Guillemin (Louis-Joseph) GUILLEMIN – 1864-1933

Froyennes, 1922.
Le P. Léonide Guyo est venu avant-hier m’apporter votre bonne lettre. Je
vous suis bien reconnaissant de cette marque de bonté paternelle, mais
d’autre part je suis bien un peu confus aussi de vous voir vous déranger
ainsi, alors que, par ces temps-ci, vous devez vous sentir comme écrasé
sous le poids du surmenage extrême qui vous incombe, des soucis, des
ennuis, des difficultés et des amertumes… Les religieuses à qui j’ai
communiqué votre lettre
prient aussi pour vous de tout coeur. Elles sont bien un peu trop curieuses
de nouvelles, mais, dame, vous savez, ce sont des femmes… Toutes nos
bonnes anciennes vont aussi bien que possible. Elles ont perdu une source
surnaturelle de miséricorde et elles sont un peu inquiètes, mais elles
retrouvent la bonté, sous une autre façade, en Mère Stella et elles sont
contentes. Le petit pensionnat va son train. Elles sont 11. Ce matin même
quatre ont reçu le sacrement de confirmation des mains de
Mgr de Tournai. Daigne Notre Seigneur et sa très sainte Mère vous être en
aide »..
Lettre du P. Guillemin au P. Joseph Maubon, Froyennes, le
8 juin, 1922.

Guillemin (Louis-Joseph) GUILLEMIN

1864-1933

Religieux de la Province de Bordeaux.

Un pharmacien tard venu à l’Assomption.

Louis-Joseph Guillemin est né le 17 juillet 1864 à La Trimouille (Vienne), au diocèse de Poitiers. Après ses études primaires faites à Ligiet (Vienne), il passe trois ans au petit séminaire de Montmorillon pour ses études secondaires (1877-1880). Il fait ensuite des études supérieures de pharmacie, obtient un brevet et exerce cette profession pendant 9 ans, à Orsennes (Indre) de 1889 à 1894, à Châteauroux de 1894 à 1898. Il se présente au noviciat à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), le 20 septembre 1898 et prend l’habit religieux le 21 novembre suivant. Il prononce ses premiers vœux en 1899, presque au lendemain des perquisitions, sous le nom de Frère Guillemin. Vient l’heure de quitter le sol français: les novices sont accueillis à Gemert en Hollande, sous la houlette du P. Félicien Vandenkoornhuyse, en avril 1900. Il passe l’année scolaire 1900-1901 à Montfort (Yonne) où, selon son expression, il est professeur d’une foule de choses. Il y prononce ses vœux perpétuels, le 19 mars 1901, entre les mains du P. Théodore Defrance. Il complète pendant 4 ans ses études philosophiques et théologiques au scolasticat de Louvain (1901-1905) et est ordonné prêtre le 9 juillet 1905. Pendant quatre ans, il est affecté à la maison des vocations tardives de Sart-les-Moines en Belgique, comme professeur des débutants. C’est alors qu’il a l’idée de confectionner une grammaire latine pour faciliter l’étude de cette langue pour les retardataires; mais malgré sa ténacité coutumière, tous ses confrères ne partagent sa belle confiance en l’efficacité de sa méthode. En septembre 1909, il est envoyé à Zepperen comme quêteur: il se dévoue très généreusement à cet apostolat ingrat tant par de nombreuses correspondances que par d’incessantes courses.

Au mois d’août 1912, il est envoyé à la maison de repos de San Remo (Italie), comme aide- infirmier. Il y ajoute diverses aumôneries à des communautés religieuses voisines: religieuses du Sacré-Cœur, Ursulines (1912-1920).

Aumônier à Froyennes et Toulouse.

Le P. Guillemin retrouve la Belgique pour remplir la charge d’aumônier au pensionnat des Oblates de l’Assomption à Froyennes. Il y reste jusqu’en 1927. Enfin en septembre 1927, il est transféré à Toulouse (Haute-Garonne), au service des orphelins de la Grande Allée. Il se met à la disposition des nombreuses personnes qui fréquentent la chapelle de la maison, pour les confessions. Il met à profit ses moments libres pour perfectionner sa grammaire latine: sans cesse sur le métier, il compose, fait et défait son ouvrage, voulant mettre au point une méthode qu’il croit, sinon infaillible, du moins facilitante pour les générations futures. Il ne connaît pour lui-même et pour les autres d’autre maladie, selon lui directe ou indirecte, que la grippe et cette ‘manie grippale’ le met en conflit avec les pharmaciens auxquels il peut avoir affaire quand il remplit cet office. En juillet 1931, il doit être opéré à cause d’une pénible inflammation. En août de la même année, il souffre d’une hémorragie violente. En novembre 1933, une seconde opération chirurgicale se révèle nécessaire pour éviter les complications d’une infection généralisée. Il est trop tard, le Père est reconduit de la clinique à l’orphelinat où il meurt le 22 novembre 1933. Il est inhumé au cimetière de Toulouse dans une tombe d’emprunt, les religieux ne disposant pas encore à cette date d’un caveau propre où ses cendres seront ensuite transférées. Religieux surnaturel, d’une grande timidité, à la mémoire rétive, mais dévoué de tout son cœur, il s’est montré pour ses confrères et les jeunes à son contact d’une simplicité attrayante, d’une bienveillance et d’un empressement continuels. Elément de paix, de sérénité, il a passé en faisant le bien, sans moyens exceptionnels, mais avec cette attention qui attire les personnes simples et confiantes.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion 1933, n° 507, p. 373; n° 509, p. 389-392. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefray. Dans les ACR, correspondances du P. Guillemin Guillemin (1913-1921). Notices Biographiques