Gioacchino ROMANO – 1921-1998

Florence, 1970.
« Ton frère André [Bugnard] m’a dit avoir lu dans les Informations de Rome
qu’il était presque certain que nous allions pouvoir nous installer à Milan
avec les frères étudiants qui reviennent de France et avec les jeunes qui
finissent leurs études à Florence. La nouvelle est prématurée.
Effectivement c’est en ce sens que nous nous étions orientés avec le P.
Francesco
(Carabellese), mais nous avons encore besoin de réflexion: les prix des
pensions sont élevés à Milan et nous ne pouvons nous permettre de nous
engager ainsi, seulement pour avoir le plaisir de fonder une communauté
dans cette ville.
On pourrait envisager de louer une partie du couvent des Capucins, mais
nous devons attendre leur réponse après l’élection de leur nouveau
Provincial. Je dois aller me rajeunir à Lormoy le 12 juillet pour un
recyclage. André et Anthelme [Bugnard]
prendront leurs vacances en août et en septembre, mais pas ensemble à cause
de mon absence. Je pense que j’aurais dû avoir une copie de toute la
littérature qui est provoquée
par la fermeture de la communauté de Fulchiron
(Lyon). Les Français ont une vraie diarrhée de paroles quand ils s’y
mettent! Vous avez un devoir ingrat ».

Notices Biographiques A.A

Religieux italien de la Province de France, supérieur régional de 1970 à 1982. D’Affile à Omegna: 1921-1951. On peut relever beaucoup de virages dans l’itinéraire de Gioacchino Romano, né le 9 avril 1921 à Affile (diocèse de Subiaco) jusqu’à Omegna dans le s Alpes piémontaises. Il est alumniste à Castelgandolfo, près de Rome, de 1931 à 1932 et à Florence, de 1932 à 1936. Il vient au noviciat de Nozeroy (Jura) en 1936 et y fait profession le 5 octobre 1937. Après l’année complémentaire à Layrac (Lot-et- Garonne), il étudie la philosophie au scolasticat de Scy- Chazelles (Moselle) et à Lormoy (Essonne). En 1940, il commence sa théologie à Rome où il est ordonné prêtre le 24 septembre 1944. Nommé à Florence en 1944, il s’adonne à la pastorale et aux études universitaires. Malade et fatigué, il va se soigner à Lorgues en 1949. Rétabli en 1950, il dirige la fondation d’Omegna, au bord du lac d’Orta (1). Cannero: 1951-1967. En décembre 1951, il part avec le P. Firmino Greci pour Cannero, sur la rive occidentale du Lac Majeur, afin d’ouvrir un alumnat dans la villa Sabbioncella. Il y est nommé supérieur le ler février 1952 et le reste jusqu’en 1958. Il est reconduit dans la charge de 1960 à 1967. Les alumnistes ne sont que trois en février 1952, mais 231 en 1954. La villa ne suffisant plus, la décision de bâtir est prise en janvier 1956. N’ayant ni dollars ni francs, l’Italia farà da se! Pour épargner l’argent, on fait appel aux bras. Déjà les années précédentes, un poulailler et une terrasse ont été construits par les seuls moyens du bord. Forts de cet entraînement, on se met au plus urgent, construire un dortoir de six mètres sur neuf sur le talus, derrière la maison. L’italien est un éternel maçon. Les alumnistes réveillent bien vite l’instinct ancestral. A l’atavisme s’ajoute l’exemple. A voir le Père Supérieur et le Père économe manier infatigablement pelle, truelle et marteau, l’élan est donné. Dès février, malgré le froid que l’on sait, le chantier bourdonne (2). A la mi-juin, le gros oeuvre est terminé et les collé giens de Mongré étrennent le dortoir en juillet. Les agrandissements se poursuivent après 1960 avec, notamment, la construction d’une belle et grande chapelle en surplomb sur le lac. Florence : 1967-1998. En 1967, le P. Gioacchino est nommé supérieur de la communauté de Florence. Il participe à la pastorale te suit la formation des jeunes religieux issus de Cannero qui étudient la théologie au grand séminaire. Il est élu conseiller de la Province de l’Est en décembre 1969 et nommé délégué pour l’Italie en février 1970. A.A Il assume cette fonction jusqu’en 1982, devient ensuite conseiller régional et, de 1985 à 1991, supérieur de la communauté. Il a depuis des années des problèmes de santé. En octobre 1998, pressentant sans doute la fin, il revient à Cannero pour revoir ses connaissances et se recueillir sur les tombes de ses parents et de ses amis. Le Père Gioacchino doit s’aliter une dizaine de jours dans sa communauté de Florence avant d’être hospitalisé en décembre 1998 à la suite d’un oedème aux jambes. En arrivant à l’hôpital, il s’éteint sans mot dire. Les massages cardiaques ne peuvent avoir raison de son corps usé qui ne pèse plus que 54 kg pour son mètre 85. Nous sommes au matin du vendredi 11 décembre 1998. Les obsèques sont célébrées à Cannero le 15 décembre où le corps du P. Gioacchino est déposé au cimetière. De cette Italie du Nord, avec les yeux de l’au-delà, le P. Gioacchino peut regarder désormais par-delà les rivages du Lac Majeur tout le chemin parcouru depuis son Latium natal jusqu’à Cannero et apprécier, à la lumière d’une vie ressuscitée en Jésus-Christ, tout le don qu’il a fait de sa vie, dans l’amour de ses frères, au service du Royaume de Dieu. (3). L’hommage de ses frères. « Le P. Gioacchino était très attaché à Florence, mais Florence ne lui a pas fait oublier Cannero. Il y revenait volontiers, non seulement pour retrouver sa famille, mais aussi des paysages et des visages familiers. C’est bien de Célébrer ici la dernière messe à laquelle son corps est présent, dans cette chapelle qui lui doit tant, où il a si souvent prié, où, l’an dernier encore, nous avons célébré ses 60 ans de vie religieuse. La mort d’un être aimé, même âgé, sera toujours un moment déchirant. Notre souffrance est bien réelle. Mais alors, d’où vient cette paix, cette sérénité que nous ressentons malgré tout au fond de nous-mêmes? De notre foi assurément, si Dieu nous a fait la grâce de la foi, mais aussi et surtout du fait de nous savoir devant une vie bien remplie, un devoir accompli, une mort entrevue et acceptée depuis des mois, voire des annéeS… » (4). (1) Sur cette fondation, consulter la Lettre à la Famille, 1951, p. 8 et missions des Augustins de l’Assomption, 1951, n° 12, p. 70. (2) Lettre à la Famille, 1957, p. 9. (3) Du P. Michel Zabé, A Travers la Province, janvier 1999, n° 148. (4) De l’homélie du P. Alessandro Laini.

Bibliographies

Bibliographie et documentation : Documents Assomption, Nécrologe (VIII) 1998-1999. Assomption-France, Nécrologie année 1998, p. 453-455. Lettre du P. Gicacchino Romano au P. Noël Bugnard, Florence, 28 juin 1970. Dans les ACR, du P. Gioacchino Romano, rapports sur Omegna (1950-1951), sur Cannero (1960- 1963), correspondances (1945-1979). Notices Biographiques