Georges-Michel (Georges-E.-F.) MOULIN – 1893-1939

Faire-part.
« Nous avons la douleur d’annoncer la mort du R.P. Georges-Michel Moulin,
directeur depuis un an de la Documentation Catholique, qui vient de
s’éteindre à l’âge de 45 ans, à la suite d’une brusque maladie durant
laquelle il a fait l’édification de ses confrères. Ancien supérieur du
collège de Ponlevoy, spécialiste des questions anglicanes, le regretté
défunt s’intéressait aux divers problèmes de la vie catholique
contemporaine. Aumônier de la maison des Dames du Calvaire, il dirigeait
nombre d’âmes qui auront pour lui un souvenir reconnaissant devant Dieu,
sans oublier les communautés auxquelles il consacrait son
zèle. Le défunt appartenait à la Congrégation des Augustins de l’Assomption
(Province de Paris). Les funérailles du P. Moulin ont eu lieu lundi matin,
à 9 heures, à Saint-Pierre de Chaillot à Paris. Elles ont été présidées par
Mgr Gaston, protonotaire apostolique, vicaire général et curé de la
paroisse, qu’entourait son clergé. La messe a été chantée par M. l’abbé
Protin, du conseil d’administration de la Bonne Presse, avec les abbés
Guichardan et Cusion, diacre et sous-diacre. L’absoute a été donnée par Mgr
Pie Neveu. L’inhumation a eu lieu au cimetière Montparnasse.

Religieux de la Province de Paris.

Un prêtre diocésain passé à l’Assomption.

Georges-Eugène-François Moulin est né le 18 septembre 1893 à Buré (Orne). Il fait ses études secondaires à Flers à l’école de l’Immaculée- Conception, de 1907 à 1913, puis entre au grand séminaire de Sées (1913-1917). Mobilisé pendant la guerre de 1914-1918, il ne tarde pas à être réformé comme tuberculeux et il peut regagner le séminaire. Il est ordonné prêtre le 22 décembre 1917 à Sées par Mgr Bardel. Il passe quelques années à l’hôpital de Mortagne pour soigner sa santé (1917-1918), tout en rendant un service d’aumônerie. De 1921 à 1925, il est professeur d’anglais dans une institution Bignon. A partir de janvier 1925, il est nommé curé de la paroisse Batilly, mais ne reste que quelques mois dans ce service pastoral et reprend de l’enseignement à l’école Foch et au pensionnat Saint-Jean à Laigle (1925-1926). Il exerce les fonctions de prêtre de paroisse à Iray (1926-1927), tout en enseignant au pensionnat Saint-Jean. Mais la solitude du presbytère lui pèse. Ayant connu l’Assomption durant des périodes d’aumônier occasionnel au noviciat des Petites Sœurs, il obtient de son évêque l’autorisation d’entrer au noviciat de Taintegnies en Belgique. Il prend l’habit le 3 avril 1927, sous le nom de Père Georges-Michel, prononce ses premiers vœux, le 4 avril 1928, à Scy- Chazelles (Moselle) où le noviciat s’est transporté. Il prononce ses vœux perpétuels à Louvain le 4 avril 1932.

Professorat.

Au terme de son noviciat, le P. Georges-Michel passe quelques mois à l’alumnat de Poussan (Hérault), puis devient professeur à Sens au collège Saint-Edme (Yonne), de 1929 à 1930. Il est ensuite envoyé comme professeur au collège de Pontlevoy que l’Assomption vient de prendre en charge (Loir- et-Cher).

Au bout de deux ans, il en devient supérieur (1932-1934). Sa culture intellectuelle est étendue et variée. Le P. Georges-Marie est diplômé du baccalauréat-ès lettres et d’une licence de lettres classiques et de langue anglaise. Il prépare un doctorat que les circonstances ne lui permettront pas de présenter. Modeste et même timide, très exact et ponctuel pour les exercices de la règle, d’une tenue impeccable, d’une politesse exquise, tout son extérieur inspire la régularité et un grand sens religieux. Esprit méthodique, réfléchi, il aime l’étude et ne se montre guère bavard. Il doit même lutter contre des tendances difficiles de son caractère, mais la vie en communauté lui convient. Attaché à la paroisse Saint-Christophe de Javel à Paris en septembre 1934, il se voit confier l’aumônerie des Dames du Calvaire où son dévouement charitable, son zèle sacerdotal sont très appréciés. Il accomplit à trois reprises un pèlerinage à Jérusalem, en aide au P. Olivier Dabescat où, comme directeur de groupes, il réussit parfaitement grâce à son esprit de foi et à l’aménité de son comportement.

A la tête de la Documentation Catholique.

Aux vacances de 1937, le P. Georges-Marie est chargé de la direction de la Documentation Catholique et déménage donc sur les quais de Seine. Cette activité cadre bien avec ses aptitudes et goûts intellectuels. Mais au début de l’année 1938, à la suite d’un refroidissement, se déclare une double pneumonie, laissant prévoir une issue fatale en raison de sa gravité. Conscient de son état, le Père Georges-Michel accepte surnaturellement cette épreuve. Il meurt le 13 janvier 1939, à l’âge de 45 ans, sans avoir pu donner toute sa mesure dans cette oeuvre de presse où il venait d’arriver. Le corps du P. Georges-Michel est inhumé au caveau de l’Assomption (tombe Bailly) du cimetière Montparnasse.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion 1939, no 779, p. 297-299 et no 781, p. 311-315. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. La Croix, 13 janvier 1939 (Faire-part et funérailles du P. Moulin). La Documentation Catholique, no 2000, 18 février 1990. Dans les ACR, du P. Georges-Michel moulin, rapports sur Pontlevoy (1932-1934), correspondances (1928-1936).