Guénael (Jean-Francois) LE VIAVANT – 1890-1965

Dispositions.
« Le bonheur que j’ai goûté hier en me donnant tout entier et pour toujours
à Dieu, a été l’un des plus doux et des plus profonds qui me soit jamais
survenu. Etre enfant de l’Assomption a été, en effet, dès que j’ai connu le
but et l’esprit de cette famille, mon aspiration la plus chère. Aujourd’hui
profondément ému de votre paternelle bienveillance, je viens vous
remercier, mon Père, de tout mon c?ur d’avoir bien voulu m’admettre au
nombre de vos enfants. Je suis bien peu de
chose, mais j’espère qu’avec le secours de Dieu, maintenant que je connais
bien sa volonté, je serai toujours très disposé à me donner avec ardeur à
l’?uvre de ma sanctification et de ma formation intellectuelle, en
attendant de me dévouer au salut des âmes dans les postes où Dieu, par
votre entremise, voudra bien me placer. Une de mes plus grandes intentions
en me donnant à Dieu a été d’obtenir de Lui de nombreuses grâces pour vous,
l’Assomption et ses oeuvres.
Je continuerai à prier pour qu’ll vous donne toujours lumière et force pour
accomplir votre mission et pour qu’avec l’amour de notre vocation et de
notre famille religieuse nous soyons toujours animés au service de notre
Seigneur de l’esprit de foi».

Religieux français de la Province d’Amérique du Sud.

Premières années.

Jean-François Le Viavant est né le 12 septembre 1890 à Elven (Morbihan). Il fait ses études secondaires au petit séminaire de Sainte-Anne d’Auray (1904-1906) et au collège Saint-François Xavier de Vannes (1906-1910). C’est la lecture de la vie du P. Pernet qui décide le jeune François-Marie à entrer dans la famille religieuse de l’Assomption. Il prend l’habit le 13 décembre 1910 au noviciat de Gempe (Belgique), sous le nom de Frère Guénaël. Il prononce ses premiers v?ux le 15 décembre 1911 et ses v?ux perpétuels à Louvain, le 13 décembre 1912. C’est à Louvain qu’il commence ses études, de philosophie (1912-1915), suivies de deux années dans une maison d’?uvre, à l’alumnat de Zepperen (1915-1917). Il revient à Louvain pour sa formation théologique (19171921) et il est ordonné prêtre le 1er août 1920 par Mgr Nicotra, nonce apostolique, ami personnel du P. Joseph Maubon qui le connut au Chili. Le P. Guénaël commence sa vie sacerdotale à l’alumnat d’Elorrio en Espagne (1920- 1924).

En Amérique du Sud.

A Bordeaux (Gironde), le P. Guénaël entend parler le P. Félicien Vandenkoornhuyse de la difficulté de trouver des religieux volontaires pour la mission en Amérique du Sud. Il s’offre alors pour cet apostolat lointain, ayant appris à parler correctement l’espagnol durant ses ses années à l’alumnat d’Elorrio. Le P. Guénaël est envoyé à Buenos-Aires en Argentine pour être chargé de l’aumônerie d’un collège de S?urs de l’Enfant-Jésus. Le climat de l’Argentine, chaud et humide, n’est guère favorable à sa santé et l’empêche de donner toute sa mesure (1924-1928). Ses supérieurs lui font passer la Cordillère des Andes

et gagner le Chili où il est adopté avec joie. Religieux fidèle, excellent confrère d’agréable compagnie et semeur de joie, le P. Guénaël se fait chilien parmi les Chiliens, durant 37 ans: :à Rengo (1928), à Lota (1929), à Conception (1930-1932), à Los Andes (1933-1936), à Conception de nouveau (1937-1938), à Rengo (1938-1943), à Conception une troisième fois (1943-1962) et enfin à Rengo pour finir (1962-1965). Il dit son intention de ne conserver le bénéficie du retour à sa chère province d’origine (Bordeaux) qu’en cas de nécessité lorsque l’Amérique du Sud devient Province à part entière (1953). Son supérieur provincial d’alors, le P. Régis Escoubas, le tient en grande estime lorsqu’il écrit à son sujet en 1955: « Le P. Guénaël a toujours été dans les paroisses et il est supérieur à Conception depuis 19-50. C’est un religieux régulier et préoccupé de faire observer cette régularité dans sa maison. Il se consacre avec conscience à tout ce qui est pastoral dans sa paroisse: sacrements, prédications, enseignement du catéchisme. Il est aimable avec les gens et très aimé d’eux. Il manifeste en toute occasion une grande prudence et jamais on n’a entendu aucun commentaire désobligeant à son sujet. Aussi le mouvement religieux est-il grand à la paroisse de Saint-Jean de Matha, à Conception. En communauté, on le trouve un peu trop serré au point de vue financier, mais il faut reconnaître que les ressources de la paroisse sont très justes ». Le P. Guénadi Le Viavant meurt à l’ hôpital de Rengo, le 30 juin 1965, à l’âge de 75 ans. Il souffrait de diabète, d’hypertension et d’une pneumonie. Il est emporté finalement par une crise d’urémie. Ses obsèques sont célébrées le lendemain, 1er juillet à Rengo où il est inhumé, dans le cimetière paroissial, au mausolée de l’Assomption. Le Bulletin du diocèse de Conception lui dédie un souvenir ému dans ses colonnes, sous le titre de ‘Se nos fue Angel Blanco’, faisant allusion à la signfication de son prénom breton: ‘Il nous a quittés lAnge Blanc’.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. janvier 1966, p. 125-126. Chile-Argentina, agosto 1965, p. 1-4. Lettre du Frère Guénaël Le Viavant au P. Emmanuel Bailly, Louvain, 16 décembre 1912. Dans les ACR, du P. Guénaël Le Viavant, quelques correspondances (1912-1954) dont quelques-unes sont reproduites dans La Lettre à la Dispersion, rapports sur Conception (1949-1958).