Francois-Xavier (Xavier) KORBENDAU – 1926-1993

Un frère cordial.
« Le décès du P. Xavier Korbendau plonge ici, à Rome, tous ceux qui l’ont
connu, dans la tristesse. Au nom de tous et de chacun, je tiens à assurer
le P. Provincial, Patrick Zago, les communautés de Vincennes et
de Denfert-Rochereau de notre peine et de notre prière. La communauté de
vie, de prière, de table, de travail crée des liens. Je l’ai vécue trois
ans
avec le P. Xavier à Denfert. Je le revois presque toujours souriant,
communicatif,
faisant part facilement de ses joies ou de ses inquiétudes, mais aussi des
mille petits riens qui rendent la vie quotidienne intéressante ou
savoureuse. Toujours en retard sur le programme qu’il s’était tracé, il
n’en restait pas moins disponible, serviable, attentif aux personnes.
C’était un homme de foi et de prière qui était presque tout
naturellement accordé au monde de Dieu. Sa sérénité l’amenant à parler de
sa fin sans trouble, en est la preuve. Cette paix est sans doute le fruit
d’un rude combat. Comme nous tous, je suis triste de voir disparaître un
frère très attachant, un ami sur lequel on pouvait compter. Mais il aura
cherché dans sa vie comme dans sa mort à vivre en véritable assomptionniste
avec ses limites et ses faiblesses ».

Religieux de la Province de France, économe provincial.

Un ‘titi’ parisien.

Xavier Korbendau nait à Paris, le 19 février 1926, dans le quartier des Batignolles, XVIIe. Il fait ses études au collège Saint-François d’Evreux (Eure), tenu par les jésuites, de 1936 à 1942, à l’alumnat de Soisy- sur-Seine (Essonne), de 1942 à 1943, et de nouveau à Evreux. Il prend l’habit aux Essarts (Seine-Maritime), le 29 septembre 1945, sous le nom de Frère François- Xavier (1), et y prononce ses premiers v?ux le 30 septembre 1946. Après deux années de philosophie à Lormoy (Essonne) de 1946 à 1948, il accomplit son service militaire en Algérie, à Philippeville où il finit sergent. Il commence sa théologie à Lormoy en 1949, prononce ses v?ux perpétuels le 25 décembre 1950 et est ordonné prêtre par Mgr Voutsinos, le 28 février 1953. Le P. Jérôme Beckaert écrit de lui: « Le Frère François-Xavier a une piété sérieuse, une volonté généreuse, beaucoup de c?ur. Il se présente avec assurance, délicatesse et les formes d’une éducation soignée. C’est un liturgiste passionné».

Perpignan (1953-1966).

Le P. François-Xavier est affecté au collège de Perpignan (Pyrénées-Orientales), avec la double mission d’économe adjoint et d’animateur spirituel. A partir de 1960, initié par le P. Deleporte aux problèmes financiers, il conduit seul avec grande sagesse l’armada des 32 employés de l’institution qui compte 700 élèves. Il sait s’entourer de personnes compétentes qui deviennent des amis fidèles. La convivialité est son charisme: il sait accueillir et la note spirituelle ne manque jamais à ses relations. Très dévoué dans sa tâche d’animateur, il confesse pratiquement les trois quarts des élèves, en regroupe beaucoup dans les sections vivantes de J.E.C. d’aînés et de moyens ou de multiples équipes de M.E.J. qu’il conduit volontiers à la neige en hiver, à des récollections au monastère d’En-Calcat, à des rencontres régionales à Montpellier. On admire son dynamisme et sa jeunesse. On le sait exigeant et bon et surtout profondément surnaturel.

Très attaché à la belle liturgie, il prépare les jeunes au service de l’autel.

Paris (1966-1988).

La compétence pratique du P. François-Xavier, son entrain religieux et, surtout, sa disponibilité efficace lui valent la confiance de la Province de Paris qui le promeut au poste d’économe provincial. Il prend tellement sa charge à c?ur qu’il s’y identifie plus de vingt ans. A travers toutes ses interventions auprès des personnes et des communautés rayonne sa personnalité lumineuse. Pendant une douzaine d’années, il ajoute à son travail la responsabilité de supérieur de la maison de Denfert-Rochereau, ce qui n’est jamais une sinécure. Pendant plus de 20 ans également, il participe à l’organisation et à l’animation du Pèlerinage national de Lourdes. Aussi habile à régler des cérémonies grandioses sur le parvis que disponible à accompagner le malade sur son lit en salle d’accueil, il sert la cause des pèlerins et de Notre-Dame. Décrocher de ses responsabilités il a pris le relais du P. Jean-Jacques Laurent à l’économat provincial de France -, rompre avec ses relations et quitter Paris en 1988 est pour le P. François-Xavier une sérieuse épreuve sur laquelle sa discrétion est exemplaire. Exemplaire aussi sa discrétion sur le mal qui le mine déjà.

Dernières années (1988-1993).

Le P. François-Xavier ne reste qu’un an à Valpré (Rhône), de 1988 à 1989. En septembre 1989, il est nommé économe de la communauté qui se fonde à Vincennes (Val-de-Marne), composée d’une douzaine de religieux (2). D’humeur toujours égale, il est attentif à tous et à tout. Mais sa santé se dégrade, nécessitant de fréquents séjours dans une clinique d’Evreux. Ni les chimiothérapies ni les interventions chirurgicales ne peuvent maîtriser le polype cancéreux envahisseur. Quand il se rend compte qu’il ne peut plus faire face à ses responsabilités et à ses charges, il remet sa démission en toute lucidité et sérénité. Il accepte comme sainte Bernadette l’emploi de la prière. Le P. François-Xavier meurt à Evreux le 14 janvier 1993. Ses obsèques sont célébrées dans la cathédrale le 19. Son corps repose dans le caveau de l’Assomption, au cimetière Montparnasse.

(1) C’est formellement que le Frère Xavier voulut ajouter ce prénom de François à nom de religieux qui est aussi celui de son baptême, sous lequel il est habituellement désigné. (2) Les lieux ont été aménagés par le P. Jean-Jacques Laurent. La communauté se forme à partir de la fin du mois d’août 1989, à partir, notamment, de religieux provenant de Sceaux (Hauts-de-Seine) qui laissent leur résidence à la disposition du noviciat (1989-1999), résidence au n° 12, avenue Fontenelle, doublée de l’achat du pavillon au n° 10 acquis par l’Assomption au printemps 1989 de Madame Germaine Breton.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (V) 1991-1993, p. 82-85. ART Informations, 1972, n° 32, p. 4; n° 33, p. 4; 1973, n° 44, p. 2. Assomption-France, Nécrologie années 1992-1993, p. 262-264. Un Frère cordial par le P. Claude Maréchal, Rome, janvier 1993. Du P. Xavier Korbendau, dans les ACR, rapports f inanciers de la Province de Paris (1968), de la Province de France (1978), une correspondance au P. Claude Maréchal (1992).