Franscico (F. -Felipe) GARCIA GONZALES – 1867-1955

Une vocation par contagion.
« Le 14 août 1951, le P. Francisco célébra ses noces sacerdotales de
diamant, au collège de l’Assomption, à Worcester. Né en 1867, il a donc 84
ans bien sonnés. C’est presque par hasard qu’il
connut l’Assomption. On sait qu’en 1883 les novices d’Osma entreprirent,
sous la conduite
du P. E. Bailly, un long pèlerinage à pied, qui dura deux mois et demi,
jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle. Dans toutes les localités où ils
passèrent, ils firent
l’admiration des habitants par leur tenue religieuse et leur piété. A Léon,
les pèlerins assomptionistes eurent l’heur d’attirer l’attention et de
captiver le jeune Francisco Garcia, alors élève de latin dans un collège de
la ville. It was love at first sight. Quelques semaines après, le papa
conduisit son rejeton au noviciat d’Osma. Adrien Buisson est son mentor: il
aime raconter comment son élève, partisan fanatique du sed contra, voulait
lui en remontrer sur le sens et sur la prononciation de certains mots… En
Orient il eut des démêlés avec un policier turc qui essaya de lui arracher
son camail mais le vaillant hidalgo sortit vainqueur de la lutte. Le P.
Francisco se lève chaque jour à 4h30; il a déjà lu la Bible en entier 3
fois».

Franscico (F. -Felipe) GARCIA GONZALES

1867-1955

Religieux espagnol de la Province de Paris.

Un des premiers A.A. espagnols.

Né le 30 avril 1867 à Selga de Ordas, province de Léon (Espagne), Francisco-Felipe fait ses études primaires dans son village natal. Nous le trouvons ensuite dans diverses institutions secondaires: à Rioseco de Torpia (1880), à Vega de Arienza (1881- 1882), au collège de San Jose (1883-1884). Il termine ses humanités à l’alumnat Saint-Augustin, à Nîmes (Gard) en France, de 1885 à 1887. Il a connu l’Assomption par le noviciat d’Osma, établi en Castille de 1880 à 1886. Il entre au noviciat à Livry-Gargan où il prend l’habit le 29 septembre 1887 sous le nom de Frère Francisco et où il prononce ses premiers vœux le 29 septembre 1888. Sa deuxième année de noviciat s’écoule à la maison du Breuil (Deux-Sèvres) où est établi un groupe de philosophes et de théologiens. Là il parcourt à grands pas le cycle des études supérieures. Il y fait un an de philosophie, y prononce ses vœux perpétuels (11 novembre 1889), fait deux ans de théologie (1888-1890). Sa 3ème et dernière année se passe à Livry où il est ordonné prêtre le 14 août 1891. Dès son noviciat sous la houlette du P. Emmanuel Bailly, il se révèle ce qu’il restera jusqu’à sa mort, un religieux intégral. Son maître des novices l’estime le meilleur de son année: d’une régularité sans défaillance, d’une exactitude minutieuse, d’une obéissance absolue d’une mortification qui s’inspire volontiers de la mystique sévère de ses compatriotes. Durant des mois il porte au bras une chaîne garnie de pointes de fer qui pénétra si profondément dans la chair qu’il faudra recourir au chirurgien pour l’enlever! Exagération plus admirable qu’imitable qui marque une ferveur peu commune, mais exemple qui ne risque pas de causer une contagion dangereuse! Le P. Francisco reçoit sa première obédience pour l’alumnat de Karagatch,

fondé dès 1872 dans un faubourg d’Andrinople où le P. Galabert s’est établi en 1869. Le P. Francisco n’y reste qu’un an, de 1891 à 1892.

Dans le nouveau monde.

La Mission du Chili, fondée en 1890 par le P. Stéphane Chaboud, est prospère mais réclame sans cesse des ouvriers en renfort. Le P. Francisco y est envoyé en 1893, parlant le castillan. Arrivé au Chili, il est d’abord affecté au premier atumnat constitué à Mendoza, œuvre abandonnée au bout de 4 ans, qui va connaître de nombreuses résurrections. Attaché au groupe des missionnaires durant 14 ans, en compagnie d’un confrère, le P. Francisco parcourt les zones du Salitre, prêchant des missions de mars à juin. Il enflamme les enthousiasmes. Le missionnaire à cheval, vêtu du poncho, prêche, confesse, donne des exercices avec un zèle dont maints récits des Pages chiliennes se fait l’écho: « Le P. Francisco prêche beaucoup, confesse davantage et se repose de l’apostolat en faisant de la politique ». Il discute ferme et veut avoir le dernier mot. Quand on est sûr de détenir la vérité, il n’y aucune raison pour ne pas être intransigeant! En 1911, le P. Francisco est envoyé à Los Andes et en 1912 à Rengo comme vicaire du P. Théophile Durafour. Les paroisses espagnoles de New York le réclament: en 1913, le P. Francisco est transféré dans l’hémisphère Nord où il retrouve, à la paroisse Notre- Dame d’Esperanza, un ancien compagnon, le P. Adrien Buisson, jusqu’en 1948. Ce n’est pas sans larmes qu’il a quitté le Chili où reste son cœur. Il assure un ministère assidu au confessionnal et visite les malades. En 1948, à 80 ans, il vient prendre du repos au collège de Worcester, s’intégrant sans bruit dans cette communauté, profitant des sermons et conférences qui y sont donnés. Il se fait le permanent de la prière, égrenant son chapelet à longueur de journée, faisant sa promenade dans le parc. Le P. Francisco n’a rien du vieillard maussade. Enjoué, spirituel, comprenant la plaisanterie innocente, il a quelque chose du roc de Gibraltar: il garde de ses origines ce catholicisme intégral qui reste imperméable à tout vent de changement ou de nouveauté. Quand il ne peut plus célébrer l’Eucharistie, à cause de sa cécité, il dit préférer mourir! Il célèbre ses noces sacerdotales de diamant! Par miracle, il est épargné en juin 1953, lors du cyclone qui dévaste le collège et dont il n’a que vaguement conscience sous la forme ‘d’un courant d’air intense’. Avec le P. Oditon, il est hébergé provisoirement chez des Sœurs Franciscaines. Peu à peu les infirmités s’accroissent: diabétique, il suit un traitement sévère. Ses jambes ne peuvent plus le porter, il se déplace en chaise roulante. En 1955, il fait quelques séjours à l’hôpital, à cause des irrégularités de son rythme cardiaque. Il meurt le dimanche 23 juillet 1955, à 88 ans, sans bruit, sans effort, sans déranger personne. Il est inhumé le 26 janvier à Worcester aux côtés des PP. Odilon et Engelbert dans le petit cimetière de la propriété. ‘Ouverts à quelque immense aurore de l’autre côté des tombeaux, les yeux qu’on ferme voient encore’.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. juin 1956 p. 155. Lettre à la Famille 1955, n° 178, p. 2; et n° 181, p. 25-27. L’Assomption (Worcester), mai 1955, p. 73-75. Assumptionists deceased in North America, p. 3. Les noces de diamant du P. F. Garcia dans Lettre à la Famille, 1951, n° 126, p. 90. Du P. Francisco Garcia, dans les ACR, correspondances (1905-1935). Notices Biographiques