre- Dame de Grâce, à Gosselies. Il y meurt au matin du samedi 7 juin 1969, dans sa 46ème année. Les funérailles sont organisées sur place, à Gosselies, le 10 juin. Le corps du P. Francis est inhumé au cimetière de Vance, dans le caveau familial.

Témoignage.

Soucieux à l’extrême de la qualité de l’enseignement, profondément heureux des nombreux succès universitaires récoltés par ses chers anciens, le P. Francis visait essentiellement à nantir l’élève d’un bagage moral et scientifique qui lui permettrait d’imposer sa personnalité dans n’importe quelle place ou fonction, dans tous les milieux sociaux. Intellectuel racé, il puisait cependant dans ses origines paysannes le sens profond des réalités, le goût mesuré du risque, le courage des décisions. Jamais il n’isola un élève de son milieu social. Le comité des parents apprécia sa force de caractère, son sens de la mesure, son goût profond du contact humain, son grand respect des convictions d’autrui, sa fidélité aux amis, la délicatesse de ses sentiments et la noblesse de ses scrupules. Le semeur infatigable a été enlevé à l’heure où se levaient les plus belles moissons.?

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. novembre 1970, p. 149.’ Belgique-Sud Assomption, avril 1969, no 38, p. 1210; juillet 1969, no 39, p. 130 (numéro spécial). Relais, collège Saint-Michel de Gosselies, 1969, no 2, P. 1-30. Du P. Francis Lafontaine, rapports sur Gosselies (1955-1960), correspondances (1944-1960).