Gilbert CHABOT – 1916-1995

Traditions musicale et liturgique à l’Asomption. Autodidactes ou
professionnels, des frères et des sœurs de l’Assomption n’ont pas hésité à
mettre leurs talents musicaux au service
des communautés chrétiennes, paroissiales et communautaires. Il est
toujours cruel de 1imiter
l’évocation des noms retenus à quelques-uns (es) d’entre eux
(elles), sans doute parce que notre propre mémoire fait défaut ou que notre
répertoire ne sait pas franchir toutes les barrières du temps. Faisons
1’unanimité, sans préjudice de talents contemporains et bien vivants, en
évoquant ici les noms de René Paris (1870-
1954) et de Raphaël Le Gleuher (1928-1991) ou encore de Gilbert Chabot
(1916-1995), pour ne pas nous confiner dans les frontières étroites de
l’hexagone. Pour
eux et pour bien d’autres, le chant 1iturgique de qualité, quelles que
soient ses formes, ses modes ou ses mélodies, est d’abord une louange
divine et une prière vivante, comme une acclamation des cœurs chantants,
cherchant à
rejoindre le chœur des Anges. C’est cette tradition du chant, service
liturgique de la prière, qu’ont toujours privilégiée les familles de
l’Assomption.

Religieux de la Province d’Amérique du Nord.

Années de formation.

Gilbert Chabot naît à Webster, aux U.S.A., dans l’état du Massachussetts, le 20 mai 1916, au foyer de Gilbert Chabot et d’Anna Brassard. Il commence ses études à l’école primaire de sa paroisse natale, les poursuit à l’Assomption de Worcester pour le secondaire. Après la rhétorique (1936), il entre au noviciat assomptionniste de Sillery au Québec voisin où il prononce ses premiers vœux le 5 octobre 1937. Il vient étudier la philosophie en France à Layrac (Lot-et-Garonne) et à la maison Saint- Jean de Scy-Chazelles (Moselle) de 1937 à 1939. La guerre, ayant obligé les étudiants états- uniens et canadiens à regagner l’Amérique, c’est au Grand Séminaire de Québec, l’Université Laval, qu’il poursuit ses études théologiques de 1941 à 1945.

L’amour et l’étude de la musique.

Au cours de ses années de formation, Gilbert inclut l’étude de la musique. Il a commencé dès ses années de primaire à s’intéresser à la musique, durant ses années de secondaire il s’est entraîné, comme organiste à jouer pendant les offices et il continue à rendre ce service dans les communautés où se fait sa formation. En France, il en a profité pour étudier le plain-chant sous la direction d’Henri Potiron et à Solesmes. Il étudie la musique, l’orgue et le piano à la Sherwood School of Music de Chicago et au Conservatoire de Boston. C’est pourquoi tout naturellement il enseigne le chant à l’Université Lavai de 1943 à 1947 et devient doyen de la faculté de musique de 1943 à 1947. Et longtemps après, jusqu’à l’annonce de son décès, des personnes de Québec se souviennent des services rendus alors pour cet enseignement de la musique. Le Frère Gilbert est ordonné prêtre le 26 mai 1945.

Le P. Gilbert met sa compétence artistique au service de l’enseignement: de 1947 à 1970, il est affecté à l’Assomption de Worcester (U.S.A.) comme professeur de latin, organiste et directeur de chant. De 1953 à 1967, il enseigne également le chant et la liturgie au Gregorian Institute of America à Toledo dans l’Ohio. Divers centres de musique religieuse ont fait appel à sa compétence et on peut dire que le P. Gilbert a contribué à la qualité du chant liturgique dans l’esprit des réformes voulues par le concile de Vatican Il. Les témoignages rendus lors des obsèques du P. Gilbert en mai 1995 font référence à cette passion et à cet apostolat du chant religieux dans la vie de ce confrère:

Le P. Roland Guilmain, provincial, peut affirmer que le P. Gilbert est un musicien de talent et qu’il a amené un grand nombre de personnes à goûter la beauté du chant grégorien. Lors de la fermeture de l’unité scolaire Assumption Prep et de la dispersion de la communauté, le P. Gilbert prend un poste d’aumônier d’hôpital psychiatrique dans la région. Il fait preuve d’une aptitude singulière pour un ministère de confession et de direction spirituelle. Il sait attirer un grand nombre de jeunes gens, y compris des drogués, pour les remettre sur un meilleur chemin. Il joint à ce ministère celui de la prédication de nombreuses retraites paroissiales, se faisant aussi volontiers confesseur de communautés religieuses. Comme homme, on se plait à souligner les qualités du P. Gilbert, religieux prolixe, aimant parler et employant ce don de la parole pour proclamer la vérité de Dieu et son amour. Il sait accueillir avec compassion quiconque vient lui confier sa douleur. Il montre sa foi en la miséricorde divine dans son ministère de la réconciliation. Lui-même se sait en avoir suffisamment bénéficié pour être toujours prêt à l’accorder aux autres. En 1986, la santé du P. Gilbert le conduit à prendre sa retraite dans la communauté de Old English Road. Le diabète progresse au point de l’obliger à l’amputation d’une jambe. Il vit ensuite hospitalisé sans pouvoir faire usage de sa prothèse. Il meurt le samedi 27 mai 1995, au lendemain du 50ème anniversaire de son ordination. Ses obsèques sont célébrées à Worcester, son corps inhumé à Fiskdale.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (VI) 1994-1995, p. 99-101. Assumption North America, 1995.