Francois PICARD – 1831-1903

Paris, 4 avril 1900.
« Voilà bien longtemps que je vous ai écrit. Croyez pourtant que je ne vous
oublie pas, que je prie pour vous et pour tous nos chers enfants et que je
compte sur eux dans les douloureuses épreuves que nous traversons. Les
perquisitions et les procès ont fortement éprouvé notre chère Congrégation,
mais d’autres épreuves l’attendent encore. Nous préparons en ce moment la
dispersion de nos religieux
de Paris et de Livry. On prétend que cette dispersion sera de courte durée,
mais il n’est pas moins nécessaire de tout prévoir et de mettre à l’abri
nos chers novices. La Croix traverse une crise douloureuse. Le pape me
demande de retirer du journal tous nos religieux. L’obéissance répond à
cette demande, car en toutes choses nous sommes des enfants qui aiment leur
père et le béniront, car il sait mieux que nous ce qui convient et sa
volonté est pour nous la volonté du bon Dieu. Un de nos amis, M. Paul
Féron-Vrau, veut bien se charger de l’œuvre de la Bonne Presse et en
devient le soutien. Remercions le bon Dieu de nous avoir ménagé un si
précieux dévouement. Par ces mesures imprévues, quelques loisirs sont
ménagés aux 4 rédacteurs de La Croix… ».
Au Père A. Vanhove.

Religieux français, successeur du P. d’Alzon, à la tête de la Congrégation (1880-1903). Un héritier fondateur. François Picard est né le ler octobre 1831 à Saint-Gervasy (Gard), près de Nîmes. Il commence ses études dans une pension de Nîmes et les continue à partir d’octobre 1844 au collège de l’Assomption dirigé par le P. d’Alzon. Bachelier en 1850, il entre au noviciat, tout en exerçant les fonctions de surveillant. Profès annuel à Noël 1851, il prononce ses voeux perpétuels entre les mains du P. d’Alzon à Noël 1852. Il est envoyé à Rome pour faire ses études de théologie (1855- 1857). Il y est ordonné prêtre le 25 mai 1856. A partir de 1857, il connaît la vie itinérante de la première Assomption en voie d’organisation: maître des novices à Auteuil (Paris) et aumônier des Religieuses de l’Assomption, directeur et supérieur du petit groupe d’Assomptionnistes à Rethel (Ardennes) en 1858. En mai 1862, avec quelques religieux, il s’installe dans la nouvelle communauté de la rue François ler à Paris. Sous son impulsion, la petite chapelle devient un centre actif de rayonnement spirituel: retraites, prédications, associations de prières surtout à partir de 1871. Aumônier volontaire sur les champs de bataille autour de la capitale, il figure sur la liste des proscrits de la Commune. Premier assistant général après le P. Henri Brun, de 1861 à 1880, il devient une figure publique de l’Assomption à partir de 1871 en conduisant des pèlerinages (La Salette 1872, Lourdes 1873), en lançant des mouvements de prières collectives (Notre-Dame de Salut) et en fondant l’Association du même nom, le 24 janvier 1872. A la mort du P. d’Alzon, déjà vicaire général, il est élu supérieur général le 25 novembre 1880 à Nîmes. C’est lui qui donne à la Congrégation son véritable développement, en engrangeant les bénéfices de la formule de recrutement des alumnats, en touchant les masses et l’opinion publique par des actions de grande envergure (pèlerinage national à Lourdes, pèlerinages à Rome et à Jérusalem, 1882), en participant aux Congrès eucharistiques, en lançant le quotidien La Croix (16 juin 1883) avec l’aide du P. Vincent de Paul Bailly et en faisant de la Bonne Presse un véritable arsenal journalistique qui cherche à atteindre tous les milieux par une grande diversité de titres (30 en 25 ans). L’intention déclarée est de rassembler les catholiques tout en gardant une neutralité politique, en se tenant sur le seul terrain religieux pour défendre les intérêts de l’Eglise entendue du point de vue romain. De santé souvent chancelante, mais vigoureux d’esprit et de tempérament, très actif, excellent organisateur et entraîneur, d’une grande facilité dans le contact et les relations, le P. Picard est l’homme de la situation quand éclate la première alerte de dispersion des religieux enseignants

Bibliographies

Bibliographie et documentation: L’Assomption, 1903, n° 77, p. 67-70; n°78, p. 87-164; 1932, n° 366, p. 2-26 (centenaire). E. Lacoste, alias Ernest Bekudouy, Le P. François Picard, B.P., 1932, 552 p. Pages d’Archives, 2ème série, p. 17-44. Pages d’Archives, 3ème série, p. 177-243; 249-414. Lettres d’Alzon, 1996, t. XIII, p. 461. Catholicisme, t. XI, col. 243-245. Paul Castel, alias Adrien Pépin, Le P. Picard et le P. Vincent de Paul Bailly dans les luttes de presse, Rome, 602 p. Foyer Assomptioniste, juillet 1953., Voulez-Vous? avril 1953. Adrien Pépin, Chronologie de la vie du P. Picard, 124 pages. Charles Monsch, Les Mères Franck et l’Assomption, Les pèlerinages et les droits de Dieu, Les oeuvres de presse. Du P. François Picard, dans les ACR, copie dactylographiée de ses écrits pour la présentation de sa Cause (22 volumes) . Les écrits du P. Picard (circulaires, correspondances, discours, articles de presse, rapports, sermons … ) sont inventoriés, classés et indexés dans une banque de données informatique: après un essai infructueux à Worcester, la communauté bruxelloise de la rue des Braves, aidée par le P. Laffineur, a pris le relais de cette entreprise en cours. Notices Biographiques