Gérard (William) MAC MENAMIN – 1888-1977

Du bien fondé des Registres et autres documents écrits.
« Lorsque j’ai fait mon cahier des religieux, j’ai dû demander à chaque
religieux de me donner ses dates de curriculum vitae. Le Frère Gérard m’a
donné à cette occasion les dates le concernant, au mieux de ses souvenirs
et je n’ai rien trouvé d’irrégulier, car toutes ses professions se
faisaient le
6 octobre! Ci-joint la lettre du P. Supérieur de Nottingham où se trouvent
transcrites les dates exactes contenues dans le liber actorum. Je sais que
vous lisez l’anglais.second profession, 5th octobre 1937, third profession
12 th october
1938, perpetual profession 6th october 1939. J’ai montré cette liste
disparate au P. Aidan, supérieur en ce temps-là à Nottingham. mais il
déclare
qu’il n’a aucun souvenir des circonstances. J’ai demandé les papiers
originaux à la Province de Paris, car elle les possède. Peut-être avez-vous
des doubles dans vos tiroirs romains? Vous pourrez me rendre les pièces
originales
quand je viendrai à Rome pour le chapitre général ».

P. James Whitworth, Londres,
21 avril 1952.

Religieux irlandais de la Province d’Angleterre.

Dans le service de tous les jours.

Né le 26 mai 1888 à Inniskeel, dans le comté de Donegal (Irlande), Gérard Mac Menamin prend l’habit aux Essarts (Seine-Maritime), le 2 octobre 1935, et il prononce ses vœux perpétuels à Nottingham, le 6 octobre 1939. Nommé à Nottingham dès 1936, il y passe toute sa vie dans d’humbles fonctions: au jardin, à la cuisine et à l’entretien. On peut se fier à lui. Il a aussi ses défauts et sait les reconnaître. On se souvient surtout de sa courtoisie, de sa patience et de sa serviabilité. Il meurt à Nottingham, le 17 mars 1977, à 89 ans.

Témoignage fraternel.

« Les hommages rendus au Frère Gérard par ceux qui l’ont bien connu, révèlent un homme de foi pure et de caractère. Sa vie plutôt cachée à Becket School, Nottingham et à Walton House, nous montrent un homme qui n’a jamais cherché à attirer l’attention sur lui-même. Cependant le fait que l’évêque, Mgr Mc Guinness ait souhaité présider en personne ses funérailles, assisté dans le chœur par l’évêque Mgr Ellis, en dit long. Cela montre que le Frère Gérard a répondu à l’amour de Dieu par une vertu évidente et par la qualité d’un service tranquille. Les funérailles ont eu lieu à Nottingham le 23 mars [1977]. Seize prêtres ont concélébré à la messe à laquelle participaient nombre de vieux amis de Becket School. Le Frère Gérard a été inhumé dans le caveau assomptionniste du cimetière de Wilford Hill. Une simple rencontre avec lui pouvait laisser l’impression d’un homme très ordinaire. C’était vrai et cela correspondait à l’opinion qu’il avait de lui-même. Mais ce n’était là qu’une partie de la réalité. De l’extérieur sa vie n’avait rien de bien remarquable. Plusieurs l’auraient jugée monotone.

Mais c’est la manière même dont il a vécu cette vie ordinaire qui impressionnait ceux qui ont partagé sa vie en communauté. Beaucoup de mots et de phrases viennent à l’esprit pour décrire l’homme: fidélité, constance digne de confiance, bonne humeur, humour très spirituel, homme de prière, amour de Dieu, de la Vierge et de l’Église, respect des autres, sens profond de l’obéissance, simplicité, autant d’expressions qui révèlent des facettes de la vie du Frère Gérard. Ordinaires en elles-mêmes, ces facettes formaient comme un tout impressionnant et étaient constantes chez lui. Il savait entretenir une conversation et aimait parler sur des sujets d’une variété extraordinaire. Il commençait toujours en disant. J’ai une idée sur…. Il était toujours très bon pour une ou deux idées, notamment quand il s’exprimait sur la vie religieuse et l’engagement. Cela imprégnait sa vie, le façonnait et faisait de lui l’homme qu’il était devenu. Souvent les visiteurs de la communauté exprimaient leur surprise quand ils découvraient son âge. Il était d’ailleurs assez fier de son grand âge et le laissait découvrir de temps à autre. Ce qui étonnait les gens, je crois, c’était de trouver un tel homme, non seulement alerte et intéressé, mais avec une journée et un emploi du temps aussi occupés. Evidemment la somme de travail accomplie déclina à mesure que les années passaient, mais tout récemment seulement. Durant ses dernières années, sa journée allait toujours d’un lever très matinal jusqu’au coucher. Il est réconfortant de penser qu’à cet âge avancé (89 ans), la communauté pouvait encore compter sur le Frère Gérard pour de nombreux services. Dans son homélie lors de la messe des funérailles, le P. Robert Henshaw souligna une des expressions favorites du frère Gérard. Il disait souvent de quelqu’un que c’était un saint homme. L’expression avait un sens étendu, enrichi par son accent irlandais de Donegal et son esprit perspicace. Le sens précis se devinait au pétillement de son oeil quand il le disait. Mais c’était toujours dans un sens charitable. Il aurait résisté à toute initiative de se l’appliquer à lui-même, mais je suis sûr que tous ceux qui ont connu le Frère Gérard reconnaîtront que c’est l’expression qui le décrit vraiment ». P. Edwin Denton.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (1) 1975-1980, P. 44. Brother Gerard Mac Menamin, A.A. (1888-1977) par Robert Henshaw, 7 pages. Lettre du P. James Whitworth au P. Aubain Colette, concernant le Frère Gérard Mac Mennamin, Londres, 21 avril 1952.