Francois-Régis (Théophile-Régis) SERINE – 1882-1962

Montpellier, 1951.
« Merci de ne pas m’avoir imposé la responsabilité de Provincial. Je
veillerai au grain de la maison de Montpellier. Le P. Brugière que l’on me
donne, à défaut
d’autre, sera mis au courant de tout, en attendant quelqu’un d’autre. Le
National est une grande oeuvre, bel héritage de nos Anciens, qu’il faut
sauvegarder et développer encore. Les cadres actuels, PP. Saint-Martin,
Allanic et votre serviteur, peuvent aller. Qu’ils soient maintenus en
place, même Allanic. On ne gagne
que peu de choses aux changements et quelquefois on perd beaucoup. Je rêve
toujours d’une grande revue mariale, un magazine mensuel ou même
hebdomadaire, que l’Assomption se doit de créer en cette année 1951 et qui
se diffuserait dans toutes les familles de France. Je l’appellerais Salve
Regina ou encore Chez nous, soyez Reine. Nous atteindrions aisément les
500.000 exemplaires du Pèlerin. Ce serait une revue de piété avec pour but
de faire connaître, aimer, servir et prier la Vierge, Reine de France et du
monde. On me dit que France- Magazine de la ligue féminine A.C. ne peut
plus tenir le coup. Pourquoi ne pas la remplacer en lui donnant un titre
nouveau : France, Notre- Dame?..».

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de Paris. Un Montpelliérain d’adoption. Théophile-Régis Serine voit le jour le 7 novembre 1882 à Saint-Jeure-d’Andaure, petite commune de l’Ardèche, près de Saint-Agrève. il fait ses études de grammaire à l’alumnat de Notre-Dame des Châteaux (Savoie), de 1895 à 1898, puis à celui de Brian (Drôme), de 1898 à 1900. Il prend l’habit le 19 septembre 1900 à Gemert aux Pays-Bas et prononce ses premiers vœux à Louvain en Belgique, le 19 septembre 1901, sous le nom de Frère François- Régis. C’est à Courtrai que le P. Eustache Pruvost reçoit ses vœux perpétuels, le 25 octobre 1903. Sous la direction du P. Merklen, il accomplit tout le cycle de ses études ecclésiastiques à Louvain où il est ordonné prêtre, le 9 juillet 1909. Atteint d’une grave affection pulmonaire au cours de ses études, il doit passer quelques mois au sanatorium de Mont-sur- Meurthe (Meurthe-et-Moselle). Au lendemain de son ordination sacerdotale, il fait un an de professorat à l’alumnat de Taintegnies en Belgique (1910), puis doit prendre du repos à l’alumnat de Vinovo en Italie (1911-1912). En 1912, il est affecté à la résidence de la rue Bonnard, à Montpellier (Hérault). Ce ministère auprès des jeunes du patronage où les Assomptionnistes prennent la relève des Pères de Timon-David, est interrompu par la guerre qui le conduit comme infirmier sur le front d’Orient (Roumanie) où il est décoré de la médaille des épidémies et de la croix roumaine du Mérite sanitaire. Rendu à la vie civile en 1919, il retrouve la ville de Montpellier qu’il ne va plus quitter. Nommé supérieur de la résidence montpelliéraine en 1923, en remplacement du P. Aymard Faugère devenu Provincial à Paris et curé de Saint-Christophe de Javel, il devient en 1929 le curé de la nouvelle paroisse Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus que Mgr Mignen confie à l’Assomption. A.A Il entreprend aussitôt d’édifier une belle église paroissiale, sans se soustraite à de nombreuses autres obligations pastorales dont, à partir de 1942, la direction régionale du Pèlerinage national de Lourdes, charge qu’il va conserver jusqu’en 1959, le Noël, l’œuvre des jeunes filles employées et celle des personnes âgées. Sous son impulsion, naît la Maison de la Presse et de la Librairie catholique. Mais son oeuvre principale reste sans contredit la construction de l’église et de la paroisse Sainte-Thérèse. Peu de difficultés lui sont épargnées, les travaux de fondation étant contrariés par une large nappe d’eau souterraine. En 1936, les mouvements ouvriers dans la mouvance du Front populaire interrompent l’ouvrage. En 1939, c’est la déclaration de guerre, peu propice aux entreprises et aux fournitures de matériel. Il lui faut livrer une autre bataille, celle du ciment, du fer et du bois. On manque de tout, de charbon, de gaz et d’électricité. Une revue paroissiale, La Semeuse de Roses, diffuse le culte envers la sainte tutélaire des lieux dont son confrère, le P. Romain Massol, va vulgariser la pensée et les écrits dans de nombreux ouvrages. Par ce moyen aussi est assurée la collecte de fonds importants qui permettent d’honorer la facture des travaux. Cependant, malgré tous les retards, le P. François-Régis a la joie de voir inaugurer et bénir l’église par Mgr Brunhes, le 8 novembre 1942. De magnifiques vitraux et verrières glorifient la vie de la sainte de Lisieux et représentent les sanctuaires régionaux proches, dans le chœur. Liée à la paroisse, l’éclosion de nombreuses réalisations matérielles et spirituelles, comme un réseau d’écoles, des salles d’œuvres, prolonge l’œuvre matérielle du P. François-Régis qui s’applique aussi à édifier un temple spirituel par l’animation d’une communauté chrétienne fournie. Chaque année, il accompagne les pèlerins à la grotte de Massabielle. En 1961, le P. François-Régis a le sentiment d’accomplir son ultime pèlerinage ici-bas. Il se sent et se sait gravement atteint. Ne pouvant presque plus s’alimenter, il subit une intervention chirurgicale le 14 mars 1962. L’ablation de l’estomac, atteint par un cancer, ne prolonge pas ses jours. Le P. François-Régis meurt le dimanche 18 mars 1962, à l’âge de 80 ans. Il est inhumé le 21 mars dans le loculus d’un contrefort de l’abside de l’église Sainte-Thérèse.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. juin 1963, p. 202. Lettre à la Famille, 1962, n° 341, p. 308-312 et 1963, n° 345, P. 342. L’Assomption et ses Oeuvres, 1962, n° 528, p. 10-13. Paris-Assomption, 1962, n° 81, p. 21-28 (cf article de Mgr Raffit dans Semaine Religieuse de Montpellier). La Semeuse de Roses, mai 1962, n° 247 et septembre-octobre 1962, n° 249. Lettre du P. François-Régis Serine au P. Gervais Quenard, Montpellier, ler septembre 1951. Du P. François-Régis Serine, dans les ACR, correspondances (1901-1961), rapports sur Montpellier (1926-1960), aperçu historique sur l’Assomption à Montpellier (s.d.), nombreux articles dans la revue La Semeuse de Roses (1936-1962). Serge Bouquier, Histoire de la paroisse Sainte-Thérèse de Montpellier, de 1931 à 997, 1996, 126 pages. Notices Biographiques