Francois (Joseph) DION – 1926-1986

Changement de vie.
« Ma santé ne me permettant plus de retourner en mission, avec le peu de
considérations antérieures pour mon travail manuel et étant donné aussi le
peu de considérations antérieure pour ma personne, j’ai décidé de pas
retourner en mission au Zaïre et de mettre au service de l’évêché, en
entreprenant une formation pour le ministère et l’ordination sacerdotale.
C’est pourquoi je vous envoie cette demande de sécularisation.
Mes contacts avec l’évêché de Namur et avec l’évêque lui- même sont très
favorables. Le P. Provincial [Pierre Charon] est aussi en possession de ces
papiers. Je n’ai donc jamais pensé à me retirer du régime de mes vœux,
c’est ainsi d’ailleurs que l’évêque de Namur m’a conseillé de f aire cette
demande ».
Fr. François Dion au P. Hervé
Stéphan, Conrad, le 7.01.1983.
«Tout bien considéré, Mgr. estime que vous n’êtes pas fait pour le diaconat
permanent ou pour le sacerdoce ministériel. Il insiste pour que, dépassant
vos appréhensions, vous rejoigniez votre Congrégation où vos confrères vous
attendent et où vous pourrez rendre des services dans la ligne de l’appel
que vous avez suivi depuis plus de

Francois (Joseph) DION

1926-1986

Religieux de la Province de Belgique-Sud, en mission au Congo.

Des débuts laborieux.

Joseph Dion est né à Vresse-sur-Semois (Belgique), le 24 août 1926, dans une famille de petits agriculteurs. Il commence ses études primaires à Dinant chez les Frères du Sacré-Cœur, puis ses études secondaires au séminaire de Bastogne, dans les Ardennes. Il les poursuit à Bure, mais doit les arrêter à Sart-les- Moines. Sous le nom de Frère François, il fait un premier essai de noviciat à Taintegnies en octobre 1946, mais au bout de l’année canonique il demande à se retirer et à rentrer en famille (août 1947). De février 1949 à janvier 1950, François, redevenu Joseph, accomplit son temps de service militaire. Il renouvelle sa demande de noviciat en 1950. Le P. Stéphane Lowet, Provincial de Belgique, l’admet à la prise d’habit le 18 mars 1950. Le Frère François prononce ses premiers vœux à Taintegnies le 19 mars 1951. En 1952 il est envoyé à la mission du Congo où il prononce ses vœux perpétuels le 19 mars 1954 entre les mains du P. Martial Ronvaux « toujours bien impressionné par ce religieux d’une réelle piété, sérieux et très régulier ».

Au Congo.

Le Frère François Dion va passer une trentaine d’années au Congo. On sait qu’il réside 3 années à Mbingi où il s’occupe principalement d’élevage. En 1959, son poste est Musienene, au service de l’école technique. En 1970, il se rend pour cinq ans à Lubango pour un élevage. Et à partir de 1976, il travaille au collège pendant 6 ans pour organiser la boucherie et les salaisons. « Quand il est à Lubango, en l’absence de son seul compagnon religieux, prêtre parti en congé, un autre religieux fait une longue route le samedi-dimanche pour venir passer la fin de la semaine en sa compagnie.

Une fois, en 197-5, pendant la nuit, ce compagnon doccasion [P. Marc Champion] est pris de douleurs anormales, ainsi que le Frère François. N’en laissant rien paraître le dimanche pendant les offices religieux, le P. Marc attend le lundi pour reprendre le volant et regagner sa base. Une Sœur l’accompagne. Bien lui en prend, car le Père, fatigué et dérangé pendant trois jours, s’endort au volant et c’est le cri de la religieuse qui évite la catastrophe. A tort sans doute, les gens de la mission prétendent que c’est le cuisinier qui a voulu empoisonner le Père Marc et le Frère François. Ce pauvre .homme, assez peu commode il est vrai, doit partir et les deux religieux commencent un traitement énergique, prescrit par le médecin de Kyondo, pour retrouver la santé ». Ce qui caractérise la présence du Frère François au Congo, c’est avant tout son grand respect pour les personnes et son amitié pour le peuple autochtone. Il aime converser avec tous. Dans les différentes paroisses et communautés où il se trouve, il aime participer au culte. Arrivé tôt le matin à l’église, il veille à ce que tout soit en ordre et propre. Il prend une part active au bon déroulement des offices. Il porte un grand amour filial à la Vierge.

En recherche d’une nouvelle forme de vie donnée.

Le Frère François rentre en Belgique en octobre 1982. Il souhaite trouver une fonction qui puisse le valoriser, après ce temps de la mission où il a rendu de grands services. Dans le désarroi du changement, il commence des démarches pour se faire incardiner dans le diocèse de Namur, mais sans succès. Après un temps de repos à Saint-Gérard, il est rattaché à la maison de Bure et travaille à Messancy, au service du doyen qui est un ancien de Bure (1983-1986). Il apporte une aide matérielle aux personnes âgées et malades, aide à la préparation des offices pour lesquels il prend toujours du goût et accompagne les jeunes du patronage. C’est au printemps de 1986 qu’il entre en communauté à Bure. Il se sent vite essoufflé, fatigué. Il aide cependant à des travaux de peinture dans la maison. Le 20 septembre 1986, à 2 h. du matin, il est surpris par un infarctus foudroyant. Il meurt douze heures après, à la clinique de Libramont. Les obsèques sont célébrées à en l’église paroissiale de Bure le mercredi 24 septembre. Le Frère François est inhumé à Orchimont, pays de sa sœur mariée, Mme Divoy-Dion.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (III) 1984-1986, p. 136-137. Marc Champion, Province du Zaïre, Religieux défunts (1929-1994) Butembo, 1994, p.69-70. Belgique-Sud-Assomption, mai-décembre 1986, n° 173 spécial, 5 pages. Dossier personnel de François Dion (correspondances 1982-1983). Lettre de François Dion, Mutwanga, 22. 02. 1954. Lettre de M. Didier, président du Grand Séminaire de Namur, 17 janvier 1983. Notices Biographiques