Guilherme (Wilhelmus Cornelis) BUTTER – 1919-1980

Portrait.
« Le P. Guilherme laissera le souvenir de celui qui a passé sur notre terre
en train de
‘jouer’. Sa grosse voix, son sourire large étaient une constante partout où
il était. La joie en personne a accompagné sa vie. Au début, quand il est
arrivé au Brésil,
on a voulu faire de lui un professeur de séminaire, mais ses dons pour ce
poste étaient faibles, car le P. Guilherme aime le contact direct avec les
personnes… ».

Fr. Luiz Carlos Pizzi.

‘Est-ce que le Père Guitherme pourrait dire. Irresquietum erat cor meum? je
crois que oui. Il a vécu un manque de sérénité presque permanent. Derrière
le
sourire et les accolades, il y avait quelqu’un qui souffrait, qui a
souffert de déceptions, d’incompréhensions. Il a manqué de soutien. Son
tempérament l’a conduit à une certaine marginalisation.
‘Enfant terrible’, mais aussi généreux pour pardonner et oublier, religieux
entre les mains de Dieu, qui à la dernière heure avait encore ouverts son
bréviaire au 3ème dimanche du psautier et sur son fauteuil le livre: ‘Les
Annotations spirituelles du Pape Jean XXIII’. Dieu l’aurait-il surpris?’
In memoriam.

Religieux hollandais en mission au Brésil.

Natif de l’Europe du Nord.

Wilhelm, devenu Guilherme en portugais, est né aux Pays-Bas à Alkmaar, au diocèse de Haarlem, le 22 juillet 1919. Il fait ses études à l’école Saint-Joseph des Frères à Alkmaar et rejoint l’alumnat de Boxtel de l933 à l938 pour le premier cycle du secondaire et de 1938 à 1940 pour le second cycle. Il prend l’habit assomptionniste au noviciat à Bergeijk le 22 septembre 1940 sous le nom de Frère Erwin et prononce ses premiers vœux le 23 septembre 1941. Il reste sur place, en raison de la guerre, pour poursuivre ses études de philosophie (1941-1944). Sa profession perpétuelle est datée de 1945 et son ordination sacerdotale du 18 avril 1948. De caractère jovial, un peu rude, spontané, fait pour la vie en communauté, il est volontaire immédiatement pour la mission du Brésil. Formé comme ses pairs dans le petit monde de Boxtel et de Bergeijk, il va découvrir, après ce petit monde hollandais, cette terre immense, ce continent soudain infiniment grand quand on arrive à la baie de Guanabara.

Toute une vie libre, donnée au Brésil.

Il s’embarque en novembre 1948 et enseigne au séminaire diocésain de Sao Jose de Rio Preto. Des premiers pas encore incertains, avec l’amitié des élèves, mais peu de discipline éducationnelle. Toujours disponible pour rendre des services pastoraux, on l’entend soit à la cathédrale, soit à Monte Aprazivel, soit encore à l’Ecole du P. Nunes. L’enseignement le séduit moins que le contact direct en pastorale, c’est pourquoi il s’adonne dès 1951 aussi au ministère paroissial comme vicaire à la paroisse de Nossa Senhora de Bom Parto (Tatuapé) à Sao Paolo où l’église est à construire, puis comme curé. Ce n’est pas la capitale ‘bandeirante’ qu’on chante à l’intérieur,

mais un quartier périphérique (Gomes Cardim), sans électricité, sans asphalte, sans église pour une population croissante. Le Père Guilherme achète un terrain et entreprend les constructions. Que de démarches pour arriver à poser la première pierre en 1957! En 1955, il est désigné comme supérieur de la communauté, renouvelé en 1958. De cette période, le Père Guilherme n’a laissé aucun souvenir écrit, mais un souvenir vivant dans les cœurs, celui d’un ‘Père blagueur’, ami des petits. On sait seulement qu’il poursuit son ministère paroissial à partir de 1963 à Vila Maceno, Artur Alvim (Santo Antonio de Vila Ré) où il est nommé supérieur en 1964, Aparecida do Oeste (deux ans), Varzea Paulista (cinq ans), Moji-Guaçu (1976) Holambra et Lindoia à la paroisse de Nossa Senhora das Brotas (1977). Tous les rapports le concernant insistent sur son caractère joyeux et même jovial sans entraver le sérieux de sa tâche; il est crédité d’une grande capacité de travail et d’une forte estime dans le groupe des confrères hollandais en poste au Brésil. Il se signale par une voix forte et son sourire large: ses confrères au séminaire le surnomment ‘Arteiro’, ‘Bom Lalandru’ ou encore ‘enfant terrible’. C’est un homme qui lutte, n’hésitant pas à intervenir auprès des autorités du pays: gouverneur, préfet, supérieurs religieux pour donner une issue positive aux projets entrepris. A Moji-Guaçu, sa grande proximité avec la population locale lui vaut le surnom affectueux de ‘Guigui’. Pour raisons de santé, il doit rentrer aux Pays-Bas en 1975 avec l’intention d’y rester; mais en 1976 on l’invite à retourner au Brésil.

Il meurt le 2 septembre 1980 d’une crise d’angine de poitrine suivie d’un infarctus fatal, à 61 ans, alors qu’il se trouve en poste à la paroisse de Lindoia. Une ambulance l’a précédemment transporté à l’hôpital voisin de la cité de Itapira, mais les soins ne peuvent le rendre à la vie. Le P. Guilherme est inhumé dans la tombe des Religieux Assomptionnistes au cimetière de Pinhal. La veille de son décès, il s’est dit fatigué mais bien portant.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (I) 1975-1980, p. 103. Notice biographique, 4 pages: In memoriam Padre Guilherme C. Butter. Notice Padre Guilherme Butter, assuncionista par Fr. Luiz Carlos Pizzi, 1 page. Du Père Butter, subsistent dans les archives romaines des rapports sur Sao Paolo (1954- 1960) et sur Rio Preto (1963). Le P. Butter a écrit des nouvelles depuis le Brésil, publiées dans De Schakel, 1949.