Gondulphus (Jean-Joseph) BOVENS – 1898-1963

Un supérieur heureux.

« Depuis le 15 août [1961] je me suis mis à ma nouvelle tâche ici à
Steenbergen. Il est temps de vous remercier de la confiance que vous avez
eue en moi. A mon âge j’aurais cru ne plus pouvoir faire un travail comme
celui-ci. Après coup, je vois que cela pourra aller sans que vous ayez trop
de déception. En tout cas je ferai mon possible. Je m’entends très bien
avec le maître des novices, le P. Aegidius, un excellent compagnon.
Jusqu’ici nous n’avons pas eu de difficultés. C’est lui le
grand responsable des novices et, en pratique, tout le monde a pu remarquer
cela, c’était le
but que je me suis posé. Nous sommes onze Pères, y
compris le P. Bernard Schaaf, aumônier militaire, qui se
laisse voir de temps en temps. Les autres Pères ont un bel apostolat comme
vicaire, aumônier de l’ industrie, procurateur etc… A quatre nous faisons
la classe aux novices, aux frères convers et aux postulants. Il y a 13
novices de chœur, 5 frères convers et 3 postulants convers. C’est une belle
communauté, il y a un excellent esprit parmi les Pères et les Frères.
Dimanche passé nous avons eu une belle journée à l’occasion de la vêture ».
P.Bovens,
28.09.1961.Steenbergen.

Religieux de la Province de Hollande.

Une éducation rigoureuse.

Jean-joseph est né le 2 mars 1898 à Maastricht en Hollande. Toute sa vie il reste marqué par une éducation maternelle teintée de rigorisme. Dès son enfance, il est à la recherche du plus parfait jusqu’au scrupule; après les leçons de catéchisme, il va demander au prêtre des précisions pour approfondir l’enseignement donné. Après ses classes primaires à l’école des Frères de l’Immaculée-Conception (1905-1911), il étudie à l’Ecole normale (1911-1914) et devient clerc de notaire. Une retraite l’achemine vers le sacerdoce. L’un des premiers, il se présente au Père Louis-Antoine Verhaegen qui rassemble au château de Stapelen à Boxtel les alumnistes hollandais dispersés par la guerre de 1914. Jean y complète ses études secondaires (1913-1918) et commence son noviciat sur place le 5 janvier 1919 sous le nom de Frère Gondulphus, noviciat terminé à Saint-Gérard (Belgique) où il prononce ses premiers vœux le 6 janvier 1920. Après deux ans de professorat à l’alumnat de Stapelen (Boxtel), il peut commencer à Taintegnies les études de philosophie (1922) et achever son parcours théologique à Louvain (1923-1928) où il est ordonné prêtre le 29 juillet 1928.

Un professeur et directeur spirituel.

Boxtel accueille une nouvelle fois le P. Gondulphus au lendemain de son sacerdoce. Là il peut se donner à son idéal: enseigner la jeunesse comme prêtre à de futurs prêtres. Pendant 10 ans (1928-1938), il est chargé de la formation des petits: apprentissage des langues et des sciences. Il s’impose par un regard pénétrant qui n’effraie pas. Il se considère comme chargé par Dieu de préserver des germes de vocation déposés dans le cœur de ces enfants, son rôle étant de faire grandir l’amour de Dieu.

Un supérieur heureux.

« Depuis le 15 août [1961] je me suis mis à ma nouvelle tâche ici à Steenbergen. Il est temps de vous remercier de la confiance que vous avez eue en moi. A mon âge j’aurais cru ne plus pouvoir faire un travail comme celui-ci. Après coup, je vois que cela pourra aller sans que vous ayez trop de déception. En tout cas je ferai mon possible. Je m’entends très bien avec le maître des novices, le P. Aegidius, un excellent compagnon. Jusqu’ici nous n’avons pas eu de difficultés. C’est lui le grand responsable des novices et, en pratique, tout le monde a pu remarquer cela, c’était le but que je me suis posé. Nous sommes onze Pères, y compris le P. Bernard Schaaf, aumônier militaire, qui se laisse voir de temps en temps. Les autres Pères ont un bel apostolat comme vicaire, aumônier de l’ industrie, procurateur etc… A quatre nous faisons la classe aux novices, aux frères convers et aux postulants. Il y a 13 novices de chœur, 5 frères convers et 3 postulants convers. C’est une belle communauté, il y a un excellent esprit parmi les Pères et les Frères. Dimanche passé nous avons eu une belle journée à l’occasion de la vêture ». P.Bovens, 28.09.1961.Steenbergen.

Notices Biographiques A.A Il est non seulement professeur, mais confesseur et directeur spirituel de beaucoup de ces jeunes qui n’hésitent pas à se confier à lui et dont plusieurs lui doivent l’affermissement de leur vocation.

Supérieur.

En 1939, la Hollande devient vice-province. On lui confie la charge de supérieur de l’école apostolique de Boxtel. Habitué à la docilité des plus petits, ce n’est pas sans peine qu’il canalise l’ardeur revendicative des grands. La seconde guerre mondiale vient compliquer sa tâche. Les bâtiments de l’école apostolique sont réquisitionnés par les Allemands, les élèves doivent être dispersés. Le 13 août 1943, le P. Gondulphus est nommé supérieur de Bergeijk (1943-1949): il se trouve affronté aux mêmes débats intérieurs. comment concilier cet idéal q’il porte en lui, ses conceptions personnelles sur la manière de le mettre en œuvre et les points de vue nécessairement variés des jeunes religieux? Il cherche à s’adapter à la mentalité des étudiants: dans ses conférences, ses homélies, il livre le fruit de ses méditations et études personnelles. Devenu premier assistant provincial (1946), il collabore avec le P. Wiro à la marche générale de l’Assomption hollandaise. Pendant quelques années, le P. Gondulphus dont la santé n’est pas brillante, est déchargé de toute responsabilité: il aide au travail de la Procure à Boxtel et participe à des services de ministère ponctuel. Il enseigne encore 10 ans des cours de religion à Boxtel avant de demander à être chargé d’un rectorat chez les Frères de Tilburg où il se dévoue à l’éducation d’enfants débiles et arriérés. En 1961, il est nommé supérieur de Steenbergen- noviciat: sa santé et sa difficulté de comprendre de nouvelles formules de formation le conduisent à donner sa démission (1962) et à se retirer à la procure de Boxtel. Depuis longtemps, il est miné par une maladie du cœur et le diabète. Il acquiert dans une forme de vie solitaire une grande tranquillité d’âme, recherchée toute sa vie et goûtée peut-être seulement dans ses dernières années. En juin 1963, il est hospitalisé et il meurt le 28 juillet, veillé par le P. Théodore Beijer. Les obsèques ont lieu le 30 juillet à Boxtel.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. mars 1964, p. 232-233. Lettre à la Famille, 1963, n° 361, p. 482-483. on doit au P. Gondulphus un peu de correspondance (entre 1922 et 1960), des rapports sur Boxtel (1938-1940); sur Bergeijk (1945-1949) et Steenbergen (1961).