Gerardus Majella (Theo) BERENDSEN – 1923-1984

Une vie au ralenti : Bergeyk octobre 1941.
« La nouvelle année scolaire a commencé le 15 septembre. Nous sommes
actuellement
116 personnes: 13 Pères, 13
Frères convers et tout le reste compose notre monde d’étudiants: 54
théologiens et
36 philosophes: au total 90. C’est tout un problème que de nourrir tout ce
monde, surtout que défense nous est faite de quêter des pommes de terre.
Pour ce qui est du rationnement, il est en diminution. Nous avons
encore 1 800 grammes de pain par tête et par semaine. Le riz n’existe plus.
L’électricité, le gaz, rationnés. Le thé anglais épuisé. Plus de graisse,
peu de viande: 250 grammes par tête et par semaine. Le charbon est
rationné. Quelle misère!

Le P. Basile me dit hier qu’il avait froid aux pieds deux fois par an
seulement, à savoir du
1er janvier au 1er mai et du
1er septembre au 31 décembre! Nous avons des malades. On fait des neuvaines
au P. d’Alzon pour obtenir leur guérison. Nous disons chaque soir la prière
pour obtenir la béatification du Père. Nous disons la prière en
néerlandais, formule traduite
et approuvée par Mgr
Diepen».
P. Th. Essers, 13 oct. 1941.

Religieux de la Province de Hollande.

Théodore-Arnold-Bernard, connu comme religieux frère sous le nom de Gerardus Majella, est plus souvent désigné sous l’appellation amicalement abrégée de Theo. Tout aussi abrégée, la notice biographique qui lui est consacrée dans les bulletins de Congrégation … Quant à son dossier de religieux, il se résume aux formulaires officiels et lapidaires de ses professions …

Une vie de service.

Theo est né le 20 janvier 1923 à Pannerden aux Pays-Bas, dans la province de Gueldre au diocèse d’Utrecht. Il est scolarisé à l’école paroissiale Saint-Martin de son village. Il accomplit une année de postulat, reçoit le nom de Gerardus Majella à Bergeyk le 22 septembre 1940. Du fait de la guerre, le noviciat est transféré à Boxtel où Theo prononce ses premiers vœux le 23 septembre 1941. Sa profession perpétuelle est datée du 23 septembre 1944, à Bergeyk, reçue par le P. Gondulphus Bovens. Durant ces années, il est précisé que c’est à la cuisine qu’on voit le Fr. Theo s’employer, tant à Bergeyk, puis au noviciat de Moergestel, qu’ à Nimègue et enfin encore à Bergeyk à la fin de l’année 1943, selon la mobilité imposée au noviciat par les événements militaires. D’ailleurs le curriculum vitoe du Fr. Theo est presque rectiligne: de 1946 à 1952, c’est à l’école apostolique de Boxtel qu’il remplit le même office. Et à Nimègue où il est ensuite affecté, il passe successivement aux soins du ménage en semaine à ceux de la cuisine durant les week-ends. Il devient ‘maître-cuisinier’ pour le demeurer jusque dans les derniers mois de son existence à tel point que la notice biographique constate qu’il n’y a pas moyen de visiter la maison sans passer par la cuisine et sans prendre une tasse de café avec le Frère. Cette régularité lui vaut sans doute la confiance de la communauté puisque ‘pendant

Notices Biographiques A.A Page : 237/237 quelque temps, il est aussi économe et membre du conseil’. Souffrant beaucoup de rhumatismes et de faiblesse pulmonaire, le Frère voit son état s’aggraver en 1983 et doit se faire aider dans son travail, puis abandonner celui-ci à son grand regret. Début janvier [1984], une pneumonie exige un séjour à l’hôpital qui laisse paraître une amélioration. Mais une rechute nécessite un nouveau transport à l’hôpital où il meurt le lendemain, 24 février 1984. Ses funérailles sont célébrées dans la chapelle des Ursulines à Boxtel, le 28 février, suivies de l’inhumation dans le cimetière de la communauté.

Situation pour l’Assomption en Hollande pendant la guerre.

A défaut de renseignements sur le Frère Theo, nous avons cherché quelques échos sur la situation vécue en Hollande pendant la période difficile de la guerre:

« Nous avons prévu dès le 28 mai 1940 de reprendre en Hollande les 80 frères étudiants qui résident à Louvain et en même temps d’organiser le transfert du noviciat. En effet, avec 105 religieux, étudiants et professeurs, à Bergeyk, il n’est plus possible d’avoir la séparation canonique nécessaire pour la bonne formation des novices. Le noviciat est donc à la procure de Boxtel. Avec les Pères nous sommes ici dans le vieux château 35 religieux! Il faut faire des miracles pour tant de monde. Il faut même que ça aille encore au mois d’août prochain où 17 postulants prennent l’habit! Ensuite les novices actuels iront à Bergeyk. Ce n’est pas rien que de nourrir une maison d’études avec plus de 100 bouches, ainsi qu’un noviciat très nombreux aussi! … Ce qui est providentiel, c’est que nous ayons de bonnes terres et des Frères convers tout à fait à la hauteur pour les cultiver et pour en tirer toutes les ressources possibles. Les étudiants restent des ét udiants, remuants parfois, et, à cause de la pénurie de livres écrivant continuellement sous la dictée. Ils ont assez à manger, grâce à nos terres …. ».

Du P. ‘Wiro Van Den Dungen, 7 avril et 14 mai 1941, au P. Gervais.

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Bibliographies

Bibliographie : Documents Assomption, Nécrologe (III) 1984-1986, p. 19. De Schakel, 1984 (collection incomplète dans les ACR).