Gérard (Jean-Gérard) EERNINK – 1884-1945

Une vie consacrée dans la joie.
« La joie et la reconnaissance débordent du cœur de votre enfant qui vient
d’avoir le bonheur de se consacrer définitivement à Dieu et à l’Assomption
par la profession perpétuelle. Après avoir dit à Dieu mes plus ferventes
actions de grâces, permettez- moi, mon Père, de vous exprimer aussi ma plus
filiale reconnaissance pour la paternelle sollicitude dont
vous avez comblé votre enfant jusqu’à ce jour où vous avez daigné
m’accepter jusqu’à la mort au sein de la chère famille religieuse. Vos
bontés, j’ose vous le promettre de nouveau avec toute la franchise et toute
la ferveur que j’ai apportées au moment de ma consécration, vos bontés ne
me trouveront pas ingrat. Je veux être et rester jusqu’à ma mort votre
enfant aimant et reconnaissant, en étant aussi bon religieux que possible
dans l’obéissance, le dévouement et l’humilité de
ma vocation. Je vous promets de vous témoigner ma piété filiale par de
continuels efforts dans l’accomplissement aussi généreux que possible de ma
vie religieuse ».
F. Gérard Eernink, Louvain,
27 juin 1922, au P. Joseph
Maubon.

Gérard (Jean-Gérard) EERNINK

1884-1945

Religieux de la Province de Belgique-Hollande.

Un cordonnier-musicien.

Jean-Gérard Eernink est né le 31 mars 1884 à Amsterdam aux Pays-Bas, province de Hollande et diocèse de Haarlem. Il fait ses études primaires à l’école catholique Saint-Joseph d’Amsterdam, suivies de cours d’apprentissage (Honttuinen) pour le métier de cordonnier. Il apprend aussi à jouer du violon. Sans savoir un mot de français, il se présente en octobre 1912 à Louvain (Belgique) où le reçoit le P. Xavier Legrand, pour connaître la vie religieuse, dans des dispositions de grande disponibilité qui le rendent apte à toutes sortes de travaux. Mais, une fois sa compétence professionnelle reconnue, il est chargé de chausser tous les étudiants et religieux de la maison de Louvain. Il prend l’habit assomptionniste sous le nom de Frère Gérard le 14 octobre 1913, dans la chapelle Saint-Augustin du couvent de Louvain. La désorganisation apportée par la guerre explique en partie le retard de sa première profession religieuse, faite seulement le 19 mai 1918. Sa fiche personnelle décompose ainsi son temps de formation: 12 mois de postulat à Louvain (octobre 1912-octobre 1913) et 3 ans de noviciat à Louvain (octobre 1913-octobre 1916). Le P. Possidius Dauby le propose très volontiers à la profession perpétuelle, le 23 juin 1922: « Le Frère Gérard est un religieux sérieux bien formé, constant. Il n’a jamais éprouvé la moindre tentation d’infidélité à la vocation. Sa conduite depuis près de 10 ans a été irréprochable. Il est régulier, calme et dévoué. De tempérament très sociable, il se trouve parfaitement à l’aise dans la vie de communauté. Cordonnier de métier, il travaille très bien. Il s’est adapté d’une manière remarquable aux principes de la Congrégation. Déférant, poli, liant, très serviable, physiquement grand et robuste, il se montre joyeux et ami d’une vie en société.

C’est très volontiers que je le propose à la profession perpétuelle ». Les nouvelles Constitutions, approuvées en 1923, permettent en effet de ramener de 9 à 3 ans la durée des vœux annuels requise pour les religieux convers.

Un modèle de dévouement.

La vie du Frère Gérard se déroule entre Louvain (1912-1940) et Saint-Gérard (1940-1945). En effet, au cours de la seconde guerre mondiale, la maison d’études de Louvain est bombardée par les forces allemandes (mai 1940). Le Frère Gérard qui depuis 28 ans se dévoue au service des religieux de la maison doit se réfugier à Saint-Gérard. Son atelier de cordonnerie est anéanti par l’incendie. Vingt-huit ‘générations’ d’étudiants assomptionnistes se souviennent de ce religieux très serviable, au caractère enjoué, musicien talentueux et caricaturiste de bon goût. En 1940, le Frère Gérard reprend du service dans l’atelier de cordonnerie de la maison de Saint-Gérard, laissé libre par le départ du Frère Alphonse Guillaume, décédé subitement le 22 février 1940 alors qu’il est revenu la veille, en permission, de la caserne. Malgré la pénurie croissante de cuir, le Frère Gérard s’ingénie à ‘faire du neuf avec de l’ancien’. Il sait tirer d’embarras non seulement les Frères, mais aussi les gens du village qui souffrent des mêmes restrictions que les religieux. En cas de besoin, on peut toujours faire appel au Frère Gérard, pour la lessive, le jardin, la ferme, la corvée de charbon… Très estimé pour ses capacités de travail mais aussi pour ses qualités personnelles, le Frère Gérard supporte sans se plaindre des maux d’estomac croissants, suite à un ulcère non soigné. Dans la nuit du mardi 20 au mercredi 21 mars 1945, on le trouve inanimé dans sa chambre, baignant dans son sang. On pense le sauver de cette forte hémorragie, mais il meurt le lendemain jeudi 22 mars, à l’âge de 61 ans. Il est inhumé au cimetière du village de Saint-Gérard (1), en face de l’abbaye, près du Frère Alphonse Guillaume, cordonnier comme lui et emporté lui-aussi prématurément. (1) les religieux inhumés au cimetière du village (Alphonse Guillaume, Gérard Eernink, Constant Cortoos) ont été déplacés au cimetière de la Communauté, situé dans le ‘Parc du Nord’, à l’époque contre le mur du cimetière du village. à la fin des années 1950 (?).

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Famille, mai 1945 n° 5, p. 23. Dans les ACR, 3 correspondances du Frère Gérard Eernink (1922-1937). Notices Biographiques