Gérard (Gerard Hendrik) ULIJN – 1914-1992

Thonnance, 1963.
« Par la présente lettre, je tiens à venir vous remercier pour tout ce que
vous avez fait pour moi, pendant mon séjour inoubliable à Rome, au mois
de janvier. Vous avez été un exemple vivant de charité fraternelle que je
ne suis pas prêt d’oublier de si tôt. Depuis le premier jour de mon arrivée
jusqu’à cette magnifique promenade en voiture, vous nous avez stupéfaits
par votre simplicité et votre grande bonté. Sachez, mon Père, que de tels
exemples restent gravés dans nos coeurs et nous, j’en suis sûr, nous
essayerons de loin d’imiter ces exemples. Les Pères ont été très touchés
quand je leur ai raconté tout ce que nous avons rencontré à Rome. Notre
séjour a été pour nous une grande grâce dont nous voulons profiter le plus
longtemps possible. Nous avons eu l’immense bonheur
de voir le saint Père: et c’était une grâce de choix; mais j’ose dire
surtout que nous avons eu la joie et le bonheur de vivre pendant une
semaine avec notre Père. Soyez assuré de mes prières plus ferventes que
dans le passé, ayant deviné un peu tous les soucis qui se cachent derrière
votre bon sourire ».

P. Gérard.

Religieux de la Province des Pays-Bas. Formation. Gerardus Hendricus Ulijn est né à Utrecht, le 5 août 1914 (Pays-Bas). A 7 ans, il perd son père, Marinus, et il est élevé seul avec sa mère, Gerarda Van Reijn, ce qui permet de comprendre le caractère assez réservé de sa personnalité, marquée par une enfance très solitaire. De 1927 à 1933, il est élève à l’école apostolique Sainte-Thérèse à Boxtel. En 1933, il part pour Taintegnies en Belgique où il fait son noviciat. Il prend l’habit le ler octobre 1933, sous le nom de Frère Gérard. En 1934, le 2 octobre, il y prononce ses premiers vœux. Nous transcrivons du rapport établi par le P. Romanus Declercq les appréciations suivantes « Quelques religieux du Conseil n’osent pas se prononcer, car ils disent ne pas connaître le Frère Gérard. On retient parfois contre lui le fait qu’il soit taciturne et sombre. Lui ayant parlé directement, le Frère a nettement affirmé sa volonté de devenir religieux à l’Assomption. Dans l’entretien, le Frère a pu souffrir de certaines hésitations dont je lui ai fait part. Cela se lisait sur sa physionomie. Même s’il semble fermé, c’est un homme bien disposé ». Après ses études de philosophie au scolasticat de Saint-Gérard (1934- 1936), il enseigne, durant une année, à l’alumnat de Kapelle-op-den-Bos et également à Zepperen. Le 2 octobre 1937, il est admis à prononcer ses vœux perpétuels. En 1937, le Frère Gérard commence ses études de théologie à Louvain. A cause des circonstances de la guerre, il est obligé, comme d’autres frères néerlandais, de rejoindre son pays. Il vient alors à Bergeijk où il peut terminer ses études. C’est là qu’il est ordonné prêtre, le 20 juillet 1941. Responsabilités apostoliques. Les activités du P. Gérard se partagent entre l’enseignement et l’animation pastorale. Page :135/135 A la rentrée scolaire de l’année 1941, il est d’abord nommé professeurs l’école apostolique de Boxtel. En 1946, il part pour la France et il arrive à l’orphelinat Halluin d’Arras (Pas-de-Calais) où il reste jusqu’en 1952. Il est alors nommé aide-économe à l’alumnat de Vérargues (Hérault) et, en même temps, chargé de desservir la paroisse (1). En 1955, il retourne à l’orphelinat du P. Halluin à Arras comme surveillant. Un an après, il est nommé curé de Thonnance-lès-joinville (Haute-Marne), et ensuite curé de Saint-Urbain où il reste pendant 29 ans. En 1962, il est choisi comme supérieur du groupe des quatre religieux qui forment communauté et il est renouvelé deux fois dans cette charge. En 1963, il peut organiser avec quelques confrères un pèlerinage à Rome, grâce à l’obligeante complaisance du P. Domitien Meuwissen qui, sur place, aménage les temps de visites et de rencontres. Quelques années de repos. En 1989, le P. Gérard retourne en Hollande, pour raison de santé. Il prend un repos bien mérité dans un foyer pour personnes âgées à Maastricht. Ses forces diminuent régulièrement. Lors d’un examen médical, au mois de mai 1992, on diagnostique un cancer aux poumons. Le 15 juin, il reçoit le Sacrement des malades et meurt dans les premières heures du 17 juin 1992. Il est âgé de 78 ans, dont 58 années de profession et 52 de sacerdoce. Le corps du Père Gérard est transporté à Boxtel et, après les obsèques, dans l’église Saint-Pierre, il est enterré au cimetière de l’Assomption de Stapelen, à Boxtel, le 21 juin. [On doit au P. Arno Burg un texte intitulé ‘Origine de l’Assomption aux Pays-Bas’, daté d’avril 1995, traduit en français par le P. Louis Augustijns, (dactylographie de 11 pages), qui présente les années de fondation de la Congrégation de l’Assomption aux Pays-Bas, après les pages écrites sur le même sujet notamment par le P. Freek Veerman et le P. Marius Van Den Boogard et publiées dans la revue de la Province ‘De Schakel’. Les étapes présentées évoquent Gemert 1900-1901), Urmond (1911-1914) et Boxtel (à partir de 1914)]. Page :136/136

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (V) 1991-1993, p. 69-70. De Schakel, juni 1992, p. 97-103. Lettre du P. Gérard Ulijn au P. Domitien Meuwissen, Thonnance, 29 janvier 1963. Du P. Gerard (Gerardus) Ulijn, dans les ACR, rapports sur Thonnance (1962-1964) et quelques correspondances (1948-1963). (1) Sur les alumnats de l’Assomption dans l’Hérault, on peut consulter le livre du P. Polyeucte Guissard consacré à l’histoire des alumnats et celui, plus récent, du professeur Louis Secondy, intitulé De Saint-Pons à Saint-Roch, Montpellier, 2000, aux pages 243-250.