François de S. (J.-L.-T.) PRUDHOMMEAUX – 1877-1942

Chanac, 1937.
« L’Assomption a toujours voulu garder des traditions familiales et
regarder comme devoirs les usages qui tendent à resserrer les liens qui
unissent ses membres, c’est la raison de l’échange des vœux, souhaits,
prières, souvenirs, étrennes à l’occasion du renouvellement de l’année
liturgique. C’est pourquoi un pauvre petit économe entré depuis peu dans la
section des sexagénaires, et donc redevenu enfant à certains égards, vient
vous offrir ses respectueux hommages, l’assurance de son filial dévouement
et les vœux
ardent qu’il dépose aux pieds de Jésus-Hostie et de la Vierge Immaculée
pour solliciter les plus grands bienfaits spirituels
et temporels. Les charges nous écrasent tous de plus en plus, vous le savez
par expérience, mais une oeuvre placée dans notre situation souffre
davantage quand diminuent
ses moyens d’action. Le nouvel évêque n’agrée pas l’édition d’un bulletin
sur
lequel nous fondions quelques espérances. Notre confiance en la Providence
demeure, mais ‘aide-toi et le ciel t’aidera’. Nos charges augmentent sans
contrepartie, il nous faut recourir à votre libéralité ».
P. François de Sales.

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de Paris. Curriculum vitae sommaire. Né le 29 octobre 1877 à Reims (Marne), Joseph- Léon-Théophile Prudhommeaux fait ses études secondaires au pensionnat des Frères des Ecoles Chrétiennes, rue de Venise à Reims (18841896). Ayant obtenu un baccalauréat ès-sciences, il travaille quelque temps dans un bureau et un magasin de la famille, puis accomplit un temps de service militaire à Reims (1898-1899). Il entre à l’Assomption, après avoir songé à une vie de trappiste. Un pèlerinage à Jérusalem lui fait croiser la route de l’Assomption où il veut s’engager. Après un temps de postulat à Gemert (Pays-Bas), il prend l’habit religieux, le 30 novembre 1901, à Louvain, sous le nom de Frère François de Sales. Il prononce ses premiers vœux le 25 décembre 1902, et ses vœux perpétuels le 8 décembre 1903. Il passe immédiatement au régime des études à Louvain (1903-1908). Il est ordonné prêtre le 19 juillet 1908 par Mgr Legralve. Jeune prêtre, il est d’abord affecté à la maison de la Bonne Presse à Paris (1908-1909). De 1909 à 1914, il est économe au collège de Nîmes (Gard). Il est mobilisé pendant toute la durée de la première guerre mondiale, de 1914 à 1919. Il est affecté à divers établissements hospitaliers de Reims et de Châlons en Champagne, avant d’être versé dans l’armée d’Orient, à Salonique. Il revient très vîte comme aumônier de l’hôpital maritime à Saint- Mandrier (Var). Il peut, à l’issue de la guerre, reprendre son poste d’économe à Nîmes, de 1919 à 1926, puis il est envoyé à l’alumnat de Saint-Maur (Maine-et-Loire) pendant une année, 1926-1927. Ayant été affecté au collège de Sens (Yonne), de 1927 à 1932 où il est professeur de sciences. Il passe ensuite à la communauté de Lille (Nord) de 1932 à 1935. Chanac (Lozère) est sa dernière résidence où il rend le service de l’économat (1935- 1942). A.A Il y meurt le 29 juillet 1942 et il y est inhumé. Evocation croisée de deux confrères, le P. Prudhommeaux et le P. Causse. « Depuis son arrivée au collège de Nîmes en 1909, les circonstances semblent avoir tout disposé à faire croire que le P. François de Sales a lié ses destinées à celles du Père Causse qui, lui, a servi le collège de Nîmes de 1897 à 1925. C’est pourquoi les souvenirs des PP..Prudhonuneaux et Causse sont inséparables et, en rappelant l’un au souvenir des Anciens de la maison, il est nécessaire de parler de l’autre. Le P. François de Sales fut pendant presque 20 ans le bras droit du P. Causse à l’économat. Le P. Causse dut quitter le collège historique de l’avenue Feuchères et aménager la transition au second collège, Boulevard de la République, où le trouve le P. François de Sales, sur les bords riants de La Fontaine. Ce n’est pas sur leurs lèvres que l’on aurait entendu des plaintes, sur l’air du psalmiste exilé: ‘Super flumina Babylonis’. On cache sa colère en chantant le Filia Babylonis misera: beatus qui retribuet et allidet parvulos tuos, Leur cœur est trop charitable et trop doux pour se laisser aller à maudire les ennemis. Au cours de ses longues et souriantes conversations dont tout le monde lui reconnaît le talent, le P. François de Sales sait calmer les sourdes tempêtes qui grondent au fond du cœur de son confrère, agité de tous ces sages bouillonnements de notre cher Midi et qui sans cela auraient explosé peut-être en un véhément Beatus qui allidet. S’il accrocha quelque chose dans la terre d’exil ‘in salicibus suspendimus organa’, peut-être les Quatre minables acacias qui achevaient de déparer, de leur tronc sans verdure, le recoin exigu qu’on appelait la cour, ce fut son cœur, car il aima toujours profondément le collège. Le P. François de Sales le quitta en 1926 pour aller rejoindre peu de temps après son confrère à Sens. La séparation ne dura que jusqu’en 1931. L’un alla à Perpignan, l’autre porta au Nord le sourire du Midi. Tous deux se rejoignent enfin à Chanac pour se dévouer à la même oeuvre. C’est avec plaisir que le P. François de Sales visita récemment le nouveau collège, route d’Arles ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation-‘ Nouvelles de la Famille occupée, août 1942, n° 8, p. 29. Maison de l’Assomption (Nîmes), avril 1935, n° 6, p. 26-27. Lettre du P. François de Sales Prudhommeaux au P. Gervais Quenard, Chanac, 26 novembre 1937. Dans les ACR, du P. François de Sales Prudhommeaux, correspondances (1906-1941). Notices Biographiques