Francois-Marie LE ROUX – 1917-1995

Cavalerie, 1962.
Vous avez laissé entendre, lors de votre rapide passage parmi nous, au mois
de juillet
[1962], que la formule d’alumnat était périmée, qu’il était temps de penser
autrement le problème, qu’il fallait songer à travailler en commun avec
d’autres congrégations s?urs et qu’il ne fallait donc pas investir des
sommes importantes dans le rajeunissement de Cavalerie. J’ai au moins deux
objections
à cela: d’abord notre pourcentage de persévérance est tel, en ce moment,
depuis la 6ème, qu’il nous faut 300 alumnistes répartis sur 6 ans pour une
option de 10 ou 11 au postulat. Ici n’intervient pas la crise de Lormoy.
N’est-ce pas impossible de se grouper davantage puisque nous devons élargir
notre base pour arriver à un sommet modeste’? Il ne faut pas s’étonner des
abandons en cours de courte: multi vocati, pauci electi.
Notre époque se caractérise par un genre d’honnêteté où l’égoïsme et la
faiblesse ne sont pas absents. On préfère dire non quand on pense que ce
n’est pas sa voie alors que notre génération s’entêtait davantage. Il y a
aussi une tentation pantamorphe: facilité, sensualité, liberté. Je ne pense
pas en plus qu’il faille marier nos misères à
celles des autres congrégations
».

Religieux de la Province de France.

Jeunesse et formation.

François-Marie Le Roux est né à La Forest- Landerneau (Finistère), le 30 juin 1917. Il est baptisé le jour même. Après ses études au collège de Lesneven, de 1928 à 1932, à l’alumnat de Saint- Maur (Maine-et-Loire), de 1932 à 1933, et à celui de Melle (Deux-Sèvres), de 1933 à 1935, il prend l’habit à Pont-l’Abbé-d’Arnoult (Charente- Maritime), le 29 septembre 1935. Il fait profession le 29 mars 1937. Il accomplit une année d’étude complémentaire à Layrac (Lot-et-Garonne), de 1937 à 1938. Puis ce sont les années d’étude de la philosophie à Scy-Chazelles (Moselle), de 1938 à 1940 et les années d’étude de la théologie à Lormoy (Essonne) où il prononce ses v?ux perpétuels le 25 décembre 1941. Ce sont aussi les années de guerre: le Frère François appartient à ‘la célèbre équipe’ qui, en cette période de pénurie alimentaire, cultive la terre aride et mai fumée du parc à l’aide de Brutus et de Treuil-seul pour en arracher de maigres légumes et améliorer le menu frugal de la centaine d’étudiants. L’équipe parcourt aussi la Beauce et le Hurepoix pour fournir le blé cuit qui constitue chaque matin un solide petit déjeuner. Il faut concilier le cours des études avec ces occupations de première nécessité, ce qui effraie le bon Père Siméon Vailhé: « Tracteur, moteur, je ne fais pas mes cours sur les routes! ». Le P. François est ordonné prêtre à Lormoy, le 18 juin 1944.

Un parcours varié. Une forte mobilité.

Le P. François est successivement mobilisé au service de l’armée américaine dans l’Ouest (1944- 1945), professeur à l’alumnat de Cahuzac dans le Gers (1945-1946), professeur de troisième à l’alumnat de Cavalerie en Dordogne (1946-1948),

vicaire à la paroisse de la Genette à La Rochelle en Charente-Maritime (1948-1950), professeur de troisième à l’école Sainte-Barbe de Toulouse en Haute-Garonne (1950-1952), professeur à l’école Saint-Caprais d’Agen dans le Lot-et-Garonne, de 1952 à 1961, tout en poursuivant des études supérieures de Lettres classiques, supérieur à l’alumnat de Cavalerie de 1961 à 1964. De 1964 à 1976, il revient à Saint-Caprais d’Agen où il est directeur et supérieur jusqu’en 1973: il assume cette charge avec compétence et dévouement. Il la tient en haute considération, tant au plan de la direction d’un établissement qui, à J’époque, ne manque pas de problèmes, que dans sa responsabilité de supérieur d’une équipe communautaire dont quelques membres ne sont pas très malléables, selon le témoignage du P. Henri Guillemin, Provincial de Bordeaux. De 1976 à 1977, le P. François réside à la communauté de la rue Michelet à Agen. De 1977 à 1986, il est curé de Notre-Dame de Salut à Bordeaux (Gironde) et supérieur de 1979 à 1985. En 1986, il est nommé économe de la communauté de la rue François 1er à Paris, en remplacement du P. Pierre Anglart. Il le reste jusqu’en 1990, date à laquelle il arrive à la nouvelle communauté de Vincennes (Val-de-Marne). Mais son état de santé décline rapidement: en 1993, il est dirigé sur la maison de repos de Layrac. Arrivé en février 1993, il y décède 25 mois plus tard, le 1er mars 1995, au soir du mercredi des Cendres. Il est inhumé le 4 mars suivant au cimetière de Layrac, dans le caveau de l’Assomption.

Personnalité.

La vitalité du P. François Le Roux se dépensa dans ces nombreux postes et responsabilités, mais aussi, selon les époques, dans l’aumônerie et les camps de jeunes, l’aumônerie régionale du mouvement Le Noël dans le Sud-Ouest, l’animation du national à Lourdes, l’accompagnement de pèlerinages et de croisières, du Proche-Orient jusqu’aux Antilles. S’y ajoutait une capacité d’amplification devenue proverbiale. N’avait-il pas, avant 1980, chanté l’Exultet plus de cent cinquante fois?

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (VI) 1994-1995, p. 68-69. Assomption-France, Nécrologie année 1995, p. 303-305. Lettre du P. François Le Roux au P. Wilfrid Dufault, Cavalerie, 19 septembre 1962. Dans les ACR, du P. François Le Roux, rapport sur les (Euvres de l’Assomption (1964), rapports sur Prigonrieux-Cavalerie (1961-1964), sur Saint-Caprais (1966), quelques correspondances (1936-1964). Le P. Français Le Roux a écrit quelques articles dans la revue de Cavalerie, Lilium, (1961-1966).