George Andrew (George Augustine) BECK – 1904-1978

Evocations.

« Mgr Beck était un historien et un théologien. Et c’est pourquoi il était
avare de paroles. Il avait la réserve du savant et du sage. Nous nous le
représentons comme un grand évêque ou un grand spécialiste de l’éducation.
Mais dans ses études personnelles, c’était sur la doctrine de la grâce
qu’il méditait et écrivait. Un jour il m’a montré une épaisse liasse de
papiers, le résultat de ses
recherches. De temps à autre il ajoutait quelques phrases, quelques
pensées. Pour lui, la grâce était ,à n’en pas douter, le plus personnel des
mystères. Il n’a jamais publié ce travail. Il n’a jamais tenté de le faire.
Lorsqu’on lui en demandait la raison, il se contentait de répondre:’ je ne
sais pourquoi, cela n’est pas venu à la vie, et la grâce, au fond, c’est
toute la vie’. D’après Mgr Harris.

Mgr Beck a gardé dans sa vie épiscopale la pratique d’une vie personnel de
pauvreté: « Pour les besoins du diocèse, Mgr Beck signe un chèque pour un
millier de livres sans hésiter, mais lorsqu’il s’agit de quelque chose pour
l’entretien de sa maison, il m’interroge minutieusement avant de consentir
à dépenser un shilling.. ».
D’après le secrétaire de Mgr
Beck au P. Julian Walter.

Religieux de la Province d’Angleterre, évêque de Brentwood (1948), de Salford (1955), archevêque de Liverpool (1964).

Un témoin de ‘Assomption anglaise.

George Augustine est né le 28 mai 1904 à Streatham dans la banlieue londonienne, d’un père journaliste. Il fait ses études au Xaverian Collège Clapham (1915-1918) et au St Michael’s Collège d’Hitchin (1918-1920), alors dirigé par les Pères de Saint-Edme. Il choisit d’entrer dans cette congrégation en avril 1921 et y prononce ses premiers vœux le 5 octobre 1923 dans le collège que ces religieux dirigent à Sens (Yonne). En 1925, cette petite congrégation se dissout, faute de recrutement, et sa branche anglaise demande à passer ‘corps et biens’ à l’Assomption: le fr. Andrew est l’un des 4 religieux accueillis à l’Assomption. Le collège de Sens est alors repris par les religieux de la province de Paris. Fr. Andrew poursuit des études de théologie à Hitchin (1923-1925) et à Louvain en Belgique (1925-1927) où il fait profession perpétuelle le 5 octobre 1926 et où il est ordonné prêtre à 23 ans le 24 juillet 1927.

Au service de l’Église dans l’enseignement.

Andrew commence sa vie sacerdotale dans l’apostolat de l’enseignement, d’abord comme professeur à Hitchin en 1927, collège également passé à l’Assomption, puis comme directeur en 1941. En 1944, il prend la direction du collège de Nottingham. Il garde toute sa vie d’ailleurs un goût et une compétence pour le monde de l’éducation qu’il va mettre plus largement à profit au bénéfice du catholicisme anglais. Grâce à son combat, il sera plus tard à même de faire aboutir de patientes négociations avec le gouvernement pour que les catholiques anglais obtiennent un statut scolaire respectueux des droits des parents

Notices Biographiques A.A Page : 193/193 et se voient reconnaître une certaine parité de traitement avec les autres instances de l’enseignement officiel, ce que sanctionne le versement de subventions publiques. Ce souci de formation le rend actif également aux niveaux propres du clergé, de la catéchèse et de la pastorale lorsque vient l’heure pour lui du service de l’épiscopat.

Un évêque pasteur.

En 1948, le P. Andrew est nommé évêque coadjuteur de Brentwood dans l’Essex. En 1951, il en devient le titulaire jusqu’à son transfert au siège de Salford dans le Lancashire en 1955 et enfin sa promotion à l’archevêché de Liverpool en 1964. On a dit de lui qu’il s’y fait connaître plus comme homme d’action et comme pasteur que comme théologien. Sous son impulsion, surgissent effectivement de nombreuses écoles et de nouvelles paroisses, tant à Salford qu’à Liverpool, selon les besoins spécifiques de ce catholicisme anglais, minoritaire dans le pays et fréquemment regardé par l’establishement anglican comme corps étranger du fait de l’immigration irlandaise. Patiemment Mgr Beck travaille à étoffer ses différents diocèses de ce réseau d’institutions religieuses qui élargissent l’influence catholique sur le plan social et lui donnent une assise nationale. Ses initiatives pastorales trouvent une heureuse consonance avec les impulsions liées au mouvement conciliaire: il est le premier évêque de son pays à créer un Conseil presbytéral et un Conseil pastoral; de même il inaugure un Bureau de presse et d’information. Ouvert aux relations oecuméniques, il a la joie de prêcher à la cathédrale anglicane de Liverpool. On se plait à souligner chez lui son respect des personnes et sa parfaite courtoisie. Devant l’acuité des problèmes de conscience que créent les évolutions rapides du monde des années 60, il sait se montrer ferme dans l’affirmation des principes. En 1966, un infarctus l’oblige à freiner ses activités et à demander l’aide d’un auxiliaire. En 1967, une cathédrale nouvelle est consacrée dans sa ville. En 1975, il demande au pape Paul VI de le relever de sa charge. Il meurt au Lourdes hospital de Liverpool le 13 septembre 1978. Il est inhumé dans la nouvelle cathédrale de Liverpool le 19 septembre. La cérémonie est présidée par le cardinal Hume: il lui rend au nom des catholiques anglais le témoignage d’une estime et d’une amitié qui débordent leurs rangs.

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Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (I), 1975-1980, p. 67-68. L’Assomption et ses muvres, 1979, n° 597, p. 12-14. Catholic Pictorial, february 1964 et september 1978. Dossier Andrew Beck, ACR. Les archives romaines possèdent quelques correspondances de George-Andrew Beck (1930-1962). Comme religieux, l’Assomption lui doit des brochures de présentation de la spiritualité assomptionniste et du P. d’Alzon, en anglais (1933). Mgr Beck a écrit des circulaires, articles et lettres pastorales au clergé (1957-1969). Il a donné des interview à divers journaux, dont La Croix, notamment au moment du concile de Vatican II.