Geoffroy ESCUDE – 1883-1902

Définition de 1’état religieux. Pour être considéré comme religieux à part
entière, il faut
émettre les trois vœux simples de pauvreté, chasteté et obéissance, suivre
les règlements de sa famille religieuse. Cet état n’est considéré comme
stable qu’à
partir de la profession perpétuelle, d’où la définition qui sera adoptée
par le Code de Droit canonique de
1917: un état de vie ou une institution de vie stable, approuvée par
l’Eglise pour les fidèles qui, sous une règle déterminée et un mode commun
de vivre, veulent tendre à la perfection par la profession des trois vœux
de religion. D’après cette définition, un novice avant sa profession n’est
pas à strictement parler religieux. Cette précision explique que l’on
compte les années de vie religieuse à partir de la première profession.
Avant 1923, à l’Assomption, le noviciat dure 2 ans, la première année se
déroulant dans le lieu propre et
spécifique de la maison constituée à cet effet, la seconde pouvant se
passer dans une communauté d’œuvres, le novice de deuxième année, profès,
se trouvant
toujours sous la juridiction du maître des novices. La profession in
articulo mortisne fait qu’anticiper la date de profession pour raison
majeure

Geoffroy ESCUDE

1883-1902

Religieux francais, novice.

Un enfant des Pyrénées.

Geoffroy (1) Escudé est né le 3 septembre 1883 à Trie-sur-Baïse dans les Hautes-Pyrénées (2). C’est un enfant de l’œuvre de Notre-Dame des Vocations, œuvre à laquelle il garde une vive reconnaissance pour sa formation, acquise dans les alumnats (3), et pour son acheminement vers la vie religieuse. Goeffroy vient frapper à la porte du noviciat assomptionniste de Louvain en 1901 et il reçoit l’habit religieux le 25 septembre 1901 (4). De nature très sensible, il lui en coûte de se séparer de sa famille à laquelle il reste très attaché. Au noviciat, ses formateurs remarquent sa vive intelligence, nette et pénétrante, sa forte imagination et une manière d’écrire qui témoigne d’une maturité d’esprit supérieure à son âge. Au printemps 1902, il est frappé par la tuberculose. Très amaigri, il retourne se reposer en famille dans les Pyrénées où l’on veut croire aux valeurs curatives du soleil des montagnes. Son secret espoir, c’est de guérir rapidement pour pouvoir être envoyé à la mission d’Orient. Confiant dans la Vierge de Lourdes, il souhaite encore pouvoir se rendre au pèlerinage national, mais la maladie le gagne de vitesse. Après quatre mois de cruelles souffrances, il meurt en famille à Trie-sur-Baïse, le 24 août 1902 à l’âge de 19 ans. Avec l’autorisation de ses Supérieurs, il a pu, selon son désir, prononcer ses vœux in articulo mortis. Le Frère Geoffroy est inhumé au pays natal, dans la tombe familiale.

(1) Nous ne connaissons pas le prénom de baptême du Frère Geoffroy. Seul l’acte de vêture est consigné (en latin). Il n’a pas prononcé ses premiers vœux à Louvain: il n’y a pour lui ni rapport, ni acte de profession écrit. (2) D’après le Dictionnaire des communes, Trie-sur- Baïse est une petite commune, près de Lannemezan.

(3) Nous n’avons aucun indice pour retrouver le parcours scolaire du jeune Geoffroy Escudé.

Bien rares sont les alumnats qui ont conservé des listes d’inscriptions annuelles. Quant aux éphémérides de ces maisons, elles sont généralement d’un laconisme et d’une imprécision redoutables et explicables, étant tenues de façon habituelle par des plumes infantiles.

(4) Seule pièce d’archive conservée pour le Frère Geoffroy, son acte de vêture le 25 septembre 1901 à Louvain, signé par les PP. Félicien Vandenkoorhuyse, Gélase Uginet et Octavien Caron.

Une poésie du Frère Geoffroy pour les profès de 1901 Le Christ disait à votre âme: « Viens mon amie, Viens épancher dans ma poitrine tes amours: L’hiver est déjà loin avec ses mauvais jours,

Et la tempête au fond du monde est endormie ». Et votre ârne disait au Christ: « Divin Epoux Le soleil a terni la beauté de ma face Toutefois, à vos yeux si je puis trouver grâce, Qu’il me soit fait selon vos grès: je suis à vous ». Oh! quels frémissements agitèrent les anges Quand le ciel et la terre se firent ces échanges De mutuel amour, devant J’autel en feu!

Qu’il est grand le bonheur dont votre cœur tressaille,

Novices enviés, car c’est avec un Dieu

Qu’en ce jour vous avez passé vos fiançailles!

Profession annuelle 18 septembre 1901

Bibliographies

Bibliographie et documentation: L’Assomption, 1902, n° 70, p. 160; n° 71 p. 165. Souvenirs, 1902, n° 5, p. 17-18. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Registre des vêtures et des Professions de 1895 à 1911 (Livry, Gemert, Louvain et Gempe): ACR (H 23). Notices Biographiques