Frédéric MAUBAN – 1933-1954

Souvenir.
« Fred, comme nous l’appelions volontiers, est resté très longtemps à
l’Ermitage
[Soisy, de 1942 à 1949]. Sa fraîcheur d’âme, son enthousiasme, sa piété, sa
simplicité faisaient que ses professeurs et ses camarades l’avaient en
haute estime et l’aimaient beaucoup. Frédéric était un grand garçon d’un
tempérament toujours joyeux, aimé de ses condisciples et de ses maîtres. Il
y eut un concours de circonstances juste avant sa mort., la visite de son
père en février 1954, les conseils fermes et surnaturels qu’il en reçut, la
mort de sa grand-mère, peut- être un obscur pressentiment de sa fin
prochaine mirent fin, la grâce aidant, à ses hésitations intérieures. Il
fit part de ce changement à son supérieur avec une simplicité qui se
traduisit par une application, une docilité et une piété exemplaires. La
veille de sa mort, dans l’auto qui l’emportait vers Paris, il remerciait
Dieu de la double épreuve, physique et morale, qu’il lui avait envoyée. Il
n’avait désormais qu’un seul désir, se donner pour toujours à Dieu dans la
vie religieuse, sous la protection de la Sainte Vierge dont il baisait
fréquemment la médaille et à laquelle il se recommanda avec ferveur en
passant près de Chartres ».

Religieux de la Province de Paris.

Un novice enlevé par la maladie.

Frédéric Mauban est né le 5 juin 1933 à Nevers (Nièvre) dans une famille très dévouée à l’Assomption venue habiter Soisy-sur-Seine où un alumnat est implanté avant la seconde guerre mondiale. Une de ses sœurs est déjà entrée chez les Petites Sœurs de l’Assomption quand Frédéric entre, à 9 ans, en 1942, comme collégien à Soisy-sur- Seine (Essonne). Quand la maison cesse d’être mixte, il y poursuit ses études comme alumniste jusqu’en 1949. Il part pour quatre ans dans les alumnats d’humanités, deux à Clairmarais (Pas-de- Calais), de 1949 à 1951, une au Bizet (Belgique), de 1951 à 1952, et une dernière à Miribel-les-Echelles (Isère), de 1952 à 1953. Le 28 septembre 1953, il prend l’habit au noviciat des Essarts (Seine- Maritime). Le 6 octobre de la même année, avec les autres Frères de la Province de Paris, il rejoint celui de Pont-l’Abbé d’Arnoult (Charente-Maritime). Le P. Alphonse Picot, maître des novices, relate le récit de la courte maladie de ce novice, si vite enlevé par la maladie, le 21 mars 1954, à l’âge de 21 ans.

Récit des circonstances.

« Depuis quelques jours, le Frère Frédéric se plaignait de maux de tête. On jugea prudent de le conduire le mercredi 17 mars [1954] à l’ hôpital de Rochefort-sur-Mer, où il fut examiné par trois docteurs qui réservèrent leur diagnostic. Le patient n’avait pas de température, mais il souffrait visiblement. Le samedi 20 mars, son père, M. Mauban, avec l’assentiment des docteurs, l’emmena en auto à Paris et le fit hospitaliser à la Pitié. Le voyage se fit dans de bonnes conditions. Un interne vit, dès son arrivée, le malade dont l’était n’inspirait pas d’inquiétude. Le lendemain matin, à 10 heures,

un des spécialistes les plus réputés de Paris vint pour un examen approfondi. Le Frère Frédéric eut, à ce moment, une courte syncope, suivie bientôt d’une deuxième, plus prolongée. Malgré les moyens les plus modernes employés pour le ranimer, il rendait l’âme à 11 heures du matin [21 mars 1954]. On devine l’émotion que produisit l’annonce de ce dénouement si brutal, chez les religieux de Pont-l’Abbé qui avaient vu, quatre jours auparavant, le Frère Frédéric partir, le sourire aux lèvres, pour l’hôpital de Rochefort. Ses parents acceptèrent cette douloureuse épreuve avec une admirable résignation chrétienne. Ils avaient donné leur enfant à Dieu et à l’Assomption sans esprit de reprise. Le corps du défunt resta exposé dans une chapelle ardente de l’hôpital jusqu’au mercredi matin 24 mars. Les obsèques eurent lieu à Soisy-sur-Seine, d’où la famille est originaire. Le convoi mortuaire fut accueilli, à la porte de l’église, par Mgr Lamy, archevêque de Sens, parent de la famille, qui avait baptisé et confirmé le jeune Frédéric, par le P. Maurice Bergé curé de la paroisse, par le P. Romain Ponsard et tout l’alumnat de Soisy, professeurs et élèves. La messe fut célébrée par le P. André Hooghe ancien supérieur de Frédéric à Soisy et à Clairmarais, assisté des Pères Z. Mortier et Roland Thomissen. Les chants furent exécutés par la schola de l’alumnat avec beaucoup de piété et un ensemble impeccable, sous la direction du P. Irénée Van Melis. Après la messe, le P. André, après quelques condoléances émues à la famille, releva quelques traits de la physionomie du Frère Frédéric, en particulier sa fraîcheur d’âme. Mgr Lamy donna l’absoute. Les dernières prières furent récitées au cimetière. Puis on descendit le corps de notre regretté novice dans le caveau familial qui s’était ouvert, quinze jours plus tôt, pour recevoir la dépouille de sa grand-mère maternelle ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation, B.O.A. juin 1955, p. 106-107. Lettre à la Famille 1954, no 167, P. 42. L’Assomption et ses (Euvres, 1955, no 505, p. 12-14. Carillon de Notre-Dame de l’Ermitage (bulletin de Soisy), 1954, no 48, p. 4 (extrait cité). Saint-Antoine de la Chaume (bulletin de Pont-l’Abbé d’Arnoult), 1954, no 20, P. 3.