Gildas (Pierre-Marie) LE GLOANIC – 1900-1967

Jubilé, 1953.
« La maison de Blou se devait d’exalter les mérites d’un vétéran de
l’enseignement à Melle, Cavalerie Saint- Caprais, Cahuzac et Blou
(depuis 1947) et elle l’a fait magnifiquement, le jour de la saint Pierre,
Patron de baptême du P. Gildas. La veille au soir, un jeu scénique a
inauguré les festivités en évoquant l’histoire de la vocation du petit
Pierre Le Gloanic depuis le recrutement
(on vit sur scène le P. Mathias
[Nicolas] et sa légendaire et infatigable bicyclette) jusqu’à l’ordination
à Louvain, le 29 juillet 1928. La scène fit revivre quelques-uns des
religieux qui eurent le plus d’influence sur la formation du jeune homme ou
du religieux:
le P. Gausbert [Broha] avec sa
‘douceur’ légendaire, le P. Léonide [Guyo] que d’irrévérencieux étudiants
surnommaient le ‘grand sec’ et le pauvre P. Léopold
[Dressaire]. Tout Saint-Maur, presque tout Melle et Angoulême s’étaient
donné rendez-vous pour la grande messe jubilaire. Les P P. Le Her et
Lemasson accompagnaient à l’autel 1eur ancien maître, le P. Perboyre
[Le Dortz], archiprêtre, était prêtre assistant, le P. Armand Louis,
ex-élève aussi, donna le sermon de circonstance. Au banquet, nombreux
toasts … ».

Religieux de la Province de Bordeaux.

Jeunesse.

Pierre-Marie le Gloanic naît le 16 avril 1900 à Pluvigner (Morbihan). Il fait ses études secondaires à Zepperen en Belgique, de 1913 à 1918, sous la férule du P. Gausbert Broha. Il entre au noviciat de Louvain, le 15 septembre 1918, sous le nom de Frère Gildas, ayant le P. Possidius Dauby comme maître des novices et le Frère Joseph Allanic comme compagnon. Profès le 21 septembre 1919, il peut accomplir, à la place du service militaire, un temps d’enseignement dans les maisons d’Orient, en Turquie, Kadi-Keuï et Koum-Kapou (1920-1922). Il peut entreprendre ensuite ses études de philosophie à Taintegnies (1922-1923) et à Louvain (1923- 1924). Il prononce ses vceux perpétuels le 26 décembre 1924. Ses études de théologie se déroulent à Louvain de 1924 à 1928 au terme desquelles il est ordonné prêtre le 29 juillet 1928 avec 29 autres confrères.

Professorat.

Le P. Gildas est envoyé comme professeur à l’alumnat de Saint-Maur (Maine-et-Loire), de 1928 à 1931. De là il passe à Melle (Deux-Sèvres) où il enseigne dans la classe de seconde, de 1931 à 1935. L’alumnat d’humanités étant transféré à Cavalerie (Dordogne), il s’y rend cette année-là avec la même attribution. En septembre 1939, il est mobilisé, puis fait prisonnier et connaît l’épreuve de la captivité qui lui laisse un vrai traumatisme psychique. Il peut être libéré en 1942, sans doute en raison de son âge. Rendu à l’enseignement à Agen (Lot-et-Garonne), de 1942 à 1945, puis à Cahuzac dans le Gers (1945- 1946), à Blou (Maine-et-Loire) de 1946 à 1954, à Tarbes (Haute-Garonne), de 1934 à 1955 et enfin de nouveau à Cahuzac, de 1935 à 1961, il aboutit provisoirement à l’orphelinat de Toulouse (Haute- Garonne)

avant de s’essayer au ministère paroissial à Angoulême en Charente (1961-1966), d’où il est finalement envoyé à Chanac, maison de repos (1966-1967). Manquant d’enthousiasme pour l’enseignement et peut-être de volonté pour se renouveler, le P. Gildas s’use très vite dans la routine d’un métier pour lequel il ne sent pas les aptitudes et auquel il dit n’être pas préparé. Par suite d’un tempérament inquiet, il se forge des complexes qui le rendent inapte à ses fonctions. Il reprend un peu vie à Angoulême comme vicaire et second du P. Jean-Gualbert Le Menthéour qui l’initie à la pratique pastorale mais ne peut cependant vaincre sa peur de toute responsabilité. Il en est conduit à une dépression mentale, accentuée par des deuils familiaux pénibles. Les modifications apportées par le Concile de Vatican II à la vie liturgique renforcent également son anxiété à laquelle il est prédisposé par tempérament. Le perturbent profondément le départ du P. Jean-Marie Guézengar, la mort accidentelle du P. Jean Babin.

Une courte étape à la maison de repos à Chanac.

Le 8 septembre 1966, le P. Jean Pineau conduit le P. Gildas à Chanac, solution également préconisée par le docteur traitant. Loin de s’améliorer, son étant mental se détériore de plus en plus: à la psychose d’indignité s’ajoute l’obsession du suicide. Le 17 avril 1967, il tente à deux reprises de se jeter dans un bassin qui se trouve dans le jardin. Refusant toute hospitalisation, il est quand même conduit en ambulance, grâce à un subterfuge, jusqu’à l’hôpital Sainte-Marie à Clermont-Ferrand, le 22 avril. Une amélioration sérieuse de son état se produit, le malade accordant sa confiance au corps médical tant redouté jusque-là. Il revient à Chanac le 1er juillet. Après l’embellie d’un été, le Père Gildas replonge dans l’angoisse, aggravée par un mutisme complet. Le 22 octobre, il se jette du haut de la fenêtre de la bibliothèque. Il est relevé dans un état grave, huit mètres plus bas et il est hospitalisé à Mende. Il est emporté par une crise d’urémie le dimanche 5 novembre, 15 jours après sa chute, au terme d’un long calvaire. il est inhumé à Chanac le mercredi 8 suivant.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. janvier 1968, p. 219. A Travers la Province (Bordeaux), décembre 1967, n° 157, p. 8-11. Jubilé sacerdotal du P. Gildas Le Gloanic, dans A Travers la Province, octobre 1953, n° 16, p. 6. Du P. Gildas Le Gloanic, dans les ACR, quelques correspondances (1942-1953).