Gregorios VARTHALITIS – 1881-1906

Louvain, 1905.
« Si les nouvelles de Louvain étaient aussi intéressantes que celles qui
nous sont venues de l’océan et du Chili, que n’aurions-nous pas fait pour
vous en envoyer tous les jours si cela était possible? C’est pour vous dire
l’immense plaisir que nous ont procuré votre lettre datée de l’océan ainsi
que celles du P. Ernest [Baudouy]. C’est ordinairement au réfectoire que le
P. Maître nous en donne lecture. Alors, contrairement à leurs habitudes,
les novices ne laissent tomber ni cuillère ni fourchette. ils sont
suspendus aux lèvres du Père Maître. Ainsi nous vous avons suivi sur
l’océan, dans vos courses pénibles à travers les forêts et les montagnes du
Nouveau Monde. Il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter un heureux retour.
Nous n’oublions pas les intentions de prière que vous nous avez confiées.
Les novices sont toujours les mêmes,
joyeux, pleins d’ardeur, de ferveur comme le leur demande d’ailleurs ce
temps béni de Carême. Plusieurs religieux des environs sont venus nous
rendre visite: le P. Jean-François
[Pautrat], le P. François
[Mathis], le P. Gélase [Uginet]. lis nous donnent retraites et conférences
… ».
Frère Gregorios.

Religieux grec. Un jeune religieux d’une île grecque. Gregorios Varthalitis appartient à une humble famille de l’île grecque de Syra où il voit le jour le 15 août 1881. Il sait à peine lire quand, à l’âge de 15 ans, en 1896, il entre à l’alumnat de Koum-Kapou, sur la rive européenne d’Istanbul. Il se met à l’étude avec beaucoup d’ardeur et, en peu de temps, grâce à un labeur acharné, il tient la tête de sa classe. Sa scolarité y dure de 1896 à 1902. En septembre 1902, il entre comme postulant au noviciat de Phanaraki, sur l’autre rive d’Istanbul. Il y reçoit l’habit le 28 janvier 1903. C’est cette année 1903 que les eux noviciats, l’un en Orient à Phanaraki, et l’autre en Europe occidentale, à Louvain, sont réunis. Le Frère Grégorios est donc envoyé en Belgique, à Louvain, pour y achever son temps de formation religieuse. Homme simple et détaché, plein d’initiative, judicieux et prévoyant, le Frère Grégorios, choisi comme socius des novices, cherche à rendre à ses confrères tous les services liés à sa charge. Mais le climat de cette Europe du Nord éprouve fortement sa santé durant l’hiver 1904-1905. Profès annuel en 1904, il parvient cependant à la date de sa profession perpétuelle, le 28 janvier 1905. Deux mois plus tard, il est renvoyé en Orient, accompagnant les pèlerins de Jérusalem jusqu’aux lieux saints. De retour à Istanbul en septembre, le Frère Gregorios est affecté à l’alumnat de Koum- Kapou. Il s’y dévoue dans la limite de ses forces affaiblies par la maladie. Il supporte l’épreuve d’une tuberculose implacable et il meurt le 26 janvier 1906, à l’âge de 25 ans, après de pénibles souffrances. Il est inhumé au cimetière de Koum- Kapou. Témoignage du Frère Basile Roussos. « Ces mêmes feuillets vous annonceront donc que tout, hélas, est fini. Page :257/257 Le Frère Gregorios a expire ce matin 26 janvier, à 8 heures 10. La nuit, comme je vous l’ai déjà dit, avait été fort mauvaise. Le matin il était épuisé. Je suis allé le saluer une dernière fois à 7,heures 30. ‘Reconnaissez-vous celui-ci, lui dit le P. Anthime?’. ‘Mais croyez-vous que j’ai perdu connaissance, répondit-il d’une voix assez forte?’Puis s’affaissant de nouveau, trempé de sueur. Je suis fatigué, fatigué, je n’en puis plus, changez-moi de position’.. Puis il criait, poussait des gémissements. On appela le P. Marie-Joseph [Novier] qui vint aussitôt. On lui donna trois cuillerées de café qu’il désirait. Nous étions alors à deux avec le P. Marie-Joseph chez lui lorsque soudain une crise très forte le saisit. Ve souffre, je souffre’ et il essayait de se tourner. Nous le retournâmes un peu. La crise continua et ses gémissements aussi. Puis soudain tout gémissement cesse, il nous fixe du regard, les yeux grandement ouverts. Aussitôt nous tombons à genoux, le P. Marie-Joseph prend son rituel et commence les prières. Ses regards restaient toujours fixes. Je vais aussitôt chercher un autre Père et je reviens avec le Père Ghislain, le P. Marie-Joseph continuant les prières. Le Père Sylvain arrive aussi en ce moment. C’est à peine si le moribond se remuait. Il secouait simplement de temps en temps la tête et ouvrait la bouche. Puis ses yeux commencèrent à se fermer, et lorsqu’ils furent à moitié fermés, il ouviit une dernière fois la bouche et son âme s’envola au ciel. A genoux à côté de lui, je tremblais de tous mes membres et priais tout bas pour que son âme s’envolât droit au paradis ». D’après une correspondance du Frère Basilios Roussos à son frère, Eustratios Roussos, alors étudiant à Rome. La communauté de Koum-Kapou en 1905-1906 se compose d’au moins 15 religieux, 8 prêtres et 7 Frères. D’après les listes consultées, nous croyons pouvoir les nommer.P. marieJoseph Novier, supérieur, P. Léonce Hannebique, P. Sylvain Barthassat, P. Ghislain Delory, P. Tiburce Donche, P. Claudien Brunei, le P. jovien Bermond, le P. Jacques Ignadossian; les Frères Théodose Ramyr, Arcade Muller, Flavien Sénaux, Fabien Petit, Fulbert Cayré, Chrysostome Vuccino et Anthyme Chappet. Page :258/258

Bibliographies

Bibliographie et documentation; L’Assomption, 1906, n° 112, p. 59-60; n° 114, p. 92. Souvenirs, 1906, n° 43, P. 145-146. Missions des Augustins de l’Assomption, 1906, n° 120, p. 53. Notice biographique sur le Frère Gregorios Varthalitis par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Lettre du Frère Gregorios Varthalitis au P. Emmanuel Bailly, Louvain, 12 mars 1905. Dans les ACR, du Frère Gregorios Varthalitis, trois correspondances (1904-1905).