Frans (Pierre) HAAS – 1909-1997

Jubilé.
«Comment vous exprimer mon merci et reconnaissance en recevant le
télégramme contenant les félicitations de la part de vous-même et du
conseil réunis, pour le jubilé
de 60 ans de vie religieuse assomptionniste, dans le pays du Christ, au
service des pèlerinages, soit à Notre- Dame de France, soit à Saint- Pierre
en Gallicante? Aussi, hier matin, en la basilique de Sainte-Anne, lieu de
la
nativité de la Vierge, pendant la concélébration solennelle d’une trentaine
de prêtres, j’ai remis en action de grâces ces
60 ans de joies et de peines entre les mains de Dieu, seul témoin des
difficultés et des souffrances, des luttes et des échecs dans la vie de
tous les jours, et je lui ai offert pour l’Assomption, pour les vocations
sacerdotales et religieuses, pour les novices, la grâce de la persévérance
dans leur vocation, et pour l’œuvre de Notre-Dame de Salut, les pèlerinages
en Terre
Sainte, où tant d’âmes trouvent une augmentation de foi et d’amour dans la
connaissance du Dieu d’amour Sauveur.
Pour ma pauvre personne, avec une santé bien diminuée, je tache de faire
mon travail et un peu de bien aux âmes qui viennent dans notre sanctuaire».

Religieux de la Province des Pays-Bas.

Une vocation missionnaire.

Pierre Haas est né à Rotterdam (Pays-Bas), le 15 mars 1909, cinquième enfant d’une famille qui en comptera onze. A son baptême, il reçoit le prénom de Pierre. Doué pour les études, il a surtout la bosse des langues. Après ses études secondaires à St Leonardus Van Vechel (Rotterdam), il va travailler dans une entreprise d’import-export, qui exige la connaissance de plusieurs langues: français, anglais, allemand. Après un certain temps, il préfère choisir la vie missionnaire et c’est à Boxtel en 1916 qu’il commence son postulat chez les Religieux Assomptionnistes. Bien qu’il ait les capacités de devenir prêtre, il préfère devenir frère coadjuteur pour pouvoir se rendre plus rapidement dans les missions, d’autant plus qu’il aime beaucoup le travail matériel bien fait. Le 31 octobre 1925, il prend l’habit à Taintegnies (Belgique) et s’appelle désormais Frère Frans (ou François). « De caractère vif, très dévoué, le Frère Frans montre beaucoup d’aptitudes humaines et spirituelles. Il est un peu tranchant dans ses appréciations ». Le 1er novembre 1926, il prononce ses premiers vœux. Après un bref séjour au château de Stapelen à Boxtel, le P. Rémi Kokel, Supérieur Provincial de la Province Belgo- Batave, lui demande s’il veut aller à Jérusalem pour remplacer un religieux français qui vient de mourir. Le Frère Frans accepte cette nomination avec joie, comme un cadeau du ciel. Et ainsi, le 7 septembre 1928, il arrive à Jérusalem et là, il devient dépensier et caviste à Notre-Dame de France. Il prononce ses vœux perpétuels le 15 mai 1930.

Un pilier à Jérusalem.

Quatre mois plus tard, le Frère Frans est nommé à Saint-Pierre en Gallicante pour aider les Pères Amand Chabert et Etienne Boubet.

Après la mort du P. Amand en 1938, il devient le ‘gardien de Saint-Pierre et Gallicante’ et le guide des pèlerinages. Il apprend l’hébreu et l’arabe et, grâce à ses connaissances en langues modernes, il est pour beaucoup de monde un interprète très agréable. Tout le monde le connaît et lui-même connaît tout le monde. En 1948, la situation est très difficile: les deux communautés assomptionnistes se trouvent sur la ligne de feu. En 1950, on le nomme ‘chef d’hôtel et surveillant’ des travaux de Notre-Dame de France et aussi de Saint-Pierre. Et c’est au péril de sa vie qu’il accomplit ces fonctions. Pendant la seconde guerre mondiale, il s’était démené, jour et nuit, pour sauver les militaires français. Cela lui valut quelques années plus tard d’être décoré de la médaille de Chevalier de la Légion d’Honneur. Pour l’ambassade néerlandaise à Jérusalem, il est d’un appui et d’un secours inestimables. Cela lui vaut également la décoration de Chevalier dans l’Ordre d’Orange-Nassau. En 1962, le Frère Frans est nommé économe à Saint-Pierre en Gallicante. Les jours de Sabbat, il se rend utile en expliquant aux étudiants juifs de l’Université le contenu de l’Ancien Testament et, plus tard, il leur parle aussi du Nouveau Testament. Pendant les soixante-deux ans qu’il séjourne à Jérusalem, sa vie s’identifie aux drames et aux joies de Jérusalem, à l’histoire de l’Assomption à Jérusalem et à l’histoire mouvementée de Saint-Pierre en Gallicante. En 1990, et cela à son corps défendant, il lui faut être rappelé aux Pays-Bas par son Provincial, le P. Jan Van Der Meer, car on trouve qu’il n’est pas normal d’exposer un religieux de cet âge, il est octogénaire, à la guerre du Golfe. A Boxtel, il trouve sa place dans une maison de repos pour les Religieux, afin de se reposer du travail énorme accompli à Jérusalem. Lorsqu’il est touché par la maladie d’Alzheimer, on le transfère dans une maison de soins à Heesnoyk où, après un séjour de quatre mois, il meurt le 6 octobre 1997. Après des obsèques solennelles le 10 octobre, le Frère Frans est inhumé au cimetière de l’Assomption à Boxtel, près de ses frères.

Bibliographies

?Bibliographie et documentation:

Documents Assomption, Nécrologe (VII) 1996-1997, p. 93-94. ART Informations, 1971, n°21, p. 1-2 ; 1975, n°56, p. 2. De Schakel, oktober 1997, n° 4, p. 191-203. Dans les ACR, correspondances du Frère Frans Haas (1947-1988). Lettre du Frère Frans (François) Haas au P. Claude Maréchal, Jérusalem, 9 septembre 1988.