Francois-Xavier (Maurice-Joseph-L.) LEBON – 1912-1972

Haine-Saint-Pierre, 1965.
« Je vous propose pour nomination à la charge de deuxième conseiller de la
maison de Haine-Saint-Pierre, le P. François-Xavier Lebon qui vient du
reste d’être nommé curé de la paroisse par Mgr l’évêque de Tournai, sur ma
présentation. Je n’ai pas encore reçu notification de la suppression de la
maison de Tamines. Je suppose qu’il n’y aura pas d’obstacle. C’est
pourquoi, après l’accord de l’évêché de Namur, j’ai fait procéder tout de
suite à la nomination du Père Lebon à Haine-Saint-Pierre. Le Frère Norbert
Rolus accompagnera le Père Lebon pour le
seconder un peu.
Ainsi la suppression de Tamines-La Praile permet de regrouper un peu, selon
les souhaits capitulaires. Il y aura à Haine-Saint-Pierre et dans les
environs immédiats les Pères Raphaël Lebrun, supérieur, Landelin Abts,
sous-prieur, François-Xavier Lebon, deuxième conseiller, Arnould Verqualie,
Victor Dricot et le Frère Norbert
Rolus, pour s’occuper de trois Paroisses du Centre très industrialisé
proche de La Louvière. Le Père Lebon sera également économe de la
communauté ».
P. Gérard Istace, Provincial, 3
août 1965.

Religieux de la Province de Belgique-Sud.

Notes et anecdotes d’un parcours sans faille.

Maurice-Joseph-Léopold Lebon est originaire de Charleroi où il est né le 7 septembre 1912. Il fait son école primaire à Charleroi-Nord et entre, très jeune, à l’alumnat Saint-Louis à Zepperen (1922- 1925), grâce à l’entremise d’un curé connaissant Sart-les-Moines. Pour les gens de Charleroi, l’alumnat de Zepperen en terre flamande paraît le bout du monde, les communications ferroviaires difficiles et une visite une véritable expédition. Le règlement des alumnats ne prévoit qu’un mois de vacances en famille, en août. Maurice n’a aucune peine à s’adapter à cette vie qui lui plaît, grâce à un naturel joyeux et facile. La nourriture à l’époque est très frugale. Les parents sont si contents que deux ans après, le frère de Maurice, Charles, vient le rejoindre. En 1925, l’alumnat de Bure rouvre ses portes. Les Wallons de Zepperen s’y installent vaille que vaille. On manque de presque tout, on doit mettre la main à la pâte pour aménager la maison, ce qui rend les études irrégulières. Ce climat plaît au jeune Maurice qui se trouve ainsi être un refondateur de Bure (1925-1927). En 1927, il part pour les humanités à Sart-les-Moines. Là, étant donné son jeune âge, on juge nécessaire de lui faire suivre une année supplémentaire (1927-1930). Lors de sa retraite d’élection, il choisit la vie à l’Assomption et passe tout naturellement de l’alumnat au noviciat. Il prend l’habit le 28 septembre 1930, sous le nom de Frère François- Xavier, à Taintegnies, noviciat que dirige alors le P. Romanus Declercq. Jugé un peu jeune, il a droit à six mois supplémentaires et prononce ses premiers v?ux le 29 mars 1932. Il va suivre les deux années de philosophie à Saint-Gérard, sous la férule du P. Aubain Colette (1932-1934). Doué d’une excellente mémoire, il emmagasine sans difficulté les cours.

Septembre 1934 le voit arriver à Louvain pour la théologie. Il y prononce ses v?ux perpétuels le 5 octobre 1935, après avoir accompli ses 8 mois de service militaire à Bourg-Léopold. Tout se déroule pour lui sans heurts (1935-1939). Toujours jovial et de bonne humeur, il sait rire aux éclats. D’un caractère heureux et plein de vitalité, il est appelé à cause de sa taille ‘le grand François’. Caviste, poste de confiance s’il en est, il se donne tout entier à ce qu’il fait, participe avec entrain aux séances théâtrales et joue les rôles qui lui sont distribués, le répertoire de l’époque se cantonnant dans les auteurs favoris du P. Alphonse Picot, Labiche, Henry Ghéon et même Claudel. Le 26 février 1939, il est ordonné prêtre à Louvain.

Professorat et ministère paroissial.

Le P. François-Xavier est nommé professeur à Sart-les-Moines, mais la guerre éclate. Mobilisé, fait prisonnier, il reste deux ans en captivité en Allemagne. Il y contracte une maladie intestinale qui l’affaiblit beaucoup. A son retour, il est nommé professeur des vocations tardives à Sart-les-Moines (1941-1945). Il fait alors l’expérience du ministère paroissial à La Praile (Tamines), chapelle située en plein quartier ouvrier qu’une communauté des Grands Augustins vient de quitter. Le P. Provincial pense à faire de cette chapelle le centre d’une équipe de missionnaires-prédicateurs. Le P. François-Xavier s’occupe principalement de la petite école du quartier et n’hésite pas à mettre les pieds à la Maison du Peuple. Il construit pour Noël des crèches monumentales qui sont de véritables attractions. Cette communauté dure 20 ans (1945- 1963). La fermeture des charbonnages de Tamines entraîne sa suppression. En 1965, le P. François-Xavier est nommé curé de la paroisse Saint-Ghislain à Haine-Saint-Paul. C’est dans sa tâche de curé que la mort vient le surprendre, le 7 août 1972. Il visite son frère Charles, curé de Châtelet-Faubourg. Au retour, par suite d’un malaise ou d’une inattention de conduite, il est victime d’un grave accident contre un camion. Ses obsèques ont lieu le 10 août à Châtelet où le Père est inhumé.

Bibliographies

Bibliographie et documentation- B.O.A. mars 1974, p. 241. Belgique-Sud Assomption, janvier 1973, n° 62, p. 1814-1817. Du P. François-Xavier Lebon, dans les ACR, rapports sur Tamines (1946-1963).