Gilles (Aloys) CRETEUR – 1900-1958

Saint-Gérard. De 1921 à
1923, il commence ses études de philosophie à Taintegnies, puis
vient le service militaire au camp de Beverloo. Enfin il accomplit
ses études de théologie à Louvain de 1924 à 1927 où il est ordonné prêtre
le 24 juillet 1927 et où il a été admis à la profession perpétuelle le
13 octobre
1925. Le P. Gilles commence son apostolat sacerdotal dans
l’enseignement: Zepperen
(1927-1930) où il est à la fois professeur et économe,
Taintegnies (1930-1936) en qualité d’économe du noviciat,
chargé de formation auprès des frères convers, et aumônier à
l’asile de Froidmont.

En mission au Congo.

En 1936, le P. Gilles fait ses adieux au noviciat. Il s’embarque à Gênes
le 23 novembre 1936 avec six confrères sur l’Usukum, cargo allemand
faisant route vers Mombasa. Avec le P. Baudoin, le P. Gilles
est désigné pour la région de Motokolea. En 1937, il fonde le
poste de Manguredjipa, centre minier important. Il n’a pas peur
de s’affronter aux arbres géants pour dégager de l’espace autour des
deux résidences, celle des religieux et celle des Oblates. jusqu’en
1938, il se charge de l’aménagement matériel de ce poste de mission avant
de passer à Muhangi d’abord, puis à Bunyuka. En 1942, il monte à
Mbingi, à plus de 2.000 mètres d’altitude,

Circomstances exp1icatives.
« Le Fr.Gilles, au point de vue des études, est dans un cas spécial,
Faut-il lui compter l’année passée à Beverloo ? Il n’a pas pu y fournir un
grand effort intellectuel, il n’y a
point passé l’examen final et, à sa sortie en août 1924, il ne s’est pas
senti capable d’affronter le jury à Louvain. I1 a demandé un délai de 3
mois avec dispense des sabbatines. I1 a passé le dogme entièrement et une
partie de la morale. Ce frère qui a une intelligence
suffisante et un bon jugement, a très peu de mémoire et sa santé lui
interdit tout effort intellectuel prolongé. A son adolescence, pendant la
grande guerre, à Zepperen, il n’a pas eu une nourriture suffisante et il
est tombé dans une grande fatigue, avec des maux de tête continuels. Il lui
faut du travail manuel et du plein air, même la récitation du grand office
au chœur lui est contraire. J’ajoute que le
Frère a été très éprouvé par la perte, en moins de trois ans, de son père,
de sa mère et d’une sœur, ce qui a aussi nui grandement à sa santé ».
P. Léopold Dressaire, 9 juin
1926.

Religieux de la Province de Belgique.

Curiculum vitae.

Aloys est né le 11 décembre 1900 à Sint-Maria- Horebeke, près d’Audenarde (Belgique). Alumniste à Zepperen de 1913 à 1919, il souffre avec ses compagnons des pénuries imposées par la guerre, préjudice qui va nuire à sa santé toute sa vie, malgré les apparences. Il prend l’habit sous le nom de Frère Gilles le 29 septembre 1919 à Louvain et prononce ses premiers vœux le 1er octobre 1920 à poste de montagne fondé en 1936 qui comporte aussi de nombreuses étapes de brousse. Armé d’un bâton ferré, à la lueur d’une lampe-tempête, il faut escalader les montagnes après de longues marches avant que ne brûle le soleil. En 1944, il est affecté au catéchuménat de Kanzoka, région très chaude et malsaine qu’il délaisse pour Biambwe, sur un terrain plus dégagé et plus propice :à la mission. La pomme de terre, nourriture de base du missionnaire étant attaquée par le mildiou, il adopte le manioc des indigènes. Pour raison de santé, il entreprend un voyage en Belgique (1947) qu’il a quittée depuis plus de onze ans. A son retour, le P. Gilles, remis à neuf, rejoint le poste de Bunyuka, aumônier des Oblates qui aménagent un noviciat sur place. Il se met à la culture du potager, n’oubliant pas de planter du tabac. Il est heureux de présider au développement du noviciat qui fonde six communautés en quelques années et compte des dizaines de professes. Ce poste où il s’oblige à la lecture, à la prédication et au soin de la vie spirituelle lui permet de sortir du matériel où il se serait laissé facilement enliser. En 1955, le P. Gilles fait un second voyage en Belgique, les médecins lui trouvent une faiblesse cardiaque inquiétante. Il rentre au Congo en février 1957, mais il peine à marcher. En mai 1958, il obtient l’autorisation d’aller prendre un peu de repos à Kyondo. On lui impose un mois de cure. A son retour à Bunyuka en juillet, une voiture lui est nécessaire pour les déplacements de son ministère.

Un départ rapide.

Le 1er octobre 1958, sans avertissement particulier, le P. Gilles fait une syncope pendant le repas. Il se retire dans sa chambre sans vouloir de consultation médicale. Le lendemain 2 octobre, il est trouvé étendu sur le soi. Sœur de Rivas, médecin à Kyondo, vient l’examiner et, d’avis avec le Docteur Cavalli, directeur de l’hôpital de Musienene, il est prévu de transporter le malade jusqu’à lyondo en ambulance. Ce n’est pas sans émotion que se font les 25 km. entre les deux localités le vendredi 3 octobre. Bien soigné par les Filles de Marie Notre-Dame, il pense encore une fois être remis. Il meurt à l’hôpital le mardi 7 octobre suivant. Les obsèques sont célébrées le lendemain 8 octobre à Bunyuka par Mgr Piérard. Il est inhumé près de la chapelle des Petites-Sœurs de la Présentation.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. juin 1959, p. 55. Lettre à la Famille, 1959, n° 262, P. 151-152. Contacts novembre 1958, n° 92, p.1-6. Foyer Assomptioniste (revue des scolasticats assomptionistes de Belgique), 1959, n° 66, P. 21-24. Marc Champion, Province du Zaïre, Religieux Défunts (1929-1994), Butembo 1994, P.8-9.