Gonzalve (Régis) DUPERRIER – 1877-1905

Une demande et un souhait.
«Permettez à un religieux de la maison de Brousse de vous demander en toute
simplicité un service: Il y a 6 ans que je suis en Orient, j’ai eu le
bonheur d’être ordonné prêtre l’année dernière, au mois de septembre. Or
mes parents m’écrivent que ma bonne vieille mère âgée de 75 ans est frappée
par la cécité. Mes frères et sœurs craignent d’un jour à l’autre de la
perdre. Elle désire revoir son fils religieux avant de mourir. Elle me
faisait écrire par mon f rère:
‘Avant que mes yeux ne se ferment pour toujours à la lumière, je désire te
voir une dernière fois et recevoir ta bénédiction. Je désire assister à la
messe que tu célébreras dans l’église du village natal. Après cette sainte
consolation je voudrai aller rejoindre ton cher papa’. Si le Père Picard me
faisait envoyer par le P. Alfred Mariage l’autorisation de profiter des
grandes vacances pour aller cette année-ci en France… Si de vôtre côté
vous pouviez agir… Je désire être envoyé dans la mission du Chili, mais
je voudrais en parler oralement avec le P. Picard ».
P. Gonzalve Duperrier, Brousse, 18 juin 1902. Religieux français.

Gonzalve (Régis) DUPERRIER

1877-1905

Un parcours de vie limité.

Régis Duperrier est né le 1er avril 1877 à Jonzier- Epagny (Haute-Savoie), dans le canton de Saint- Julien-en-Genevois et le diocèse d’Annecy. Il fait ses études secondaires dans les alumnats de Notre-Daine des Châteaux (Savoie) et de Brian (Drôme) entre 1888 et 1894. Le 9 août 1894, il entre au noviciat de l’abbaye de LivryGargan (Seine-Saint-Denis) où il prend l’habit et le nom de Frère Gonzalve [orthographié aussi Gonsalve]. Il prononce ses premiers vœux le 15 août 1895 à Livry et ses vœux perpétuels le 15 août 1896 à Brian. De 1896 à 1899, il est envoyé à la maison d’études de Kadi-Keui en Turquie (Istanbul, rive asiatique). Il devient missionnaire au poste de Brousse de 1899 à 1903, enseignant dans la petite école tout en poursuivant par lui-même des études théologiques: c’est là qu’il est ordonné en septembre 1901. Il demande à partir comme missionnaire au Chili en 1902, mais il en revient fortement affaibli et très fatigué. On l’a dit victime du scrupule, mais cela n’explique pas le caractère physique de sa maladie qui doit être très réelle puisqu’il meurt, assez isolé, à 28 ans, à Saint- Trond (Belgique), en la fête de Notre-Dame des Sept- Douleurs le 14 avril 1905. Le P. Emile Gauthier, en l’absence du supérieur le P. Damascène Dhers, en informe le P. André jaujou: « je viens vous avertir que notre cher ami placé à la maison de santé de Si lrond a quitté ce monde cette nuit. M. l’abbé Gonzalve Duperrier est mort subitement d’une pneumonie. En dehors de sa maladie morale, il n’était pas bien physiquement depuis quelques jours. Le médecin a ou certaines craintes un moment mais comme Gonzalve s’était remis, on espérait que ce ne serait rien. Son état mental s’était un peu amélioré, il disait la messe depuis quelques semaines. Il faisait encore le projet d’aller faire pénitence dans une Chartreuse. Sa famille ne s’occupait guère de lui… ». Jetons quelques lumières sur les deux postes où le P. Gonzalve a commencé et achevé sa vie apostolique:

A l’origine de Brousse.

Après l’arrivée des Assomptionnistes à Stamboui quartier turc d’Istanboul (Koum-Kapou) en 1883, le premier point occupé au-delà de la mer de Marmara est celui de Brousse où se trouve une chapelle des Sœurs de la Charité, devenue église paroissiale. Mgr. Rotelli, en accord avec la Congrégation de la Propagande, demande ;à l’Assomption de s’en charger, sans avoir à craindre les Lazaristes. Il y ajoute l’autorisation catégorique de fonder au gré des religieux écoles, chapelles et autres œuvres tant pour les A.A. que pour les Oblates, dans toute la Bithynie jusqu’à Angora, dans tout le vilayet de Brousse. Il n’y a pas à cette époque une seule paroisse latine dans ces régions. La construction du chemin de fer d’Istanbul à Bagdad y attire beaucoup de techniciens et d’ouvriers européens. En 1885, le P. Denis [Denys] Brun de Sofia passe à Brousse pour prendre possession de ce nouveau poste de mission plutôt à fonder que fondé. Le P. Joseph Maubon visite les lieux en 1889 et en donne un rapport enthousiaste à Mgr Bonetti.

L’alumnat de Saint-Trond (traduction Française de St Truiden).

Cet alumnat en pays flamand dans une petite ville du Limbourg belge (St-Truiden, à quelque 20 km. de Liège) a été fondé en 1901 par le P. Emile Gauthier (1850-1929) et les grammairiens de Taintegnies qui doivent céder la place aux élèves ‘expulsés’ de Clairmarais. C’est un abbé diocésain, M. Sender, qui fait l’offre de la résidence à aménager, ce dont est chargé le P. Pierre Descamps. Avant la première guerre, des liens étroits unissent les deux communautés voisines de Saint-Trond et de Louvain, distantes de quelque 40 km. que leur jeunesse respective permet de franchir pour des visites alternatives. Saint-Trond compte comme premiers supérieurs: P. Pierre Descamps pendant quelques semaines (1901), le P. Emile Gauthier (1901), P. Denys Hutte (décembre 1901-avril 1902), et surtout le P. Damascène Dhers. On diffuse un petit bulletin, ‘L’Aluinniste’, qui se veut la prolongation du bulletin de l’alumnat Saint-Louis de Saujon (Charente-Maritime) dont celui de Saint-Trond reprend le nom. L’alumnat de Saint- Trond, trop exigu ne dure que 4 ans (1901-1905). Zepperen prend la relève.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: L’Assomption, 1905, n° 101, p. 79. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Deux correspondances du P. Gonzalve Duperrier au P. Picard et Debauge, Brousse, 1902. Lettre du P. Emile Gauthier au P. André Jaujou, Saint-Trond, le 14 avril 1905. Polyeucte Guuissard, Histoire des alumnats, Paris, B.P., 1954, p. 229-233. Pages d’Archives, mars 1959, n° 10 (La Mission d’orient). Notices Biographiques