Gonzal DULOUT – 1881-1911

Nouvelles de Taintegnies, 9
août 1907.
« Une carte postale inachevée vous a appris que nous étions hier à
Notre-Dame de Bon- Secours, près de Péruwelz. Ce fut un pèlerinage
Lovaniste autant que Taintegniste. Journée de pèlerinage magnifique car
l’orage précédent avait éclairci le ciel
et rafraîchi le sol. J’ai fait tout en chemin de fer car vous savez qu’on
ménage bien ma santé. Je vis à l’air dans le jardin et j’ai bon appétit.
Nous faisons de petites promenades dans les bois des environs. Nous aurions
volontiers fait un tour à Lille , mais nos moyens condamnent ce désir à la
s térilité. IL est vrai que nous avons beaucoup de visites pour couper la
monotonie des jours de vacances. Vous viendrez constater notre joie, notre
mine, notre entente fraternelle, notre liberté dans
la maison. Lundi prochain commencent les examens. Je vais interroger sur
l’instruction religieuse. Les enfants nous aiment bien. Je suis enchanté
des dispositions excellentes que l’on remarque chez eux. Les Pères de la
maison ne nous cachent pas non plus la joie que ce bien leur cause. Une
belle moisson se prépare pour le noviciat ».
Votre diacre très aimant : F. Gonzalès.

Gonzalès DULOUT

1881-1911

Religieux français.

Un chemin dessiné par la maladie.

Gonzalès Dulout est né à Campan (Hautes-Pyrénées) le 26 janvier 1881. Il fait ses études secondaires dans les alumnats du Breuil (Deux-Sèvres) de 1892 à 1895, et de Brian (Drôme) de 1895 à 1898. Il entre au noviciat de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), le 4 septembre 1898. C’est à Phanaraki (Turquie) qu’il achève son temps de noviciat et qu’il prononce ses vœux perpétuels le 8 septembre 1900. Son maître des novices le P. Ernest Baudouy, le décrit ainsi: « Religieux délicat de santé, frêle et malingre sur le plan physique, mais énergique par sa volonté et résistant moralement ». Au sortir du noviciat, le Frère Gonzalès passe une année comme professeur à l’école de Koum-Kapou à Istanbul (1900-1901). Le 2 octobre 1901, il est envoyé à Notre-Dame de France à Jérusalem pour ses études de philosophie. Il y retrouve le P. Ernest Baudouy à qui est confiée la direction de cette maison d’études. Pendant deux ans (1901-1903), il est heureux de vivre dans les murs de la Ville sainte, et tout en y étudiant, d’y découvrir les témoignages archéologiques et historiques d’un long passé. Mais après les vacances de 1903, il doit quitter Jérusalem dont le climat l’éprouve surtout les périodes de grosse chaleur. Très énergique de tempérament, il n’attache guère d’importance à des premiers symptômes de tuberculose, mais il est désolé d’un état de santé qui le rend, à ses propres yeux, inutile: « je vois que je ne pourrai rien faire et que j’encomb,rerai les autres de ma petite personne. Je demande au Seigneur de me prendre tout de suite plutôt que de me laisser à charge à ma communauté ». Il se rend alors au collège de Brousse (Turquie d’Asie). On espère beaucoup du climat sain de la région et, de fait, l’année se passe sans fatigue particulière.

L’année suivante (1904), il vient à Rome pour ses études théologiques, mais il n’y reste qu’un an. En 1905, il passe à Louvain dont on estime le climat meilleur. Il est ordonné prêtre à Louvain le 19 juillet 1908. Quelques jours avant son ordination, des crachements de sang inquiétants se manifestent, signes prémonitoires d’une tuberculose déjà avancée. Après un court séjour dans son pays natal, le P. Gonzalès, nommé à l’alumnat d’Elorrio (octobre 1908), doit rejoindre la maison de repos de San Remo sur la côte italienne.

Le fardeau de la maladie.

Pendant deux ans (1909-1911), il lutte contre la maladie avec beaucoup de courage et de sérénité, ne quittant guère sa chambre et même son lit. Pendant deux ans, la fièvre ne le quitte pas. Il est emporté par sa maladie, à la suite d’une complication d’un refroidissement, le 23 février 1911.

« Le Père Gonzalès s’est éteint tout doucement, hier soir samedi, à 23.h. 30. Mercredi dernier encore, je l’ai trouvé gai, parlant sans difficultés, ayant toujours un mot pour rire, selon son habitude. Jeudi, jour de pluie et de vent, le Père a pris froid sur son fauteuil. Le lendemain la congestion fit de tels progrès qu’il n’y avait plus de doute possible. Le malade était assis sur son lit il portait la main au cœur en disant: j’ai là un poids qui m’oppresse et m’étouffe, je souffre beaucoup, cette fois-ci c’est fini’. Le samedi fut moins agité, mais ses doigts sont déjà violacés, les jambes enflées ». D’après le P. Férréol.

Il n’a que 30 ans. Le P. Gonzalès est inhumé au cimetière de San Remo.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion 1911, n° 109, p. 434; n° 112, p. 445-446. L’Assomption 1911, n° 172, p. 53-55. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Lettre circulaire du P. Férréol Poux-Berthe, 1911. Correspondances dans les ACR du P. Gonzalès Dulout (1905-1911). Merklen, Carnets. Notices Biographiques