Gregorios (Antoine) VUCCINO – 1891-1968

Syra, 1947.

(Koum-Kapou, Kadi-Keuï, Phanaraki) se préoccupent d’un recrutement de
jeunes alumnistes pour la création d’un clergé séculier et
régulier de rite grec. Le recruteur s’installait au couvent des
jésuites à la Haute ville, chantait une messe solennelle de rite
byzantin à l’église de la Panaghla puis entreprenait des tournées dans
toute l’île. Quand il prenait le bateau de départ, il était accompagné
d’une file de garçons de 10 à 12 ans, portant leur baluchon, quelques
souvenirs et des boîtes de loukoum. C’est ainsi que commence l’histoire
assomptionniste du jeune Antoine Vuccino, admis au séminaire de
Koum-Kapou en 1904, puis à celui de Phanaraki en 1908, année où deux de
ses frères viennent le rejoindre. En 1910, les études
secondaires terminées, Antoine, avant de gagner l’Europe occidentale, peut
repasser par Syra et visiter ses parents. Par une heureuse coïncidence,
au village de Manna, il assiste à l’ordination sacerdotale du P.
Basilios Roussos, prenùer Assomptionniste grec, cérémonie dont il va garder
le souvenir toute sa vie. En Belgique, Antoine accomplit son temps de
noviciat à Gempe où il a pris l’habit le 11 février 1911 et où il a choisi
le nom de Frère Gregorios. Profès le 13 février 1912, il gagne Louvain pour
le$ études de philosophie et de théologie, dans le contexte très
particulier marqué par la première guerre mondiale. Ne lui sont épargnées
ni les péripéties de l’occupation allemande, ni les restrictions, les
tracasseries policières, ni les épidémies de grippe espagnole qui
fauchent les rangs des jeunes étudiants. Reçu à la profession perpétuelle
le ler mars 1913, le Frère Gregorios est ordonné prêtre à Louvain par Mgr
Legraive, le 12 mai 1918. Pendant quelques mois de l’année 1919, le nouveau
prêtre enseigne à Zepperen. Premiers ministères.
Le P. Gregorios est envoyé en 1919 en renfort à Athènes à Mgr Louis Petit
dont il remplace le secrétaire, le P. Alessandro Hortaggio. Mais il
y souffre aussi des sérieux désaccords entre l’archevêque et le
clergé, tout en cherchant à faire prévaloir avec le P. Sévérien
Salaville une ligne de paix et de concorde. Mgr Petit donne sa
dénùssion en 1926. Le P. Gregorios est envoyé à
Constantinople, à Kadi-Keuï où il exerce la charge d’économe de
communauté et celle d’aumônier des Frères des Ecoles Chrétiennes. En 1937,
après la mort de Mgr
Antoine Macryonitis, évêque de Syra,
« J’ai reçu votre lettre et immédiatement j’ai répondu que j’accepte. Merci
pour le bon conseil. J’espère que comme cela vous êtes content de votre
fils. A la grâce de Dieu! Maintenant je me sens mieux. Que Dieu me vienne
en aide et Notre-Dame de l’Assomption me garde toujours à elle. Je voudrais
tant vous revoir ainsi que toute la famille. Aurai-je ce bonheur? Demain
passe ici le P. Athanase, le nouveau chanoine de Naxos. J’espère le garder
quelques jours. L’Assomption grandit. la voilà maintenant à Naxos, demain à
Corfou? Que Dieu soit béni! Ici on se débat dans le pétrin. Les communistes
sont très actifs, notre pauvre pays fait des efforts surhumains pour se
dégager de l’empire rouge. L’Eglise catholique comme partout est en
première ligne. Mon livre sur le communisme est l’unique ouvrage qui
englobe les deux théories, christianisme et communisme. Cela fait honneur à
l’Eglise catholique et à l’Assomption. Saluez tous les Pères, je remercie
le P. Romuald [Souarn] pour sa bonne lettre, mais surtout priez pour moi.
Votre fils dévoué ».

A. G. Voutsinos, évêque de
Syra.

Religieux grec de la Province de Lyon, évêque de Syra en 1937, archevêque de Corfou (1947-1952). Un enfant des îles grecques. Antoine Vuccino (1) est né à l’ancienne Haute ville de Syra, Galissa, île des Cyclades, le 8 mai 1891. À l’époque les Assomptionnistes des communautés de Constantinople Page : 353/353 assez rebelle à l’idée d’une implantation fixe des Assomptionnistes en Grèce, Mgr Angelo Roncalli, Délégué Apostolique de Constantinople, devient également Délégué du Saint-Siège en Grèce. Le futur pape Jean XXIII qui a beaucoup fréquenté les religieux tant en Turquie qu’en Bulgarie, estime l’Assomption pour son travail oriental. A la tête du diocèse de Syra (1937), puis de l’archevêché de Corfou (1947). Le pape Pie XI fait le choix du P. Gregorios comme évêque de Syra, nommé le 9 juin 1937 et consacré par ses mains à Constantinople dans l’église du Saint-Esprit de Pancaldi, le 25 juillet suivant. A la fin du mois d’août, le nouvel évêque de Syra arrive à Athènes et au début du mois de septembre il prend solennellement possession de son petit diocèse insulaire où l’attend une réception grandiose, avec le concours d’une population frémissante de joie et d’enthousiasme. Les Syriotes saluent un des leurs, devenu évêque de l’île, dont le siège a jusque-là été occupé par des étrangers. Mgr Vuccino fait son travail de pasteur en homme de Dieu éclairé et zélé, pacifiant et oecuménique avec les Orthodoxes. Son activité apostolique est toute empreinte de bonté, de charité et de pardon des offenses. Il gagne l’amitié de son clergé et pour un évêque, n’est-ce pas là le meilleur certificat d’un témoignage durable de proximité et de longanimité? Pendant l’occupation italienne de l’île (1941-1944), il se constitue père et protecteur des pauvres et des faibles, des affamés et des persécutés, n’hésitant pas à intervenir auprès des autorités occupantes pour sauver les gens en difficulté. Après l’armistice de 1943, il prend la défense de soldats italiens, devenus les cibles des Allemands: Mgr Gregorios est arrêté, envoyé à Athènes et écroué dans la prison Averoff. Après le départ des troupes allemandes en octobre 1944, un navire de guerre anglais reconduit l’évêque dans son île. En 1947, la carte ecclésiastique grecque est bouleversée: Mgr Vuccino est promu archevêque de Corfou jusqu’en 1952. Il donne sa démission le 6 juillet 1952 et devient archevêque titulaire d’Aprus. Retourné à la Congrégation, il demande à résider en France. Esprit toujours en éveil, Mgr Vuccino est l’auteur de nombreux articles de journaux, mais aussi de deux ouvrages. Depuis la capitale française, Mgr Vuccino assure de nombreux services ministériels dans différentes communautés religieuses en France et à l’étranger. Il participe au concile de Vatican Il (1962-1966). Au cours d’un voyage en Grèce, après avoir quitté la communauté de la paroisse Sainte- Thérèse le 23 avril 1968, il se trouve en visite dans une famille amie. C’est par téléphone que les religieux de Sainte-Thérèse sont avertis du décès de Mgr Vuccino, décédé d’une crise cardiaque et d’un oedème pulmonaire à Néa-Smyrni, dans la banlieue d’Athènes. Les obsèques sont célébrées le lendemain, à la cathédrale Saint-Denys d’Athènes, par Mgr Prindezis, archevêque. Le P. Elpide Stephanou prononce l’homélie de circonstance, en présence de Mgr Antoine Varthalitis, autre assomptionniste devenu successeur de Mgr Vuccino à Corfou. Le corps de Mgr Vuccino est inhumé dans le cimetière d’Héraclion, auprès des restes du P. Sévérien Salaville. (1) Nom d’origine levantine, aussi orthographié par l’intéressé lui-même Voutsinos dans une intention grécisante évidente. Page :354/354

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. juin 1969, p. 291-294. L’Assomption et ses (Euvres, 1968, no 555, p. 30-31. Lyon-Assomption, septembre 1968, no 15, P. 7-10. Lettre de Mgr Vuccino, évêclue de Syra, au P. Gervais Quenard, Syra, 16 mai 1947. Dans les ACR, du P. Gregorios Vuccino, puis de Mgr Vuccino, correspondances (1907-1966), articles dans Missions des Augustins de l’Assomption (1935, 1950, 1959), articles de journaux (grecs) , notice en grec sur Mgr Petit (1927), deux ouvrages grecs sur Le Christianisme et le Communisme et L’Homme-Dieu. PP. Jullian Walter et Daniel Stiernnon, Notes historiques de la présence assomp- tîonniste en Grèce (1934-1984), Athènes, 1984, 13 pages avec notes complémentai- es du P. Jean Gad, novembre 1995 (sic), pages 14 à 16.