Gabriel ALLEGRE – 1910-1997

Evocation du retour de
Tunisie: 10 août 1964.
« L’Assomption a chanté son chant du cygne avant de disparaître. Le P.
Jean- Augustin Gabel a voulu fêter son jubilé dans ce pays où il vint jeune
prêtre en 1940: nous ne sommes nous trois, PP. Allègre, Paul Perrin et
Austai Anselm que des nouveaux-nés auprès de cet ancien…
Nous venons de quitter définitivement cette terre de Tunisie où les
Assomptionnistes ont œuvré plus de trente ans, du Nord au Sud, en paroisse,
en aumônerie, en collège, dans les œuvres diverses. La situation actuelle
de l’Eglise
en Tunisie, avec la fermeture de presque toutes les églises et le départ
des chrétiens, requiert la présence de prêtres connaissant l’arabe et
capables de s’adapter à un ministère
tout à fait nouveau. Le diocèse a repris la charge du secteur sud de Tunis
qui nous était confié, ainsi que l’aumônerie des Petites-Sœurs de
l’Assomption.
‘Dans un repas d’adieu très fraternel, Mgr Perrin nous a dit son regret de
nous voir partir après tant d’années de loyale collaboration et sa
reconnaissance pour le travail accompli.’
Lettres du P. Allègre

Religieux de la Province de France.

Le parcours d’un prêtre diocésain de Grenoble. Gabriel Allègre est né à 800 m. d’altitude, dans un hameau de Saint-Martin de La Cluze (Isère) le 8 juillet 1910. Au terme de ses études secondaires (1922-1927) à l’alumnat de Miribel-les-Echelles, il opte pour le séminaire de Grenoble et la vie de prêtre séculier. On sait seulement qu’il fait son service militaire dans l’artillerie en 1931-1932. Ordonné prêtre à Grenoble le 15 juin 1933 par Mgr Caillot, il est successivement vicaire à Saint-Jean de Bournay (1935-1939) et de Villeurbanne, commune du Rhône faisant encore partie du diocèse de Grenoble (1939- 1943), puis curé de Montseveroux (1943- 1945) et de Saint-Joseph à Voiron jusqu’en 1952. A 42 ans, il demande à rentrer à l’Assomption où il a été formé. Il entre alors au noviciat de Nozeroy (Jura) où il fait profession le 21 septembre 1953. Il travaille ensuite pendant huit mois à la procure de Lyon-Debrousse. En 1954, il est nommé à la paroisse Notre-Dame du Rouet à Marseille. Il y est supérieur de 1957 à 1960.

En mission en Tunisie.

Il gagne ensuite la Tunisie pour la communauté de Ben-Arous. L’indépendance tunisienne en 1956 provoque un premier exode de la population chrétienne, d’origine européenne, tant française qu’italienne. En 1962, il est nommé curé de la paroisse Saint- Joseph de Tunis et supérieur de la petite communauté. Signe de cette réduction progressive des communautés chrétiennes en pays musulman, au printemps 1963, les quatre églises desservies par l’Assomption ne rassemblent plus le dimanche que quelque deux cents fidèles. Les événements politiques se font plus pressants: en octobre 1963,

Notices Biographiques A.A Page : 47/47 la France est contrainte d’évacuer Bizerte et en mai 1964, plus de 400.000 hectares de terres appartenant à des étrangers sont nationalisés par le gouvernement tunisien. L’Assomption, comme d’ailleurs beaucoup d’autres prêtres ou religieux, prend part à ce grand exode, laissant sur place, sans indemnisation, tout ce qui a été construit et aménagé.

Au service des paroisses de la côte provençale.

On confie au P. Gabriel à son retour la direction de la paroisse de Carnolès (Alpes-Maritimes) qui n’est officiellement créée et reconnue ‘paroisse Saint-Joseph’ par l’évêché qu’en 1965. Il en est donc le premier curé. Les Provinciaux successifs de Lyon, PP. Noël Bugnard et Morand Kieiber le nomment supérieur pendant deux triennats (1965-1971).

En 1971, il passe au service de la maison de repos de Lorgues comme supérieur. Dans cette fonction, il manifeste un dévouement empreint de simplicité et de bienveillance encore pendant neuf ans (1971-1980). Relevé de sa charge, il reste sur place comme pensionnaire. Au printemps 1997, il est hospitalisé une quinzaine de jours. Mais sa santé s’est affaiblie et il meurt le 22 août 1997. Ses obsèques sont célébrées sur place le 25 juillet. Le P. Léon Pellicier évoque dans l’homélie sa mémoire mais surtout ses deux préoccupations majeures: la vie communautaire et la prière pour les vocations. Lui même n’a-t-il pas écrit:

« Pendant des années j’ai admiré la piété et le dévouement des frères qui m’ont fait découvrir le sens et la valeur de la prière que notre fondateur avait donnés à sa jeune congrégation. Notre mission n’est-elle pas d’être missionnaires avec nos frères qui travaillent au loin dans des conditions difficiles? Ainsi le temps de notre vieillesse ne sera pas stérile, mais fécond ».

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Bibliographies

Bibliographie : Documents Assomption, Nécrologe (VII) 1996-1997, p. 87-88. A.T.L.P., Assomption France, Nécrologe 1997, p. 396-397. Lettre à la Famille, 1960, n° 296, p. 417: jubilé sacerdotal du P. Allègre à Marseille. Lettre à la Famille, 1963, p. 442 (nouvelles de Mégrine). Lettre à la Famille, 1964, p. 630. Le P. Allègre a laissé dans nos archives des rapports sur la paroisse et communauté de Notre-Dame du Rouet à Marseille (années 1957-1960), sur la mission de Tunis-Mégrine (1962- 1963).