Guibert (Camille) CAYZAC – 1921-1949

Leçon de biologie à
Vérargues, 1936.
« On a tué une buse! Une vraie buse qui mesurait 1 mètre 26 d’envergure.
Elle s’était posée sur un arbre de haute futaie du parc, surveillant sans
doute les jeunes levrauts qui trottinent de çà de là sans penser à mal.
Buse, nous dit Voltaire, est le nom d’un oiseau de proie très dangereux,
mais c’est aussi le nom que l’on donne à un homme trop simple qui se laisse
surprendre.
La nôtre portait une robe d’un beau brun qui tirait sur le roussâtre,
au-dessous du corps. Ses ailes, noires à leur naissance, étaient zonées de
blanc sur une large bande et terminaient en pointe brune. Un bec fendu
jusqu’aux yeux, des tarses ramassés et forts, tout l’esprit de l’oiseau
diffusé sur son corps et dans ses yeux encore scintillants. La buse joint à
des abus véritables de véritables bienfaits; elle
détruit les rongeurs et elle chasse les insectes.
Un vieil auteur la déclare même douée d’intelligence. Voilà qui va changer
les perspectives en style pédagogique ».
Le Rameau de Notre Dame, Vénarque-9, 1936, n° 28, p. 4.

Religieux de la Province de Paris.

Un des élèves fondateurs de Chanac.

Camille Cayzac est né le 4 février 1921 à Castelneau-de-Mandailles (Aveyron), dans une famille de six enfants dont il est le benjamin. A 12 ans, il se présente le 23 octobre 1933 à l’alumnat du Christ-Roi de Chanac (Lozère) lequel ouvre ses portes pour la première rentrée scolaire. Camille est donc l’un des élèves fondateurs de cette maison où il reste de 1933 à 1936 et où il se montre ardent au travail , régulier et discipliné. Ses professeurs gardent le lui le souvenir d’un jeune énergique, appliqué et enjoué. Il ne donne alors aucun signe d’inquiétude pour sa santé. En 1936 Camille passe à l’alumnat d’humanités de Vérargues (Hérault) et, en deux ans, termine ses études d’humanités. Il opte pour l’Assomption et le noviciat des Essarts où il entre le 29 septembre 1938 sous le nom de Frère Guibert se réjouit d’une recrue aussi sérieuse. Le 3 octobre 1939, Frère Guibert fait ses premiers vœux et va à Layrac (Lot-et-Garonne) commencer ses études de philosophie. C’est là qu’il ressent les premières atteintes de la tuberculose. Il est alors envoyé à Lorgues (Var) pour se soigner et se reposer. Les soins qui lui sont prodigués le remettent sur pied, suffisamment pour rejoindre en 1941 le scolasticat de Layrac. Mais la guérison se révèle vite non définitive. Le Frère Guibert doit retourner à Lorgues où il continue tant bien que mal à suivre son traitement et à poursuivre des études. C’est là qu’il prononce ses vœux perpétuels le 11 octobre 1942. Nous sommes alors à une période de restriction alimentaire, de contingentement des denrées étalonnées sur des cartes dûment rationnées. Le Docteur pourtant conseille un long séjour en famille pour que le malade puisse bénéficier du bon air du pays natal, de l’atmosphère familiale et d’une nourriture moins parcimonieuse.

Malgré toutes ces vicissitudes et ces contrariétés, le Frère Guibert ne perd pas de vue son objectif, le sacerdoce. En octobre 1945, la guerre étant finie, il rejoint les théologiens à Lormoy (Essonne) où l’accueille le P. Cayré. Là, durant trois ans, sans accroc apparent de santé, il se met à travailler avec ardeur pour rattraper le temps perdu. Son savoir-faire et son dévouement lui font même attribuer la charge de socius dont il sait s’acquitter avec tact et charité. Enfin son rêve se réalise, le 7 mars 1948, il est ordonné prêtre dans la chapelle de Lormoy.

Professeur de courte durée.

Après des vacances paisibles chez son frère, curé de Verlac (Aveyron), le P. Guibert reçoit sa lettre d’obédience qui le dirige à l’alumnat de Chanac. Il ne cache pas sa joie d’être appelé à travailler à la formation de futurs prêtres. Mais son ministère y est de courte durée: quatre jours après la rentrée qui a lieu le lundi 4 octobre 1948, il se sent fatigué et doit garder le lit. On veut croire à une grippe et à un gros rhume. Mais un médecin consulté reconnaît l’atteinte de la tuberculose et parle de sanatorium. Le 9 décembre, le P. Guibert part pour le sanatorium du clergé de France, à Thorenc (Alpes-Mariti mes). Il y est bien soigné et entouré: deux autres assomptionnistes lui tiennent compagnie, le P. Hébert Zurbach et le Frère Thomas Céa. Au printemps 1949, l’équipe médicale juge expédient de faire procéder à une opération chirurgicale. Le P. Guibert est ainsi dirigé sur l’hôpital Salvator de Marseille (avril 1949). Les religieux de la résidence du Chalet et de la nouvelle paroisse marseillaise lui rendent fraternellement visite. Malgré un traitement énergique à la streptomycine, aucune opération ne peut être tentée, ni pneumothorax ni extrai-pieurai ni thoracoplastie. Le 15 juillet, le P. Guibert doit être reconduit de l’hôpital de Marseille au sanatorium de Thorenc où la médecine est impuissante à enrayer les progrès de la tuberculose. Lui-même confie au P. Zurbach que « la fin serait bien dure s’il n’y avait pas le ciel au bout ». Il meurt le mercredi 21 septembre 1949. Le vendredi 23 suivant, les obsèques sont célébrées sur place à Thorenc où le P. Guibert est inhumé.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Famille 1949, n° 85, p. 86-87. Le Rameau de Notre-Dame (bulletin de Vérargues), juillet-oct. 1949, p. 2. Mon Etoile (bulletin de Chanac), octobre 1949, p. 3-5.