Francois BONNEFOY – 1842-1910

Un patronyme puissant.

«Je vous remercie bien cordialement, mon bien cher Père Galabert, de vos
vœux de bonne fête et surtout de vos ferventes prières que vous
avez bien voulu adresser à mon Saint Patron en cette
occasion. Je vous dirai qu’avec tous ces marmots (qui dans ce moment-ci
sont assez nombreux, 90 et plus), j’ai
bien besoin de sa protection pour qu’il m’obtienne le courage et l’énergie
nécessaires pour remplir mes devoirs avec fidélité et persévérance, mais
j’ai la ferme confiance que ce
secours ne me fera pas défaut. Les nouvelles politiques de Plovdiv ne sont
pas très claires dans ce moment-ci, les
affaires sont un peu dans l’ombre. L’organisation de la Roumélie orientale
va très lentement: d’après les ouï-dire, les délégués travaillent
toujours beaucoup pour cela, mais les difficultés ne manquent pas. Le
colonel Vitalis espère toujours être nommé chef de la milice et de la
gendarmerie, il fait tous ses efforts pour cela. Les Bulgares paraissent
enchantés de lui, nous verrons ce qui arrivera. Adieu, continuez-moi
toujours le secours de vos prières. Mes respects aux PP. Jean et Louis et
tutti quanti … ».

Fr. François de Sales
Bonnefoy, 31.01.1879
Philippopolis.

Religieux français.

Un cousin tarin de Frère Benjamin.

Le parcours humain et religieux ressemble comme une goutte d’eau à celui de son cousin. Il est fort bien résumé dans la formule de profession du Fr. François de Sales, prononcée le 24 juin 1871: « En ce jour, 24 juin 1871, pendant le St sacrifice de la Messe célébré clans la petite chapelle de notre maison Si André de l’Assomption à Philippopolis (sic) et du consentement préalable du R.P. Emmanuel d’Alzon notre Supérieur Général, entre les mains du P. Galabert Supé,rieur de notre Mission de Bulgarie, la profession perpétuelle des trois vœux simples de chasteté, pauvreté et obéissance et la promesse de vivre en état de frère convers selon les Règles et les Constitutions des Augustins de l’Assomption ont été faites par le frère François de Sales Marie Bonnefoy, fils légitime de joseph Bonnefoy et de Marie Claudine Sollier, né et baptisé à Saint- Jean de Belleville, diocèse de Tarentaise en Savoie le 7 avril 1842: admis, au noviciat en octobre 1863 par le P. Picard supérieur de notre maison de Paris, envoyé ensuit e en Mission à Philippopolis (sic) où il est arrivé le dimanche de la Pentecôte 4 juin 1865; le dit frère avait prononcé entre les mains du même Père Galabert dans la même chapelle les premiers vœux de trois ans le 29 janvier 1867. Etaient présents à la dite cérémonie et ont signé le P. Galabert supérieur de la mission, le P. Alexandre Chilier Directeur de l’école de Si André, le frère Jacques Chilier et le dit frère François de Sales Bonnefoy ».

Suite d’un parcours en Orient.

De 1871 à 1876 le Fr. François de Sales est attaché aux œuvres d’Andrinople et de Karagatch, banlieue aux portes de la ville. Les Assomptionnistes y développent école et orphelinat.

Puis à nouveau il revient à Philippopoli-Plovdiv (1876-1889) pour enseigner à l’école Saint André. Il est en 1878 le témoin très impassible de la guerre russo-turque et de la libération de la Bulgarie ainsi que plus tard, en 1885, de l’union de la Roumélie orientale à la Bulgarie. Ne croyons pas cependant qu’il n’observe pas les subtilités et les mystères de l’Orient, il écrit en effet au P. Galabert: « Le mariage de M. Staizenberg avec Mlle Vernazza aura lieu dimanche prochain (février 1879),- seulement tous les cadeaux de noce et objets de toilette ont disparu en route. La caisse qui contenait ces objets est arrivée vide, ce qui met ces gens dans un grand embarras ». En 1889, la mission de Yamboi (Bulgarie) vient d’être fondée, on y envoie le Fr. François de Sales jusqu’en 1897. C’est à cette date qu’il revient définitivement à sa chère maison de Saint André à Plovdiv qu’il ne va plus quitter, sauf une apparition à Odessa en 1905 en compagnie du P. Auguste Maniglier et une courte villégiature à Phanaraki (Turquie) en 1909.

Une mort très douce.

Réduit à l’inactivité les dernières années de sa vieillesse, le Fr. François depuis 1909 ne veut être à charge à personne. Il se suffit à lui-même, réserve ses forces pour aller deux fois par jour à la chapelle. Le 16 août 1910 il est victime d’une attaque cérébrale qui le laisse sans mouvement. Il s’endort dans la paix des justes, à 68 ans accomplis, le vendredi 26 août 1910, accompagné par la prière de 30 confrères qui font en ce moment leur retraite annuelle, sous la direction des Pères Ernest Baudouy et Félicien Vandenkoornhuyse. Fr. François a donc ainsi vécu 43 ans en Orient, au service de la mission bulgare, dans une forme de vie très humble et assez- obscure. Le Fr. François de Sales, témoin des origines de la mission à Plovdiv, a vécu le changement de 1885 où l’Assomption établit le collège Saint-Augustin sur les bords de la Maritza, venant prendre en relais la petite école de Saint-André.

(1) A noter que l’orthographe ancienne de la ville de Plovdiv est variable selon les documents et les épistoliers: Philippopoli, Philippopolis, Philippopel, Filibeth (turc) et Plovdiv (bulgare) dont la transcription ancienne est aussi Plowdiw.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettres d’Alzon, t. XIII (1996), p. 436. L’Assomption 1910, n° 166, p. 149-151. Missions des Augustins de l’Assomption, 1910, p. 174. F.M. Hudry, Saint-Jean-de-Belleville, Ses prêtres et ses religieux, dans collection Tarentasia Christiana, 7/93 (1993), p. 17. Lettre du Fr. François de Sales au P. Galabert, 31 janvier 1879. Formule de profession 24 juin 1871. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy.