Frédérick (Frédérick-Thomas) ROBINSON – 1896-1967

Mobilité.
« Disposé par avance à me soumettre à votre décision, je désire vous
formuler un vœu que votre bienveillance paternelle prendra en considération
si elle le juge à propos. Bien que, lors des options pour les Provinces,
j’aie opté pour la Province du Centre, la Curie généralice de l’époque a
jugé bon de me verser à la Province de l’Est. Sans incrimination aucune
contre cette décision, vous comprendrez que du fait de mon origine et de
quelques
aptitudes spéciales dues à cette origine, je sois porté plus naturellement
à vouloir me consacrer plutôt aux oeuvres d’Angleterre et contribuer, selon
mes forces, à la conversion de mes compatriotes qui n’ont pas encore eu la
faveur comme
moi de voir la lumière et d’aller vers elle. Si donc il est possible que,
sans détriment pour les oeuvres d’Orient, je sois verse dans ma Province
d’origine, je vous prie de bien vouloir m’accorder cette faveur ».
F. Frédérick.
« Après avoir pris l’avis des Conseils Provinciaux de Lyon et de Paris, les
21 et 27 mai
1926, et celui du Conseil généralice en date du mardi 15 juin, je vous
informe de votre rattachement à la Province du Centre ». P. Possidius
Dauby.

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province d’Angleterre. Un cœur de Frère, ouvert et serviable. Frédérick-Thomas Robinson est né le 27 septembre 1896 à Swaffham (Norfolk), au diocèse de Northampton (Angleterre). Par sa famille, il appartient à la Haute Eglise Anglicane. En 1915, il décide de passer au catholicisme, attiré par le désir de devenir religieux. C’est un prêtre diocésain, en lien avec l’Assomption, qui le fait connaître. Très intelligent, distingué et volontaire, il accepte de grand cœur de faire le sacrifice de son indépendance et de se mêler à un milieu international qui est de prime abord très étranger à son caractère d’insulaire. Persévérant dans la prière, docile dans la conduite de sa vie, il sait faire confiance à ses supérieurs pour commencer une nouvelle étape de vie. Entré comme postulant à Bethnal Green en juin 1914, il est présenté de façon sympathique par le P. François Mathis son supérieur: « Le Frère Frédérick est un converti de trois ans, ayant fait son abjuration avant de venir chez nous et ayant été baptisé sous condition le 15 décembre 1915 dans la foi catholique. Seul catholique de sa famille, il travaille à convertir les siens et j’espère qu’il y arrivera un jour. Il a les idées de beaucoup de convertis qui se scandalisent facilement des imperfections inévitables de la vie religieuse. Toutefois il comprend et apprécie peu à peu l’esprist de l’Assomption. Sa santé sans être mauvaise n’est pas précisément bonne, il souffre de fièvres rhumatismales. Il s’est chargé chez nous de l’entretien de l’église et de la sacristie. C’est un homme capable, intelligent et délicat ». Le 19 décembre 1918, il prononce ses premiers vœux à Bethnal Green et, le 19 décembre 1924, ses vœux perpétuels à Koum-Kapou, à Istanbul. On lui connaît plusieurs résidences. Charlton et Londres de 1915 à 1918, Bethnal Green de 1918 à 1920, Saint- Gérard de 1920 à 1921, A.A Taintegnies de 1921 à 1922, Louvain de 1922 à 1923, Koum-Kapou en Turquie de 1923 à 1926, Hitchin de 1926 à 1947, Bethnal Green de 1947 à 1965, enfin Newhaven de 1965 à 1967. Il meurt le 20 mai 1967 à Saint-Joseph’s Hospice de Hackney (Londres). Personnalité et traits de caractère. Chargé de la sacristie et du soin de l’église partout où il est passé, le Frère Frédérick laisse une réputation d’ordre et de propreté. Il ne démentit jamais la confiance que ses premiers supérieurs mettent déjà dans ses qualités de jeune religieux, capable et prêt à tous les dévouements. Ses services dans les communautés sont nombreux et variés. Toute sa vie d’ailleurs n’est qu’un service, aussi bien comme surveillant de collège, professeur d’anglais, secrétaire, cuisinier, organiste, sacristain, tenancier d’un petit magasin de friandises à Hitchin ou d’un petit magasin de chapelets et de médailles pieuses à Bethnal Green. Sa place à la salle à manger est au bout de la table, habituellement du côté de la porte donnant sur la cuisine pour n’avoir qu’à se lever et à servir ses frères. Il ne prend pas toujours part à la conversation générale, à cause d’une légère surdité, mais rien ne lui échappe de ce qui se dit. Sa mémoire fidèle retient toutes les conversations et les informations. Il a ses petites fiertés, l’Angleterre, Norfolk et surtout son pays natal, Swaffham. On lui connaît aussi des attachements pour l’aristocratie britannique, la Haute Eglise Anglicane, l’ancienne Assomption, les religieux français qu’il a connus dans sa jeunesse et en Orient. A l’occasion, ü aime rappeler ses souvenirs d’un demi siècle d’histoire. Si quelqu’un lui demande son opinion sur tel ou tel point, il n’hésite pas à élever la voix et le ton, pour défendre ses goûts et préférences. On note chez lui de la noblesse dans ses jugements sur les hommes, les événements et les situations. Lorsqu’il meurt, la Province d’Angleterre perd l’exemple d’une vie religieuse marquante. Sa foi sincère, sa forte personnalité, son sens du service faisaient impression. Beaucoup se souviennent de lui avec affection et respect.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. janvier 1968, p. 234-235. The Assumptionist, Summer, 1967. Lettre du Frère Frédérick Robinson au P. Gervais Quenard, Stamboul, 4 mai 1926 (réponse du P. Passidius Dauby pour le P. Général, Paris, 15 juillet 1926). Notices Biographiques