Fulgence (Josef-Maurice) VANORBEEK – 1903-1976

Woluwe, 1955.
« Je viens avec un peu de retard vous accuser réception de ma lettre
d’obédience et je profite de l’occasion pour vous exprimer mon attachement
filial et mon désir de bien remplir le rôle qui m’est assigné. Avec le P.
Bertrand
mon compagnon, nous tâchons de nous rendre mutuellement heureux et
meilleurs et de
faire pour le mieux dans la paroisse. Demain le Cardinal nous fait une
visite paternelle
et bénira le chemin de croix de l’église. L’idée m’en est venue
à Trèves et c’est une paroissienne qui l’a exécuté. Ce sont de petites
statues détachées en terre, destinées à être cuites lors d’une seconde
édition mais que plus d’un préfère telles quelles, si bien qu’elles ne
seront peut-être jamais cuites, placées dans
une encoche prévue dans l’architecture. C’est de l’inédit et du franchement
pieux. Les écoles paroissiales ont vu toutes deux augmenter leurs
effectifs. Elles ont, outre la bénédiction de Dieu, une garantie d’avenir,
un autocar prend les élèves les plus éloignés et c’est un succès. J’avais
espéré l’an dernier procurer une vocation aux Oblates, mais la jeune fille
a préféré la Trappe où je l’ai conduite de grand cœur. Mais le 9 octobre,
je conduis une paroissienne à Froyennes ».

Religieux de la Province de Belgique-Nord. Un temps de formation heureux. Jozef-Maurice Vanorbeek voit le jour à Zepperen, le 26 décembre 1903, dans le Limbourg belge. Il commence ses études à l’alumnat de Zepperen (1915-1919) et les poursuit à Vinovo en Italie,(1919-1921). Le 4 novembre 1921, le P. Remi Kokel lui donne l’habit religieux au noviciat de Saint-Gérard en Belgique. Jozef-Maurice devient le Frère Fulgence. C’est à Saint-Gérard qu’il prononce ses premiers vœux le 5 novembre 1922, avec cette belle appréciation du P. Rémi Kokel: « Le Frère Fulgence est une âme jeune et joyeuse. Sa caractéristique serait d’abord son attachement d’enfant à l’Assomption, à la vie de famille à l’Assomption, aux relations confiantes et ouvertes avec les religieux. Ce jeune homme a l’esprit large, un entrain toujours prêt au dévouement, d’une intelligence éveillée où se fondent facilement les cultures. il pourrait faire de très bonnes études, mais il aime se dévouer en rendant de multiples services. Sur le plan personnel, c’est un religieux pieux et d »esprit surnaturel ». Sans changer de maison, il fait sur place à Saint-Gérard, selon la nouvelle répartition des maisons de formation, ses études de philosophie (1924-1926), après avoir consacré une année d’enseignement à Zepperen. Il prononce ses vœux perpétuels le 5 novembre 1925 à Saint- Gérard. Le P. Sidoine Hurtevent relève les belles dispositions du Frère Fulgence à cette occasion: « L’ardeur de ce Frère pour sa vie religieuse s’est manifestée avec une grande persévérance à la fois dans les domaines de sa vie personnelle de piété, de prière, dans son travail intellectuel comme dans le service matériel. Nous sommes satisfaits ici de son bon esprit dans la vie commune, de sa docilité et de sa charité dans les relations. Il a fait preuve d’initiative et de bonne volonté dans le don de lui- même. Page :239/239 S’il n’est pas encore parfait, il est équitable de dire qu’il est bien appliqué sans relâche à l’animation de sa vie religieuse et qu’il donne toutes les preuves d’une heureuse persévérance dans sa vocation ». Le Frère Fulgence étudie la thélogie à Louvain (1926-1930). Au terme de ses études, il y est ordonné prêtre, le 20 avril 1930. Ministères. Après quatre ans de professorat à Kapelle-op-den-Bos (1930-1934), le P. Fulgence fonde à Bruxelles l’hebdomadaire paroissial ‘Het Kruis’ (La Croix) et le dirige de main de maître. Par suite du manque de papier, Het Kruis cesse de paraître au moment de la guerre, en 1940. Après la guerre, en 1945, Het Kruis peut à nouveau reprendre son édition et sa diffusion. En 1964, les hebdomadaires paroissiaux du pays flamand fusionnent. Il paraît opportun d’abandonner Het Kruis et de collaborer au nouveau journal paroissial unifié. En 1940, le P. Fulgence a été provisoirement affecté à la paroisse assomptionniste de Kapelleveld de Bruxelles-Woluwe. Deux ans plus tard, en 1942, il y succède au P. Rodrigue Moors comme curé. Il organise la vie de la paroisse à la perfection. Il agrandit l’école, bâtit la salle paroissiale et en 1955 il dote la paroisse d’une très belle église. Il jouit sur place d’une sympathie et d’une confiance générales, allant jusqu’aux non-pratiquants, car il sait également rencontrer avec aise ceux qui ne fréquentent guère les églises. De 1952 à 1958, le P. Fulgence est assistant provincial de Belgique. Il accepte la décision de séparer la Belgique en deux provinces en 1963, mais c’est pour lui la souffrance d’une déchirure familiale. A la rue Duquesnoy, il a toujours cherché à vivre en parfaite harmonie avec tous. Il se dit peiné de la manière dont la séparation, notamment, des biens est pratiquée, défendant aussi la mémoire et l’honneur du P. Stéphane Lowet contre des insinuations qui lui paraissent injustes. Il n’entend pas faire de cette mesure une arme d’une opinion contre l’autre, même s’il constate et entend sur place bien des plaintes de la part du Frère Aloysius Van Veen et du Frère Emmanuel Thielens. Les mesures d’éloignement qui touchent d’autre part les PP. Lambert Teuwen et Guido Nelissen le blessent dans sa large fraternité assomptionniste (1). Il s’ouvre avec délicatesse de ce qui a pu éprouver sa conscience de religieux, cherchant plus à informer les supérieurs qu’à prendre parti. Il rejoint alors la province de Belgique-Nord. Le 11 novembre 1966, il devient aumônier de deux sanatoriums à Buizingen et y exerce le grand apostolat des petits services. Là aussi, il se fait l’ami des non-pratiquants, des incroyants et des malades de toute religion. Grâce à lui, l’Eglise se montre à ces gens sous un aspect attractif. Le 12 octobre 1976, la mort le surprend sans l’avertir. Le P. Fulgence est inhumé à Zepperen, le 16 octobre 1976, dans son village natal qui est aussi le lieu d’implantation d’une communauté assomptionniste depuis le début du siècle. (1) Ces religieux ne sont pas chassés de la rue Duquesnoy, mais leur départ du lieu est la simple conséquence de la division de la province belge en deux ensembles. Chaque religieux a été appelé à faire le choix entre Belgique-Nord et Belgique-Sud. Page :240/240

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (I) 1975-1980, p. 36. Documents Assomption, 1978, no 3, p. 202: ‘Visages familiers’ par le P. Frans Houbey. Onder-Ons, 1976. Lettre du P. Fulgence Vanorbeek au P. Aubain Colette, Woluwe, 28 septembre 1955. Dans les ACR, du P. Fulgence Vanorbeek, correspondances (1933-1964), rapports sur Kapelleveld-Woluwe (1942-1951).